Les tiques de France : mieux les connaître et apprendre à vivre avec

Les tiques sont des acariens bien connus des personnes habituées des randonnées en forêt. On entend même souvent dire qu'elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus vectrices de maladies.

Est-ce vrai ? Comprenons mieux les tiques, afin de mieux nous en protéger !

Ce que vous allez apprendre

  • Tout ce qu'il y a à savoir sur la biologie des tiques
  • Comment elles interagissent avec leur environnement
  • De quelle manière elles sont vectrices de pathologies
  • De quelle façon on peut s'en protéger
  • Ce qu'est la maladie de Lyme
Nathalie Boulanger
Les humains constituent un hôte accidentel. C’est la visite du biotope de la tique qui conduira à la piqûre chez l’humain.

Attention, ça tique !

Les trois stases d’une tique de gauche à droite : femelle, nymphe et larve. Noter la présence de l’écusson, plus sombre sur la face dorsale des tiques dures.
Les trois stases d’une tique de gauche à droite : femelle, nymphe et larve. Noter la présence de l’écusson, plus sombre sur la face dorsale des tiques dures. N.Boulanger

Les tiques sont des acariens qui se différencient des insectes par l’absence de segmentation de leur corps et par leur forme globuleuse. Ce sont des acariens de grande taille (plusieurs millimètres) qui possèdent 4 paires de pattes chez les nymphes et les adultes et 3 paires de pattes chez les larves.

Pour les tiques dures, elles possèdent un écusson dorsal : (scutum) rigide qui recouvre un tiers du corps, sauf chez les mâles qui sont totalement recouverts par cet écusson, ce qui explique qu’ils ne prennent que peu ou pas de sang.

Structure d’une tique dure (Mehlhorn, Encyclopedic Reference of Parasitology 2001)
Structure d’une tique dure (Mehlhorn, Encyclopedic Reference of Parasitology 2001) N.Boulanger

Les pièces piqueuses sont terminales pour les tiques dures, de grande taille pour les Ixodes et plus petites pour les autres tiques dures. Chez les tiques molles, les pièces piqueuses sont de très petite taille en position ventrale ou sub-terminale, et ne sont donc que très peu visibles.

Pièces du capitulum : pédipalpes, chélicères et hyposotome
Pièces du capitulum : pédipalpes, chélicères et hyposotome N.Boulanger

Développement général d’une tique dure du genre Ixodes

Le cycle de vie d’une tique dure triphasique, télotrope (ex. Ixodes ricinus)
Le cycle de vie d’une tique dure triphasique, télotrope (ex. Ixodes ricinus) N.Boulanger

La tique se développe en trois stases à partir des œufs : la larve, la nymphe et l’adulte mâle et femelle. Entre chaque stase, un repas sanguin est nécessaire pour induire la mue. Toutes les stases sont strictement hématophages.

La plupart de ces tiques se nourrissent sur trois hôtes différents et se laissent tomber au sol entre chaque stase pour muer. Chez les tiques dures, la femelle se détache de son hôte vertébré après le repas sanguin, pond des milliers d’œufs dans la végétation, et meurt. Le mâle chez les tiques Ixodes ne se nourrit pas en général, mais peut se retrouver sur un hôte pour se reproduire avec une femelle. La femelle prend jusqu’à 100 fois son poids de sang durant les 10 jours de son repas sanguin.

La recherche de l’hôte pour le repas sanguin est donc vitale pour les tiques. Pour cela, elles ont développé un système de détection sophistiqué (soies sensorielles, pédipalpes, organe de Haller sur le premier segment de leurs pattes avant) pour repérer leurs hôtes, principalement des animaux sauvages. Les humains constituent un hôte accidentel. C’est la visite du biotope de la tique qui conduira à la piqûre chez l’humain. Le repas sanguin est long chez les tiques dures, entre 3 et 10 jours selon les stases et il est plutôt diurne.

Nathalie Boulanger
Cette salive exerce une action pharmacologique sur l’hôte (inhibition de la coagulation, de la douleur, des démangeaisons, etc.)

Le repas sanguin : une mécanistique sophistiquée

Le mécanisme de la piqûre de tique est particulièrement élaboré. Après avoir trouvé un site chaud et humide sur la peau, la tique perfore l’épiderme puis le derme avec ses chélicères (deux lames tranchantes) et s’ancre avec son hypostome (harpon denticulé). C’est pourquoi on parle de « piqûre » (un impact dans la peau) et non de « morsure » comme pour les araignées (2 points d’impact). Puis la tique sécrète un cément qui constitue un manchon autour des pièces piqueuses qui va se solidifier. Cela permet à la tique de se fixer solidement dans la peau et éviter un décrochement prématuré.

Une poche d’inoculation se forme autour des pièces piqueuses puis une hémorragie. Dans tout ce processus, la salive de tique a été particulièrement bien étudiée. Cette salive exerce une action pharmacologique sur l’hôte (inhibition de la coagulation, de la douleur, des démangeaisons, etc.), mais également elle inhibe la réponse immunitaire locale afin d’éviter son rejet.

Chez certaines personnes, cette salive peut être allergisante, soit en induisant une réaction immédiate au point de piqûre, à différencier de l’érythème migrant retrouvé lors de la borréliose de Lyme, soit en provoquant une paralysie ascendante à tique retrouvée surtout avec la salive de tique Ixodes.

Enfin, plus récemment, une allergie croisée à la viande rouge, à la salive de tique et à un anticancéreux, le cetuximab a été décrite, d’abord en Australie, puis aux États-Unis et dernièrement en Europe. Cette allergie croisée est associée à une réaction contre l’alpha-galactose. Environ 50% des piqûres de tique ont lieu au niveau des jambes chez les adultes selon une étude suédoise.

Sur les traces de la maladie de Lyme

Couverture du livre Sur les traces de la maladie de Lyme
Couverture du livre Sur les traces de la maladie de Lyme

Découvrez ce livre publié aux éditions I.D. l’Édition et co-écrit par Nathalie Boulanger.

Lyme : ce mot étrange s’est glissé insidieusement dans les peurs et les interrogations du monde alsacien, lorrain et bien au-delà. La tique, le sapin et le loupLyme : quel est le point commun entre ces deux animaux et l’arbre emblématique des VosgesLyme ? Le forestier, la pharmacienne entomologiste et le spécialiste du loup nous promènent ici dans le dédale des interactions du monde naturel. Comment notre approche anthropocentrique des grands équilibres du vivant, qu’on appelle aujourd’hui anthropisation, perturbe-t-elle peu à peu ce système complexe et se retourne contre nousLyme ? Comment une autre vision pourrait-elle nous réconcilier avec la nature et sans doute avec nous-mêmesLyme ?

Les tiques : quelle répartition géographique ?

Les tiques ont une répartition mondiale et, selon les genres, elles peuvent occuper des biotopes très variés, des plus secs aux très humides.

Ces acariens regroupent environ 900 espèces qui se divisent en deux principales familles, les tiques dures ou Ixodidae et les tiques molles ou Argasidae.

Les Argasidae regroupent 193 espèces principalement au sein de deux genres majeurs : Argas et Ornithodoros.

Les Ixodidae regroupent près de 700 espèces réparties en 7 genres dont les plus importants sont en Europe : Dermacentor, Haemaphysalis, Hyalomma, Ixodes et Rhipicephalus.

Globalement, actuellement, une quarantaine d’espèces de tiques sont répertoriées en France.

Les tiques d’importance médicale en France

Les premiers véritables travaux sur les tiques dures en France remontent aux années 1970 par Gilot et ses collaborateurs. Les genres les plus importants en France sont les genre Ixodes, Dermacentor et Rhipicephalus. Nous ne décrirons par la suite que celles fréquemment retrouvées sur les humains et celles susceptibles de poser des problèmes de santé publique.

Le genre Ixodes

Répartition Ixodes Ricinus en septembre 2020 en Europe
Répartition Ixodes Ricinus en septembre 2020 en Europe ECDC

Plusieurs espèces existent en France, mais celle qui risque de piquer l’humain le plus souvent est I. ricinus. C’est la plus largement répandue sur le territoire français sauf sur le pourtour méditerranéen qui est trop sec. On la trouve aussi dans le centre de la Corse au climat plus humide et continental. En climat continental, la tique observe une diapause hivernale et sa période d’activité s’étend de mars à octobre en général, selon les conditions climatiques. En climat océanique, elle est active pratiquement toute l’année.

Elle est la plus fréquente car la moins exigeante en termes d’hôtes. Elle peut se nourrir sur plus de 300 espèces d’animaux différents dont les lézards, les petits et les grands mammifères et les oiseaux. Les rongeurs et les oiseaux sont les hôtes privilégiés pour les larves et les nymphes de tiques, les adultes doivent privilégier des animaux qui offrent un large volume de sang comme les cervidés. Les cervidés jouent donc un rôle essentiel dans le maintien des populations de tiques dans l’environnement quel que soit leur stase.

La plupart des tiques attendent leur hôte à l’affût sur la végétation ou dans la litière des feuilles. Étant très sensibles à la dessiccation, la tique du genre Ixodes, va régulièrement se réhydrater au niveau du sol, elle monte, mais pas à plus d’un mètre et demi du sol et descend sur la végétation. Elle ne tombe donc pas des arbres.

Le genre Dermacentor

La femelle Dermacentor est reconnaissable à son écusson blanc.
La femelle Dermacentor est reconnaissable à son écusson blanc. N.Boulanger

Deux espèces sont présentes en France : Dermacentor reticulatus et D. marginatus. Ce sont principalement les tiques adultes qui sont retrouvées sur l’homme, car les nymphes et les larves se localisent dans les terriers des animaux. Elles ont des pièces piqueuses courtes et leur cuticule est marbrée.

D. marginatus est plus répandue sur le pourtour méditerranéen ; c’est une tique thermophile que l’on peut retrouver en zones ouvertes, clairières, mais aussi forêts. D. reticulatus quant à elle, est plus répandue en climat continental. Cette tique se retrouve surtout sur le chien et les ongulés ovins notamment, mais peut aussi se retrouver sur l’humain avec le plus souvent des piqûres au niveau du cuir chevelu.

Le genre Rhipicephalus

Principaux genres d’importance medicale et vétérinaire de tiques Ixodidae et Argasidae.
Principaux genres d’importance medicale et vétérinaire de tiques Ixodidae et Argasidae. JM Berenger

Rhipicephalus sanguineus est une espèce de tique particulièrement inféodée au chien. Elle est endophile et se retrouve dans les niches, les chenils, les murs extérieurs voire à l’intérieur des habitations. Toutes les stases sont susceptibles de piquer l’humain quand elle ne peut pas se nourrir sur le chien. Les pièces piqueuses sont courtes. R. sanguineus est présente partout en France, mais surtout active voire agressive pour l’humain dans les régions à climat chaud et à hiver doux.

Le genre Argas

Argas reflexus, la « tique du pigeon » est la plus répandue en France mais on trouve aussi A. vespertilionis, tique de la chauve-souris. Elles peuvent piquer l’humain lorsque leur hôte habituel n’est plus disponible.

A. reflexus, par exemple, peut quitter le nid des oiseaux et rentrer dans les habitations où elle pique la nuit au cours de repas sanguins courts. En zone urbaine, les types de logements les plus souvent concernés sont les habitations mansardées dans les étages supérieurs, proches des nids de pigeons ; en zone rurale, ce sont les habitations proches des pigeonniers.

Les piqûres par A. reflexus peuvent être responsables de réactions allergiques importantes à leur salive pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique. Ces tiques n’ont aucun rôle démontré dans la transmission vectorielle d’agents infectieux aux humains.

Les tiques sont-elles en augmentation dans notre environnement ?

Ecosystèmes forestiers favorables aux tiques Ixodes : les arbres au sol favorisent la prolifération des rongeurs ; la couverture forestière et la litière de feuilles donnent aux tiques une humidité nécessaire à leur développement.
Ecosystèmes forestiers favorables aux tiques Ixodes : les arbres au sol favorisent la prolifération des rongeurs ; la couverture forestière et la litière de feuilles donnent aux tiques une humidité nécessaire à leur développement. N.Boulanger

Compte tenu des modifications majeures apportées par l’homme à son environnement depuis la moitié du XXe siècle, les tiques Ixodes se retrouvent dans des écosystèmes forestiers anthropisés où prolifère la faune sauvage favorable aux tiques. Tous les écosystèmes sont touchés même ceux de zones urbaines et périurbaines où cette tique peut être retrouvée. D’autre part, la meilleure connaissance des tiques et des agents infectieux qu’elles transmettent a permis de sensibiliser les professionnels de santé et le grand public aux maladies à tique.

L’homme est directement responsable de l’augmentation des populations de tiques. Il a largement modifié les écosystèmes dans lesquels les tiques évoluent. La culture forestière, tant déforestation que reforestation, impacte sur les populations de tiques de même que les modifications de la faune sauvage (disparition de certaines espèces, introduction de nouvelles espèces, prolifération de certaines espèces animales propices aux tiques comme les cervidés, etc.). Si du fait des changements climatiques, les tiques sont retrouvées dans des régions plus au nord du globe (Canada, Pays nordiques) et plus haut en altitude (au-delà de 1 500 mètres), elles peuvent également disparaître des régions plus au sud en fonction de leurs capacités d’adaptation.

D’autre part, l’amélioration des techniques de diagnostic direct, notamment par biologie moléculaire (PCR) et culture, permet une meilleure prise en charge des personnes. Tout ceci donne nettement l’impression d’une plus grande présence des tiques dans notre environnement.

Nathalie Boulanger
Globalement, actuellement, une quarantaine d’espèces de tiques sont répertoriées en France.

Qu’est-ce que les tiques transmettent comme agents infectieux ?

Les tiques existent sur terre depuis des millénaires et les pathogènes qu’elles hébergent ne sont pas récents non plus, bien que leur description médicale pour la plupart date du milieu du XXe siècle.

Dans le contexte de l’ensemble des maladies à transmission vectorielle, les tiques constituent les vecteurs les plus importants en santé humaine et animale, devant les moustiques qui eux occupent la première place en santé humaine avec le paludisme, la dengue, etc.

Les tiques sont vectrices d’un grand nombre d’agents infectieux : des bactéries (Borrelia, Anaplasma), des virus (encéphalite à tique) voire des parasites (Babesia, Theileria). Les pathologies associées à ces agents infectieux sont en majorité des zoonoses où l’humain constitue un hôte accidentel et une impasse pour l’agent infectieux. L’humain se contamine en fréquentant les biotopes infestés par les tiques. La transmission intervient lors du repas sanguin.

Le pathogène peut persister longtemps chez les tiques, car il peut se transmettre de stase à stase (transmission transtadiale), de la femelle à l’œuf (transmission verticale) ou de tique à tique via l’hôte (transmission horizontale) selon le pathogène. Enfin le phénomène de co-repas (en anglais, « co-feeding ») permet à certains agents infectieux, virus de l’encéphalite à tiques et bactéries responsables de la maladie de Lyme par exemple, d’être transmis d’une tique infectée à une tique saine au site de piqûre sur un animal, en l’absence de virémie ou de bactériémie chez l’hôte.

Bien que les tiques soient susceptibles d’héberger un certain nombre de microorganismes (symbiotes et pathogènes) détectables par leur ADN (Acide Desoxy Ribonucléique, matériel génétique), leur présence chez la tique ne constitue pas systématiquement un risque infectieux pour l’humain pour plusieurs raisons. La principale raison est que pour les tiques infectées avec des bactéries ou des parasites, la transmission de l’agent infectieux n’est pas immédiate compte tenu du fait que bactéries et parasites doivent maturer ou migrer vers les glandes salivaires de la tique avant d’être transmis à l’hôte vertébré, processus qui met au moins 24 heures.

Même si les tiques Ixodes, les plus fréquentes en France, sont susceptibles d’héberger un certain nombre de microorganismes, le risque de transmission à l’humain d’agents infectieux après piqûre de tique est de moins de 3% selon une récente étude hollandaise. S’ajoute à cela, que même en cas de transmission de pathogènes à l’humain, toute transmission ne conduit pas forcément à une maladie clinique comme le montre une étude récente réalisée en France, ayant investigué la séroprévalence (présence d’anticorps spécifiques) contre 7 pathogènes (Borrelia burgdorferi sensu lato, Francisella tularensis, virus de l’encéphalite à tique, Anaplasma phagocytophilum, Babesia spp. et Bartonella henselae) chez des travailleurs forestiers. La sérologie était positive pour ces agents infectieux (trace de contact par la présence d’anticorps ou cicatrice sérologique) mais les personnes n’ont pas été cliniquement malades. Le système immunitaire a su neutraliser ces agents infectieux.

La maladie de Lyme : maladie à tique la plus fréquente en France transmise par le genre Ixodes

Piqûre de femelle Ixodes ricinus
Piqûre de femelle Ixodes ricinus N.Boulanger

Un réseau de médecins en France suit régulièrement le taux d’infection des malades en France depuis 2009. Le nombre de cas par an est d’environ 50 000, avec des régions plus touchées que d’autres comme le Massif central et la région Est.

La maladie de Lyme est une infection bactérienne due au genre Borrelia. Ce sont des spirochètes, bactéries extracellulaires spiralées. Ce genre se subdivise en deux groupes :

  • Les Borreliae responsables de la borréliose de Lyme, transmises uniquement par des tiques dures du genre Ixodes.

  • Les Borreliae agents de fièvres récurrentes transmis principalement par des tiques molles du genre Ornithodoros.

La bactérie a été décrite pour la première fois comme responsable d’atteintes articulaires aux Etats-Unis en 1976 par le Dr. A. Steere et la tique Ixodes comme responsable de la transmission en 1982 par l’entomologiste Dr W. Burgdorfer. C’est la maladie à transmission vectorielle la plus importante de l’hémisphère Nord.

Borrelia fluorescentes
Borrelia fluorescentes N.Boulanger

A ce jour, plusieurs espèces de bactéries sont responsables de la maladie de Lyme. Elles appartiennent au groupe Borrelia burgdorferi sensu lato (sl) avec 21 espèces identifiées. Sur la côte Est des États-Unis, le vecteur est I. scapularis tandis qu’I. pacificus sévit sur la côte Ouest. En Europe, les vecteurs majeurs sont d’une part I. ricinus en Europe et d’autre part I. persulcatus en Europe de l’Est et en Asie. En Amérique du Nord, l’espèce bactérienne pathogène la plus reconnue pour l’homme est B. burgdorferi sensu stricto (ss), même si d’autres espèces du complexe sont présentes. En Europe, cinq espèces sont rencontrées en pathologie humaine : trois le sont fréquemment (B. burgdorferi ss, B. garinii, B. afzelii) et deux ne le sont que plus rarement (B. spielmanii et B. bavariensis).

Leur réservoir animal est très vaste avec notamment des rongeurs (B. afzelii et B. bavariensis) et des oiseaux (B. garinii et B. valaisiana), spécificités liées au système immunitaire de l’hôte. Les hôtes incompétents comme les ongulés possèdent un système immunitaire capable de détruire les Borreliae, mais ils participent néanmoins au maintien dans la nature de grandes populations de tiques en tant qu’hôtes préférentiels pour les tiques adultes.

Érythème migrant, il doit faire au moins 5 cm de diamètre et être extensif. Il ne doit pas être confondu avec une réaction allergique à la salive.
Érythème migrant, il doit faire au moins 5 cm de diamètre et être extensif. Il ne doit pas être confondu avec une réaction allergique à la salive. N.Boulanger

Chez les humains, la première manifestation clinique et la plus fréquente (70% à 80% des patients) est une inflammation cutanée caractéristique, l’érythème migrant (lésion inflammatoire centrifuge d’au moins 5 centimètres et extensive). En absence de traitement antibiotique, elle peut ensuite évoluer en stade disséminé précoce, puis en stade disséminé tardif avec atteintes cardiaques, articulaires, neurologiques ou cutanées en fonction de l’espèce infectante. Toutes les personnes ne développent pas cette manifestation cutanée.

Au stade disséminé, le diagnostic repose sur un test sérologique ELISA qui s’il est positif sera confirmé par un Western blot. Le traitement antibiotique est de 2 à 4 semaines selon les molécules. Plus le diagnostic est tardif, plus des manifestations cliniques persisteront, suite à l’inflammation induite par la présence des bactéries dans les tissus infectés. L’immunité n’est pas protectrice contre la borréliose de Lyme. Un patient peut donc s’infecter à plusieurs reprises s’il est particulièrement exposé aux piqûres de tiques. Le taux de tiques infestées par Borrelia en France est en général de 10 à 20%. Les deux espèces majoritairement retrouvées dans les tiques et chez l’homme sont B. afzelii et B. garinii.

Existent-ils en France d’autres maladies transmises par les tiques ?

La femelle Dermacentor peut piquer les humains.
La femelle Dermacentor peut piquer les humains. N.Boulanger

La tique Ixodes peut transmettre d’autres bactéries comme Anaplasma phagocytophilum, Rickettsia slovaca ou Neoerhlichia mikurensis pour n’en citer que quelques-unes. Cette tique peut aussi transmettre des parasites comme Babesia divergens ou B. microti ou des virus comme celui de l’encéphalite à tique.

D’autre part, les tiques Dermacentor et Rhipicephalus peuvent aussi transmettre des bactéries aux humains comme Rickettsia slovaca et R. raoulti pour Dermacentor et R. conorii pour Rhipicephalus sanguineus, la tique du chien. Les manifestations cliniques de ces infections sont totalement différentes de celles de la borréliose de Lyme.

Ceci implique qu’une sérologie faite après piqûre de tique ne doit pas rechercher que Borrelia, responsable de la borréliose de Lyme.

Le traitement des infections bactériennes repose généralement sur l’utilisation d’un antibiotique tel que la doxycycline.

Comment se protège-t-on des tiques ?

Elle pique souvent au niveau du cuir chevelu. Si elle est infectée, elle peut transmettre une Rickettsia avec développement de ganglions et une escarre d’inoculation au point de piqûre.
Elle pique souvent au niveau du cuir chevelu. Si elle est infectée, elle peut transmettre une Rickettsia avec développement de ganglions et une escarre d’inoculation au point de piqûre. N.Boulanger

Etant présentes dans notre environnement proche, il est difficile d’éviter les piqûres de tique surtout dans certains écosystèmes. Il faut donc s’en protéger.

Au niveau individuel, la prévention la plus simple contre les tiques repose sur le port de vêtements longs et clairs, mettre les bas de pantalon dans les chaussettes, le port d’une casquette pour les enfants pour protéger les piqûres du cuir chevelu (rappelons que les tiques ne tombent pas des arbres).

Le contrôle corporel au retour de zones infestées est aussi essentiel : toutes les zones chaudes et humides du corps, plis des membres, nombril, organes génitaux, oreille et cuir chevelu. On peut également utiliser des méthodes chimiques comme des répulsifs cutanés. Une actualisation des connaissances est en cours sur l’efficacité des répulsifs cutanés contre les piqûres de tiques. Etant des substances chimiques, il faut éviter une application régulière et suivre les recommandations des fournisseurs.

La meilleure prévention contre les piqûres de tique : éviter de porter des vêtements non couvrants comme un short, dans une zone à tiques.
La meilleure prévention contre les piqûres de tique : éviter de porter des vêtements non couvrants comme un short, dans une zone à tiques. N.Boulanger

Les répulsifs ne tuent pas les tiques, mais les repoussent les empêchant ainsi de piquer l’humain ou l’animal. Le choix du répulsif et son efficacité dépendent de différents facteurs dont le statut de la personne (âge, femme enceinte) et des conditions dans lesquelles le produit sera utilisé. Pour tous les répulsifs, il convient d’être attentif à la nature et au pourcentage de principes actifs, à la durée d’action et au nombre d’applications autorisées. La forme galénique joue également un rôle important dans l’activité répulsive.

Les répulsifs cutanés actuels sont des molécules à application externe. Quatre molécules sont identifiées comme efficaces contre les piqûres de tiques : le PMD (P-menthane-3, 8-diol), extrait de l’eucalyptus Corymbia citriodora ; le DEET (Diethyl toluamide) est le plus largement utilisé depuis plusieurs décennies et constitue la molécule de référence. Cependant, il altère certains tissus synthétiques (rayonne, spandex, vinyl) et des matières plastiques (lunette, bracelet-montre) ; IR35/35 (N-butyl, N-acétyl-3 éthylaminopropionate) ; KBR 3023 ou picaridine ( 1-piperidine carboxylic acid).

D’autres produits d’origine naturelle sont à l’étude, comme le 2-undecanone (BioUD) issu de la tomate, l’acide décanoique (Contrazek) dérivé huileux issu de noix de coco ou de palme, le géraniol, l’extrait de Margosa ou margousier (Neem) et l’extrait de lavande. Les autres huiles essentielles sont en général peu ou pas recommandées, car très volatiles, leur effet répulsif est limité (20 minutes à 1 heure). Certains composés de ces huiles essentielles sont des irritants de la peau (citral, farnesol, trans-2-hexenal) ou carcinogène (eugénol).

L’imprégnation vestimentaire est une alternative à l’utilisation de répulsifs cutanés. La perméthrine est utilisée. Le produit peut être appliqué en pulvérisation (face externe des vêtements suspendus et on laisse sécher) ; il a alors un effet de 6 semaines. L’application par immersion dans un bain de perméthrine est plus efficace ; l’effet répulsif persiste 6 mois et résiste mieux aux lavages et au repassage. Une utilisation régulière n’est pas recommandée.

Utiliser une pince fine pour les extraire sans rien appliquer sur la tique au préalable.
Utiliser une pince fine pour les extraire sans rien appliquer sur la tique au préalable. N.Boulanger

En cas de piqûre de tique, l’extraction mécanique est la plus efficace et elle doit être pratiquée le plus rapidement possible afin d’éviter la transmission éventuelle de pathogènes. La plupart d’entre eux (bactéries et parasites) se transmettent après 24 heures, sauf les virus pour lesquels la transmission est immédiate. Les crochets tire-tique ou une pince fine sont recommandés. L’utilisation de produits pour faciliter soi-disant l’extraction tels que l’huile, éther ou vernis est inutile, car aucune étude scientifique n’en a démontré l’efficacité.

Au niveau collectif, le traitement environnemental des zones d’habitation à risque est possible, notamment l’élimination des feuilles mortes et la tonte de l’herbe. Les espaces végétalisés de plus en plus fréquents en zone urbaine sont aussi susceptibles de constituer des écosystèmes privilégiés. D’autre part, la mise en place de barrière efficace autour des habitations permet de garder à distance les cervidés, principaux hôtes des tiques adultes.

Pour conclure

Les maladies à transmission vectorielle dues aux tiques sont en nette expansion à travers le Monde depuis le début du XXe siècle due à une intensification des activités humaines ayant un impact sur les écosystèmes forestiers, la faune sauvage et domestique. Dans l’hémisphère Nord, ce sont les maladies humaines comme la borréliose de Lyme qui font surtout parler d’elles. En revanche, dans les pays du Sud les affections vétérinaires posent le plus de problèmes sur un plan socio-économique avec des tiques invasives, vectrices de maladies touchant le bétail.

La plupart de ces maladies à tiques sont des zoonoses et pour beaucoup d’entre elles, l’ensemble des interactions hôte-vecteur-pathogènes restent mal comprises voire très mal connues. Négligées par rapport aux maladies vectorielles transmises par les moustiques (paludisme, dengue, zika), la recherche sur les tiques et maladies à tiques doit se développer pour améliorer les connaissances sur leur circulation et leur maintien dans l’environnement, la transmission et la persistance des agents infectieux chez le vecteur et l’hôte vertébré afin de développer des approches multidisciplinaires efficaces pour leur contrôle (lutte contre les tiques, diagnostic, vaccin).

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Nathalie Boulanger

Entomologiste médicale — Unistra

Après une thèse sur le paludisme et les moustiques à l’université de Bâle en Suisse, puis des travaux sur l’immunité des insectes, vecteurs de la leishmaniose et de la maladie du sommeil, elle s’intéresse actuellement aux tiques et aux maladies transmises par ces acariens.

Depuis plus de 15 ans, elle étudie le rôle de la peau qui constitue le site de piqûre des tiques mais aussi le site d’inoculation des agents infectieux pour les maladies à tiques. Depuis quelques années, elle tente d’analyser les facteurs socio-écologiques qui contribuent à l’augmentation des tiques dans nos environnements.

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18 réponses à “Les tiques de France : mieux les connaître et apprendre à vivre avec”

  1. Bonjour
    A quand la prise en compte de l’état de ce problème de santé publique lie aussi aux surdensités de gibier volontairement entretenues par les chasseurs?….ce lobby réussit a occulter une prise en compte de la santé publique par nos dirigeants.

    • Bonjour,

      on y travaille. Une approche multidisciplinaire avec les différents acteurs de terrain doit être mise en place et est absolument nécessaire (Chasseurs, ONF et politiques notamment). Nous avons initié plusieurs projets au niveau français. On est très en retard par rapport aux Hollandais notamment…

    • Bonjour,

      vous avez plusieurs liens dans le texte vers des articles ou des sites pour plus approfondir sur certains aspects de l’article. J’ai co-écrit un petit livre sur les tiques aux éditions Scitep pour en savoir plus…
      Bien cordialement

  2. Votre article est très documenté et très technique, il me laisse une sensation de lecture de feuille d’analyse, sans les explications du médecin on ne comprend pas tout, mais peut-être n’ai-je pas le niveau intellectuel pour certains article de ce blog !
    Continuez malgré tout à nous informer des “choses” de la nature.
    cordialement

    • Bonjour,

      c’est toujours difficile d’atteindre tous les publics et de vulgariser.
      Merci de votre lecture et pour votre commentaire.

  3. D’après mon expérience, il semble que l’érythème migrant ne soit pas toujours facile à distinguer d’une forte réaction inflammatoire provoquée par une piqure d’insecte.
    Il y a deux ans, un médecin (consulté pour autre chose) m’avait prescrit le traitement antibiotique parce qu’il était persuadé d’avoir repéré cet érythème sur ma jambe. Mais un autre médecin, consulté pour avoir un autre avis sur cette question précise, a déclaré que j’avais juste réagi à une piqure d’insecte !
    Ce deuxième avis était peut-être erroné, en tout cas c’est lui que j’ai suivi … et je n’ai jamais souffert de symptômes de borréliose. Mais l’incertitude persiste puisque j’apprends, par cet article, que notre organisme est capable de lutter contre l’agent infectieux.
    Cet article m’apprend aussi qu’il existe un test PCR permettant de ne prescrite le traitement que lorsqu’il est réellement nécessaire : il faudrait en informer les médecins parce que, tout de même, quinze jours d’antibiotique, ce n’est pas anodin.

    • Bonjour,

      comme il est mentionné dans le texte et comme vous le soulignez, il faut différencier la réaction à la piqûre de tique (réaction à sa salive); la réaction est en général après quelques heures. L’érythème migrant qui indique une transmission de la bactérie de Lyme par la tique apparaît en général au bout de 3 jours. L’inflammation a un diamètre d’au moins 5 cm de diamètre et va s’étendre. Il faut alors consulter pour avoir un avis médical. J’espère avoir complété votre commentaire de façon claire.

  4. Bonjour, Nathalie Boulanger nous livre ici un bel article de synthèse, très clair, sur les tiques. Acariens qui jouent un rôle très important aussi bien dans le domaine médical que dans le domaine vétérinaire. Il serait bien en effet de pouvoir ajouter à ces articles quelques ouvrages en référence.
    Bien cordialement

  5. moi je ne saurai jamais si ce que j’ai eu était la maladie de Lyme: j’ignrais son existence et la dangerosité des tiques , abondantes sur mon terrain; qd j’ai été piquée, j’ignorais aussi si c’était une piqûre ou une allergie…bref il m’a fallu des années pour trouver un médecin qui me donne cet antibiotique..mes douleurs articulaires se sont quasi instantanément arrêtées, et mon medecin traitant m’a dit “vous voyez bien que c’était psychologique” !!!???

  6. Bonjour et merci pour cet article fort intéressant quoique un peu occulte pour les non scientifiques . j’ai été piquée deux fois avec érythème migrant dans le Var en 1983 et dans le Vaucluse en 2009 . J’ai eu la chance d’avoir des médecins traitants à l’écoute qui m’ont prescrit des antibiotiques . J’ai toutefois des douleurs articulaires maintenant encore sur des périodes relativement courtes mais assez fréquentes . Mon médecin traitant actuel élude mes questions à ce sujet . J’espère juste que nos agissement sur les écosystèmes vont enfin changer sinon, les tiques ne seront plus qu’un tout petit problème . J’ai lu que vous avez fait aussi des études sur la leishmaniose, sujet qui m’intéresse aussi ayant eu plusieurs chiens infectés par cette maladie . Encore merci .

  7. Merci pour cette analyse et vos recherches.
    Loin d’être biologiste, biochimiste, médecin et n’ayant qu’un niveau bac+2, j’ai parfaitement suivi vos informations.
    Mais il est vrai que je intéresse bcp à ce sujet depuis 5 ans, début d’une période de fatigue intense (asthénie), suivie d’une névralgie faciale qui ne m’a pas lâchée depuis.
    La plupart des médecins généralistes occultent les maladies vectorielles à tiques et bcp jugent les patients qui osent en parler, comme psychologiquement faibles et influençables, et classent ces “cas” comme psychosomatiques. Qui conduit à un traitement antidépressif complétement inutile et même dangereux.
    C’est au bout de 5 ans d’errance médicale que j’ai enfin trouvé une médecin qui a d’emblée pris mon (épais) dossier en main. Une études va être menée dans un service de neurologie des HCL, dès que les conditions sanitaires actuelles le permettront.
    Merci à vous pour vos précieux et très utiles travaux.

  8. souffrant de douleurs intenses depuis des annees Les tests ont reveles la maladie de Lyme 2 medecins etaient d accord un 3e a dit non mais n arien propose Les tests en France ne sont pas surs Il faudrait se rendre en Allemagne…. Je suis allee dans la Drome Un ex medecin pourrait me soigner…. c est un escroc j ai depense beaucoup d argent…Que faire? Merci pour votre publication

  9. Bonjour,
    parmi les médecins, la connaissance des maladies à tiques peut varier. L’Est de la France étant particulièrement touché, la sensibilisation des professionnels de santé et du grand public est importante. Les tests sont fiables s’ils sont bien prescrits et bien interprétés. Pas nécessaire d’aller en Allemagne où certains laboratoires sont aussi très contestés pour leurs tests diagnostiques. Afin d’éviter l’errance médicale pour certains patients, depuis 2016, 5 centres de référence clinique ont été créés: “le CHU de Clermont-Ferrand associé au CHU de St Etienne, le CHU de Marseille, le CHU de Rennes, le CHU de Strasbourg associé au CHU de Nancy, le Groupe hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges associé au CHU de Créteil.” On peut ainsi espérer que les patients seront mieux pris en charge. Cela évitera les escroqueries dont vous avez été victime.

  10. Bonjour
    Ayant vécu en Allemagne, cette maladie transmise par les tiques n’est pas traitée de la même façon:le traitement antibiotique est plus long et le suivi mieux fait.Il y a eu beaucoup de controverse avec le produit Tic Tox mais je peux vous assurer qu’il est efficace ( j’en est toujours et des que j’ai été piqué je m’en met – toujours ).Les tests aussi ont été dénigrés…

  11. Bonjour,

    une utilisation d’antibiotiques trop longue risque d’induire des résistances aux antibiotiques. Ce n’est donc pas recommandé d’en prendre trop longtemps.
    Concernant le TICTOX qui est à base d’huile essentielle, il a été interdit en France en 2012 car il est potentiellement neurotoxique par voie orale. A ma connaissance, aucune étude scientifique n’a montré son action sur les bactéries responsables de la borréliose de Lyme. Il convient donc de rester très prudent avec l’utilisation des huiles essentielles.

  12. Bonjour,
    Habitant en Lorraine et amoureux de la nature, je ne peux que constater empiriquement une augmentation effrayante des piqûres dès que la belle saison arrive! Les parcs publics de zone urbaine sont également infestés à présent…. et malheureusement, peu de médecins semblent prendre le pb au sérieux! Mon mari a la maladie de Lyme, déclarée depuis 5 ans mais visiblement il a été infecté il y a plus de 10 ans qui se traduit chez lui par des coups de fatigue aigus et des douleurs articulaires importantes. Les tests Elisa n’ont rien révélé, il a fallu qu’il fasse un autre test non remboursé à Metz pour qu’on trouve enfin de quoi il souffrait (après avoir pensé à un cancer ou à une sclérose, son médecin pensait que c’était psychologique ou fibromyalgie). J’admire votre optimisme face à la prise en charge en France de ce pb de santé publique, mais il y a d’énormes progrès à faire, à commencer par questionner notre mode de détection de la maladie…. merci de vous y consacrer en tout cas, nous en avons tous besoin!

  13. Bonjour,
    nous commençons un projet sur les tiques et maladies à tiques en Lorraine et en Argonne. Nous ne pouvons que constater comme vous, l’augmentation des tiques Ixodes depuis 30-40 ans. Comme vous le soulignez il y a un énorme travail de sensibilisation du grand public et des professionnels de santé. Nous nous attachons à améliorer cet aspect. Il faut aussi s’orienter vers les bons spécialistes en médecine. Pour la région Grand-Est, l’hôpital de Strasbourg et celui de Nancy ont des centres de référence clinique où vous pouvez aller consulter afin d’éviter les errances médicales. On essaie de s’améliorer car nous sommes en retard sur certains pays européens !

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