Mais bien sûr que le rat nous est utile !

Belles, utiles, proches de l’homme, qualifiées de ravageur ou d’auxiliaire, les espèces ne peuvent pas être appréhendées sous le joug d’une terminologie totalement anthropomorphique et donc inadaptée.

Parce qu’elle « est », une espèce est l’objet de fascination.

Nous avons cependant des relations spéciales avec certaines d’entre elles et, parfois, il s'agit de dégoupiller certains mythes comme nous le faisons chez DEFI-Écologique (et pas que sur le blog, dans des sentiers pédagogiques, en imaginant des scénographies, en développant des produits, etc.) en tirant la pelote par l'autre bout de la ficelle.

Alors oui, le rat nous est utile.

Ce que vous allez apprendre

  • Que nous évoluons avec et au détriment du rat
  • Qu’il nous épaule pour rendre le monde plus sûr
  • Que le rat a un rôle important dans la recherche
  • Que le rat, c’est aussi toute une histoire

On ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis

Portée de rats de 4 jours
Portée de rats de 4 joursAlexey Krasavin

Chez les mammifères, les rongeurs représentent environ 40% des espèces.

Quand on parle ici de rat, il s’agit du genre Rattus et de ses deux espèces Rattus norvegicus (aussi appelé rat d’égouts, rat des champs ou rat brun) et Rattus Rattus (rat noir, rat commun).

Si, en France métropolitaine, certaines espèces de rongeurs ont su rester discrètes pendant un temps, d’autres gênent productivisme agricole et autre développement urbain.

Mais les rats, eux, parlent surtout à notre imaginaire collectif du fait de leur adaptation à notre mode de vie tout comme les pigeons qui prennent désormais le métro avec nous.

Francis Petter – Muséum National d’Histoire Naturelle
Alors que les espèces animales sauvages se raréfient devant la pression de plus en plus forte de l’espèce humaine, les rats, plus anciens que nous sur Terre, prolifèrent au même rythme.
Ils occupent la Terre entière, sauf l’Antarctique, et sont aussi nombreux que les Hommes.
Plus de 5 milliards de spécimens. Autrement dit, chaque Homme a son rat.

À l’heure d’une disparition massive des espèces à travers le globe, le rat, lui, croît aussi sûrement que l’Homme, participant à la raréfaction des espèces à travers nous.

Il participe à nos guerres et tire profit de nos paix, il voyage et explore avec nous, il entre dans nos croyances et notre mysticisme, nous l’utilisons en connaissance de cause, il nous sert dans la plus grande indifférence.

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Le saviez-vous ?

Des rats et des Hommes

Roi des rats retrouvé en 1895 à Dellfeld en Allemagne et exposé au Musée zoologique de la ville de Strasbourg
Roi des rats retrouvé en 1895 à Dellfeld en Allemagne et exposé au Musée zoologique de la ville de StrasbourgEdelseider

Le rat infernal, le rat maudit, le rat redoutable, associé au diable est aussi le rat que les paysans associaient à une capacité à prédire les évènements à venir et notamment les incendies qu’ils fuyaient.

Il en va de même pour les marins qui, voyant les rats fuir, savaient que leur navire allait couler.

Au Japon, Daïkoku, Dieu de la fécondité et de la richesse, a un rat pour fidèle compagnon, image positive qui a rayonné jusqu’en Chine et en Sibérie.

Toute une part de la littérature antique l’associe aussi à l’or en règle générale et nombre d’indiens donne en offrande au temple des rats en or, quand ils ont tué l’un de ces animaux.

En Afrique du Sud, les guerriers mélangent des poils de ces animaux à leurs propres cheveux pour s’approprier son agilité et éviter les mauvais coups du sort.

Plus proche de chez nous, en Eure-et-Loir, une croyance populaire voudrait que voir un rat boiteux courir à la suite d’autres rats serait signe pour l’observateur de toute une vie de bonheur.

Enfin, l’ancêtre de la « petite souris » venant s’enquérir des dents de lait tombées de la bouche de nos chérubins ne serait autre qu’un rat, certainement trop impressionnant pour nos enfants.

Le rat nous est utile quand il débarrasse la table !

Rat brun au bord d'un ruisseau et cherchant de quoi se nourrir
Rat brun au bord d'un ruisseau et cherchant de quoi se nourrirHans-Jörg Hellwig

Le rat… Ce simple mot est fort de connotations, c’est un nuisible parmi tant d’autres qui ne le sont pas plus que lui !

Il colporte des maladies depuis des siècles et jusqu’à nos jours, comme si nous n’avions aucune part de responsabilité en cela.

Il effraie, il répugne, en somme, nous le détestons.

Notre sémantique quand nous parlons de ces espèces est assez emblématique de ce sentiment. Quand l’Homme a affaire au rat, il lutte contre lui, il part en guerre, il éradique cet animal qui nous envahit, il se doit de le détruire.

Et pourtant, à ne regarder que l’impact du rat sur la gestion de nos déchets, nous devrions y réfléchir à deux fois et ce d’autant plus à l’aire du recyclage et autre limitation de notre impact environnemental.

La moitié de la population mondiale vivant en milieu urbain aux cotés des rats et ces mêmes milieux urbains produisant des quantités de déchets phénoménales, il est logique que le rat y trouve son compte.

Rien qu’à Paris, on estime que la consommation de déchets consommés par les rats serait d’environ 800 tonnes par jour, soit 292 000 tonnes par an. Pour comparaison, cela équivaut à plus de deux incinérateurs pour un budget annuel de 188 millions d’euros.

Au niveau mondial, s’il n’existe pas de chiffre sur le sujet, on imagine bien que les services rendus en la matière par les rats à l’humanité est tout bonnement colossale que ce soit au niveau économique comme sur le plan sanitaire.

APOPO

Rat de Gambie élevé pour détecter les mines terrestres
Rat de Gambie élevé pour détecter les mines terrestresAPOPO

Bon… D’un point de vue biologique, le « Rat de Gambie » n’est pas un rat (genre Cricetomys et non Rattus), mais prenons ici l’excuse de la terminologie pour en parler.

En effet, si le rat de Gambie est surtout élevé pour sa chair (de 800 grammes à 1,5 kilogrammes), depuis 1998 une ONG Belge, APOPO, en a fait un héros (« HeroRATs », en anglais).

Élevés et entraînés pour détecter les mines, ces rats sont d’une efficacité redoutable et parcourent désormais les terrains dangereux de bien des pays comme l’Angola, le Mozambique, la Tanzanie, la Thaïlande ou encore le Cambodge.

Encore une fois le rat nous est utile !

Il nous en apprend plus sur nous-même

Qui a dit que les rats ne sont pas sympathiques ?
Qui a dit que les rats ne sont pas sympathiques ?Channah07

Le rat a été et est encore un modèle de base pour la recherche ce qui implique en filigrane que nous avons bien des accointances avec cet animal.

La recherche sur les animaux régresse, fort heureusement, ou tout du moins la recherche se cherche sur le sujet !

Certaines pistes travaillent à remplacer les tests sur mammifères par des insectes. D’autres, peut-être plus cohérentes, développent des méthodologies de laboratoires virtuels en lieu et place des tests sur animaux…

Quoi qu’il en soit et s’il reste encore du chemin à parcourir dans ce domaine, le rat nous a d’ores et déjà permis d’en apprendre énormément.

Sans parler de l’industrie du médicament et autres joyeusetés cosmétiques, le rat a tellement été utilisé comme modèle que cela nous a amené à l’étudier sous toutes les coutures et ce peut-être plus que n’importe quel autre animal.

Une étude sur la façon dont le rat sourit a ainsi levé bien d’autres questions et a eu le mérite de pousser plus avant encore la réflexion sur les sentiments de contentement chez les animaux en général.

Une autre étude sur ce rongeur a aussi pu démontrer que les rats fuient les photographies de leurs congénères qui ressentent de la souffrance et préfèrent rester à proximité de celles de rats sans expression particulière.

Une autre étude encore a consisté à définir l’impact des chatouillis sur le rat (et le rat adore les chatouillis), démontrant que les rats soumis au rire ont une plus forte tendance à interagir avec leurs congénères.

Ces rats chatouilleux qui nous en apprenent sur notre motivation

Présentation de l'étude sur les chatouillis de rats par l'équipe qui a mené la recherche

Un travail mené sur la détresse du rat a, quant à lui, mis en évidence qu’un spécimen qui a déjà connu une situation de désarroi équivalente va aider ses camarades encore plus rapidement que les autre rats (qui prendront plus de temps à mettre la main à la pâte).

Si la liste est longue des connaissances sur le rat, en voici une dernière : il a pu être défini que les rats éprouvent tous les signes de l’orgasme quand ils se reproduisent.

Inutile de développer ce que ces études sous-entendent et ce qu’elles peuvent nous apprendre sur nous-mêmes, ni même ce qu’elles prouvent du fonctionnement des animaux au sens large.

Pour conclure

Les rats sont fascinants et convoquent bien des images allant de la lutte de l’Homme contre la nature à une modernité plus intéressée ou encore ce que les animaux peuvent avoir de plus effrayant.

Notre cohabitation forcée avec ces espèces qui, non contentes de ne pas disparaître dans l’indifférence générale comme beaucoup et ne peuvent pas plus être éliminées, en fait des espèces de fait hors du lot.

Nous avons évolué à leurs côtés comme ils ont évolué aux nôtres et très certainement que l’histoire ne fait que commencer !

Hoffmann

Et vous vous en avez de bonnes expériences avec les rats ?

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Julien Hoffmann

Rédacteur en chef — DEFI-Écologique

Julien est le fondateur de DEFI-Écologique.

Il est fasciné par la faune sauvage depuis plus de 20 ans. De parcs zoologiques en programmes de terrain ou encore gestion d’élevages de réintroduction, il mène désormais sa propre barque et a pris le statut d'entrepreneur-salarié au sein d’une Coopérative d’Activité et d’Emploi strasbourgeoise.

Participer à notre avenir en transmettant et débattant, un nouveau défi pour lui !

 Julien est membre de DEFI-Écologique.

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Corinne

Enfin un article qui valorise le rat et qui ne le considère pas comme un nuisible à éliminer ! Bravo !

Sosthène

Oui, enfin… Article un peu partial. Le rat est le vecteur de la peste qui a fait des ravages et, aujourd’hui encore de bien d’autres maladies dans le monde sinon en Europe. Il est aussi efficace que nous pour détruire la biodiversité, notamment lorsqu’il réussit (souvent avec notre aide involontaire, j’en conviens) à débarquer sur une île. Les oiseaux notamment, payent un lourd tribu à ce nouveau venu. A ce sujet d’ailleurs que pensez-vous de la dératisation de l’Ile Tomé au large de Perros Guirec en 2003 pour en faire une réserve pour oiseaux marins (aujourd’hui il semblerait que l’ennemi… Lire plus »

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