L’Afghan e(s)t le Sauvage

Je ne suis pas allé en Afghanistan depuis si longtemps, alors pourquoi alors écrire ces lignes ? Il se trouve que depuis plusieurs années, tandis que je me suis installé près de Strasbourg, j’ai renoué avec la nature tout en me sentant désemparé par l’étendue des dégâts infligés au monde sauvage en France. Malgré les discours volontaristes, bien peu est réalisé. On pourrait tellement faire plus pour protéger le vivant…

Le besoin est là, impérieux, de continuer à se battre dans notre pays pour les oiseaux, le lierre, les lynx, les orties, les loups, les abeilles et les ours. Pour conserver des chemins de terre qui chaloupent avant que le bitume ne les engloutisse.

L’Afghanistan, pays que je chéris, n’est pas allé aussi loin que le nôtre dans l’effacement et la destruction du sauvage. Peu en importent les raisons et je ne souhaite pas l’ériger en modèle. J’y ai simplement observé des choses que je suis heureux de partager ici.

Ce que vous allez apprendre

  • Que, d'une certaine manière, les afghans et la Nature ne font qu'un
  • Qu'on ne peut se contenter de préconçus, l'Afghanistan rural est loin des clichés
  • Quelles sont les menaces qui pèsent sur la vie sauvage
  • Quelles scènes du quotidien peuvent surprendre l'observateur occidental et remettre en question son rapport à la ruralité
  • Que la Jungle de Calais n'est pas une vallée verdoyante

The Far East

En 1958, Olaf Caroe (dernier gouverneur britannique de la North West Frontier Province, région majoritairement pashtoune, avant la partition du sous-continent et la création de l’Inde et du Pakistan en 1947) a écrit dans son livre The Pathans que le visage de certains Pashtounes avait les traits du loup ou de la panthère. Quand je l’ai lu, j’avais déjà voyagé sur les pistes défoncées d’Afghanistan, dans des endroits reculés aux confins des provinces d’Hérat, Farah ou Badghis. J’avais rencontré beaucoup d’Afghans, dont des Pashtounes, souvent l’air farouche. Ces rencontres me renvoyaient inévitablement aux portraits des guerriers amérindiens peints par George Catlin au XIXe siècle : la même intransigeance si particulière, cette fierté dans leur façon d’être, la manière de se tenir droits ainsi que le dédain bien sûr. Unique et dérisoire différence entre les Afghans et les Sioux, le turban remplace la coiffure à plumes et c’est tout. La même beauté dans ces visages âpres et rudes, à l’image des paysages sauvages de leurs territoires.

Ancien du village de Tik (ouest de l’Afghanistan, 2006)
Ancien du village de Tik (ouest de l’Afghanistan, 2006) Jérôme Fradet

Il n’est pas aisé de saisir la réalité intime de l’Afghanistan. Le soldat occidental cloîtré dans sa base, l’officier français parfois pétri de préjugés, le spectateur devant le journal télévisé et même certains humanitaires pourraient se montrer sceptiques à mon propos. Certains railleraient peut-être même celui qui a été saisi par le fameux virus afghan, celui qui fait qu’on ne revient jamais tout à fait indemne de ce pays. Certes… Pourtant, j’ai acquis suffisamment d’expérience sur l’Afghanistan pour pouvoir en parler librement. J’éprouve de l’amitié pour ce pays et ses habitants. Qu’ils soient Pashtounes, Persanophones, Turkmènes, Chiites duodécimains ou ismaéliens, Hazaras, Aymaqs, Baloutches, de Warduj ou de Kandahar, Wardakis ou Paktyâwal,… Sioux, Apaches, Pawnees ou Haïdas… Peu importe. J’ai approché les grandes villes afghanes et leur cortège de misère et de souffrances, toutes dues à une modernité artificielle. J’y ai vu des Afghans embrasser des valeurs factices (celles de l’argent et de l’Islam faciles) et écraser de leur mépris leurs concitoyens jugés arriérés. Mais c’est d’un autre Afghanistan dont je voudrais parler ; témoigner ici et maintenant de cet Afghanistan qui survit encore, même si son existence n’est désormais plus que ténue (mondialisation oblige).

Il faut dire que l’Afghanistan rural est sans pareil. Il ne ressemble ni à l’Iran voisin, ni au sous-continent indien qui le borde au Sud : il n’en possède pas la sophistication. Trop rugueux, trop, trop, trop… Comment dire, trop ? Trop sauvage. Voilà, le terme est lâché ! Cette présence du sauvage se ressent jusque dans les prénoms même si aujourd’hui la tendance est à leur islamisation. Mais il n’est pas rare de rencontrer encore des Afghans qui s’appellent Gorg, Shēr (et son équivalent pashto Zmaray) ou bien Babr et Bâz (respectivement le loup, le lion, le tigre et le faucon).

Le Sauvage en Afghanistan n’est jamais bien loin, même à proximité de Kaboul. Pays peu urbanisé, les grandes villes afghanes se comptent sur les doigts d’une main. Les menaces qui pèsent sur la nature existent pourtant bel et bien : la déforestation du Kunar et du Nouristan se poursuit. Les Chinois ont ouvert des mines, notamment dans le Logar, et l’on peut douter que Pékin applique des normes strictes pour préserver l’environnement. En 2006, je suis allé à Chest-e Sharif, chef-lieu d’un district désolé, situé entre Hérat et Ghor.

Kâmrân Khân, policier afghan (2008)
Kâmrân Khân, policier afghan (2008) Jérôme Fradet

L’Inde s’y était lancée dans la construction d’un barrage hydroélectrique sur le fleuve Hari Rud. Un ingénieur italien présent a évoqué devant moi les dégâts que ce barrage causerait inévitablement à l’agriculture vivrière le long du fleuve et aux milieux naturels. Je crois qu’aujourd’hui la construction de ce barrage est terminée. Le pari n’était pourtant pas gagné car l’armée afghane peinait alors à sécuriser le site face aux incursions armées de Mollah Mostafa. Ce-dernier était un brigand local, pas forcément affilié aux talibans mais lui-aussi opposé au gouvernement de Kaboul. Le même scénario s’est reproduit, vers la même époque à l’ouest de Kandahar. L’armée britannique avait un projet de rénovation de barrage hydroélectrique sur la rivière Helmand. Face à une opposition armée tenace des paysans et des talibans, elle a essuyé moult échecs et a mis plusieurs années à acheminer les turbines entre Lashkar Gah, la capitale provinciale, et Kajaki, alors qu’à peine quelques kilomètres séparent les deux sites. Ne croyez pas pourtant que les Afghans sont opposés au progrès. C’est juste que depuis 2001, ils ont été floués par l’Occident plus souvent qu’à leur tour. Et puis, en Afghanistan, l’honneur compte et passe bien avant le reste…

Jérôme Fradet
Il faut dire que l’Afghanistan rural est sans pareil. Il ne ressemble ni à l’Iran voisin, ni au sous-continent indien qui le borde au Sud : il n’en possède pas la sophistication. Trop rugueux, trop, trop, trop… Comment dire, trop ? Trop sauvage. Voilà, le terme est lâché !

Au rythme lent des caravanes

Campement nomade du côté d’Adraskan, 2006
Campement nomade du côté d’Adraskan, 2006 Jérôme Fradet

Parmi toutes les menaces sur l’environnement, la pollution de l’air dans les villes et le plastique jeté partout n’en sont pas des moindres. Sans parler de la protection animale qui y reste une vue de l’esprit… Néanmoins, de très nombreuses parties de l’Afghanistan, pays plus vaste que la France, demeurent préservées. Je me souviens de Djawâd, un ami, qui découvrait en même temps que moi les paysages majestueux du district de Koshk-e Kohna, à proximité du Turkménistan : « Jérôme djân, regarde ces collines. Elles sont dast nâkhordah, pas écorchées par la main de l’homme, intactes »… C’est dans ces mêmes paysages que serpentait lentement une caravane de nomades pashtounes une autre fois. A son passage, mes compagnons italiens et moi avons fait silence. C’était trop de beauté d’un seul coup, on était heureux. Il faut nous comprendre, en Europe, on n’est pas habitué à tant de grâce. Alors, on s’est tu. Cette caravane, qui s’étirait sur des centaines de mètres, était presque uniquement dirigée par des femmes. Elles étaient vêtues de tuniques brodées et colorées. Elles sifflaient sans cesse pour guider les dromadaires, qui avaient le dos ceint de Khordjin, ces grands sacs tissés rouges et noires avec des perles turquoise. Sur leur dos, jeunes enfants, vieillards, poules et agneaux se côtoyaient tout en ondulant.

Caravane nomade pashtoune, mars 2006, province d’Hérat
Caravane nomade pashtoune, mars 2006, province d’Hérat Jérôme Fradet

Un militaire français, déployé en mission du côté de Kandahar, m’a raconté que même au cœur de ces zones arides et monotones, les villageois repéraient presque instantanément si un caillou avait bougé. C’est exagéré, certes, mais il voulait avant tout signifier que des soldats d’unités occidentales pourtant aguerris au camouflage étaient systématiquement découverts par les Afghans, comme si ces derniers avaient senti presque intuitivement que quelque chose ne cadrait plus dans Leur paysage. J’ai moi-même été frappé, lors de déplacements dans des endroits éloignés de tout village, de rencontrer des vieillards afghans qui s’y déplaçaient à pied ou à dos d’âne et vaquaient à leurs occupations le plus naturellement du monde.

District de Qara Bâgh, Province d’Hérat, Hiver 2005
District de Qara Bâgh, Province d’Hérat, Hiver 2005 Jérôme Fradet

Une fois, toujours en province d’Hérat, perdus dans une vaste steppe (le dasht), nous demandons notre chemin dans un hameau que l’on traverse : un Afghan rigolard, enturbanné de noir, m’explique l’itinéraire. Ce qui ressemble pour lui à une autoroute est pour mes camarades et moi impossible à comprendre et à visualiser. Du sable et de la caillasse partout ! Seulement, nous ne savons pas lire ce paysage qui lui est si familier. Sans notre GPS, tombé en panne, nous sommes dépourvus…

Il enfourchera alors sa mobylette d’un autre siècle, turban noué à la va-comme-je-te-pousse au vent, pour nous mettre sur le bon chemin ! Le terme « ruralité » prend tout son sens en Afghanistan. Dans ses campagnes, la connaissance de l’environnement naturel reste aigüe alors que chez nous, le « rural » est aujourd’hui dévoyé. En France, le moindre chasseur, le même qui a pourtant délaissé la marche d’approche et ne se déplace plus qu’en 4×4, revendique la ruralité comme héritage par opposition aux écolos, systématiquement réduits au rang de bobos…

En souvenir de Mariam Abou Zahab

Professeure à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

Entre 2000, quand j’ai commencé à apprendre le pashto et le persan, et 2017, date de son départ, elle m’a accompagné et guidé dans toutes mes réflexions sur l’Afghanistan (mais aussi le Pakistan, l’Iran et l’Asie centrale) qu’elle connaissait de toute son âme et aimait de tout son cœur.

La conquête de l’ouest ne passera pas par l’Afghanistan

Guêpier d’Europe
Guêpier d’Europe Hervé Enoch

Selon Mariam Abou Zahab, à qui je pense souvent en écrivant ces lignes, les Afghans ont longtemps considéré que leur terre était en purdah, c’est-à-dire voilée, et qu’elle devait rester protégée du regard des étrangers, ce qui lui conférait un statut sacré. Cela n’est pas sans rappeler le Tibet d’avant la colonisation chinoise, lui-aussi épanoui dans ses hautes montagnes. Jusqu’à hier, l’Afghanistan était d’ailleurs le dernier pays du monde dépourvu de voie ferrée (il n’en possède maintenant que quelques dizaines de kilomètres), comme s’il rechignait à dévoiler ses mystères aux impies et aux ploucs.

L’Afghan serait-il donc si différent ? Je n’en sais rien, après tout, la mondialisation est passée par là. Néanmoins, les dégâts énormes causés par l’agriculture intensive en Europe, la banalisation des paysages et les mornes zones commerciales restent marginaux en Afghanistan. En 2008, les guêpiers et les huppes fasciées nichaient encore à Kaboul, dans le coin de Bâlâ Hessâr. Imagine-t-on la même chose à Paris la grise ?

La protection des milieux naturels remarquables (oui certes, mais tout est singulier en Afghanistan) en est à ses balbutiements. La création en 2019 d’un parc national dans une zone de 4 200 kilomètres carrés sur le plateau de Bamyan après celle du parc national de Wakhan est bien-sûr un signal positif. Néanmoins, j’espère que les Afghans sauront faire mieux que les Français qui ont instauré tant de réserves naturelles pour pouvoir mieux bétonner le reste. Chez nous, on veut bien de la nature sauvage, mais uniquement dans des réserves. Un peu comme les colons américains qui voulaient bien des Amérindiens, mais à condition qu’ils soient parqués…

Dans ce contexte, la Terre des Afghans reste donc quelque peu épargnée. Pour l’instant. Pour combien de temps ? Croisons les doigts pour que le Sauvage fasse encore longtemps partie du quotidien des Afghans. Qu’ils ne craignent ni l’obscurité des nuits sans lune, ni la proximité de la faune sauvage, ni de s’enfoncer au cœur des pistes illisibles du dasht.

Huppe fasciée
Huppe fasciée Hervé Enoch

Dans l’« Usage du Monde », publié en 1963, Nicolas Bouvier a écrit à propos de l’Afghanistan : « Il y a ici un appétit d’essentiel sans cesse entretenu par le spectacle d’une nature où l’homme apparaît comme un humble accident, par la finesse et la lenteur d’une vie où le frugal tue le mesquin ». Il faut bien dire que les plus belles lignes sur l’Afghanistan, c’est Nicolas Bouvier qui les a écrites…

Alors qu’il s’apprête à le quitter définitivement, Nicolas Bouvier écrit à propos des spectacles incomparables et uniques offerts par l’Afghanistan : « Dix ans de voyage n’auraient pas pu payer cela. Ce jour-là, j’ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s’en trouverait changée. Mais rien de cette nature n’est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr. Repris mon passeport paraphé, et quitté l’Afghanistan. Il m’en coûtait ». A moi-aussi il m’en coûte d’être éloigné de l’Afghanistan.

Le printemps afghan est un prodige

Le printemps afghan est un prodige - Hérat, printemps 2006
Le printemps afghan est un prodige - Hérat, printemps 2006 Jérôme Fradet

J’en arrive presque à la conclusion de ce texte et m’interroge sur la conception du jardin en Afghanistan. Dans les pays proches, des jardins célèbres existent comme celui de Bâgh-e Eram (à Shiraz en Iran) ou celui qui entoure le Taj Mahal en Inde. Ce sont des endroits clos. Rien de tout cela en Afghanistan… Et pourtant on y célèbre aussi l’art du jardin. Peut-être que dans ce pays ce sont les vallées entières qui sont de potentiels jardins… Les montagnes en constituent les limites et c’est comme ça que le champ cultivé entrelace vite le sauvage le plus vif. Saïd-Mohammad, jeune paysan d’Oruzgan un peu fou qui forçait sur le tchars, le fameux haschich afghan, utilisait la formule pashto Mekha de shne shne bâghuna (devant toi des jardins verdoyants) pour dire au-revoir. Mon ami Nicolas, « spécialiste du mur » (ou l’art de s’exfiltrer clandestinement des compounds occidentaux malgré les interdictions pour aller se balader librement.), s’était une fois exclamé « le printemps afghan est un prodige ! » en raison de l’explosion de couleurs et de nuances de vert.

Un landey, court poème pashtoune de deux vers, résume bien pour moi cette relation à la nature. Dans celui-ci, c’est une femme qui s’exprime : « Père, donne-moi en mariage aux nomades / Pour que les branches de pin effleurent ma chevelure. »

Pour conclure

Après 2001 et l’invasion occidentale, nombre d’Afghans candidats à l’exil sont venus en Europe. Combien sont-ils à s’être retrouvés piégés à Sangatte et à Calais ? Traverser tout un continent à l’unique force de son courage et se retrouver coincé face à l’Angleterre… Ces Afghans ont alors planté leurs tentes et leur misère dans les bois en périphérie de nos villes.

Un bois, une forêt se dit Jangal en pashto comme en persan, le mot « jungle » en français. Et eux de parler sans cesse de leur désarroi dans la jungle, terme repris par les journalistes puis par les politiques. Notamment Nicolas Sarkozy : « En France, c’est pas la loi de la jungle ! », phrase tonnée martialement, vainement, bêtement, méchamment. Pourtant, Jangal faisait juste référence à la forêt. Ni la loi de la jungle ni celles de la république n’avaient quoique ce soit à voir là-dedans.

Ces Afghans étaient juste devenus des Nâ-balad, des « ignorants », perdus dans une forêt qui n’était pas la leur… Dommage car j’aurais tant aimé que « sauvage » et « salvateur » se conjuguent.

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Portrait de l'auteur

Jérôme Fradet

Animateur nature

Il a servi pendant vingt ans à l’armée (notamment en qualité d'analyste-rédacteur au ministère de la défense) avant de devenir animateur-nature.

Diplômé de l’Institut national des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) en persan et en pashto, il allie deux passions, celle de l’Asie Centrale en général (et de l’Afghanistan en particulier) et celle de la nature sauvage.

Il pratique l’ornithologie au quotidien et est relecteur du blog DEFI-Écologique.

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3 réponses à “L’Afghan e(s)t le Sauvage”

  1. merci de rendre hommage à ce Peuple.
    J’ai ressenti cet amour et découverte de l’environnement en vivant plusieurs années au Burkina-Faso ou même le djembé vous rappelle les battements cardiaques dans le ventre de votre mère… et où avoir une panne en plein milieu de la brousse n’est un problème que pour nous Occidentaux.

  2. j’ai traversé ce pays en 1969, son souvenir est indélébile, j’adhère totalement à votre article, vous en remercie, et si cela vous interesse, mes photos sont disponibles sur demande (band i amir, bamyan, etc)

  3. Bonjour,
    La réflexion de Jérôme Fradet est d’une grande originalité. Elle est enrichissante et très touchante.
    Bravo à l’auteur et toute l’équipe DEFI-Écologique

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