Les artistes, des êtres fascinés
Comme si cette fascination ne se perdait pas avec les apprentissages successifs des civilisations, cette fascination entraîne une variété infinie de créations et de démarches intellectuelles qu’il est impossible d’aborder ici.
Je m’attacherai donc à resserrer mon propos sur quelque chose qui me touche et qui fait partie de mes préoccupations artistiques : la notion du trait, du geste comme représentation d’un élan vital.
Pour mieux comprendre, il faut aller voir en Asie et la tradition des lettrés chinois.
La peinture en Chine
Dans la peinture chinoise, le végétal, le paysage et les pierres sont des sujets très souvent traités car ils correspondent à l’idéal de la peinture chinoise, comme définit par François Cheng dans Souffle Esprit :
François Cheng
Chaque tableau constitue un microcosme qui contient les essences du macrocosme
Les peintres chinois qui sont formés d’abord par la calligraphie, ont une approche liée au trait du pinceau et à sa juste exécution dans une juste gestion du plein, du vide, pour transcrire la notion le plus correctement possible.
En effet, le système d’écriture asiatique repose sur des idéogrammes (chaque signe représente une idée, un concept abstrait) alors que le nôtre repose sur un système alphabétique (le signe pour un son).
Les lettrés chinois ont parfois un élément — une pierre — qui est placée sur leur table de travail, utilisée à la contemplation et à la réflexion philosophique.
Certaines pierres, représentant quelque part une quintessence du phénomène rocheux sur terre, sont considérées comme pleines d’un souffle de vie.
Avec cette pierre choisie, le lettré chinois met en avant son très grand respect et son adéquation avec la nature. Les pierres de lettrés sont une marque ultime de la fascination de l’artiste pour le vivant.
Les plantes n’étaient pas uniquement sujet de peinture en Chine. Dès le premier siècle avant JC, le papier fut mis au point à partir de fibres végétales.
Visitez le site de la Bibliothèque de France qui propose des expositions virtuelles et notamment sur l’Histoire de l’Ecriture.
11 œuvres inspirées par le vivant
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Chien — Pisanello
Chien Pisanello -
Quatre études de la tête d’un Maure — Peter Paul Rubens
Quatre études de la tête d'un Maure Peter Paul Rubens -
L’encre retranscrit les instantanées — Gao Xiangjian
L'encre retranscrit les instantanées Gao Xiangjian -
I won’t have a Potplant — Marlène Dumas
I won't have a Potplant Marlène Dumas -
Teasel — Kelly Ellsworth
Teasel Kelly Ellsworth -
Mesk Ellil — Hicham Berrada
Mesk Ellil Hicham Berrada -
Présages — Hicham Berrada
Présages Hicham Berrada -
Fauna — Joan Foncuberta
Fauna Joan Foncuberta -
I like America and America likes Me — Joseph Beuys
I like America and America likes Me Joseph Beuys -
Le poisson — Brancusi
Le poisson Brancusi
Liens entre artiste et vivant
En Europe, lorsque le papier arriva au Moyen-âge, les fibres végétales utilisées pour le fabriquer furent le lin et le chanvre.
Ces deux plantes ont profondément marqué l’évolution de nos sociétés occidentales, en fournissant tissus, cordages, voiles, papier, huile, aliments et matériaux de construction encore aujourd’hui.
Sans ces plantes et leurs usages (il est évident que ces usages ne sont pas toujours bénéfiques pour l’Humanité), outre l’habillement, pas de découverte du nouveau monde, pas d’esclavage ni de colonisation, pas de diffusion élargie des savoirs et que dire de la finance, de l’histoire des arts (rendez-vous compte sans huile de lin pas de Joconde…) et autres usages artisanaux actuels tels que le béton de chanvre et chaux.
C’est bien le propre de l’homme que de savoir utiliser les ressources de son environnement pour ses besoins et ses plaisirs mais il est parfois nécessaire de rappeler que nous sommes partie intégrante d’un système d’interdépendance.
Leonard de Vinci
Qui nuit aux autres ne se préserve pas soi-même.
Et c’est là une des places de l’artiste : témoigner des pensées et des comportements de ses contemporains, voire titiller leurs consciences.
Lorsque Michel Blazy à la Biennale de Lyon de 2015, nous présente des écrans d’ordinateur, des baskets, des appareils photos comme hôte à mousses et autres plantes, c’est une œuvre poétique mais également une réalité de la gestion de nos déchets liée à une certaine idée de l’économie qui nous est donnée à voir.
Dans un registre jusqu’au-boutiste, le duo Art Orienté Objet pousse les limites de la bioéthique avec leur œuvre avant-gardiste Que le cheval vive en moi.
Fascination pour l’art et le vivant
En tout état de cause, l’art mêlé au vivant continue de susciter des interrogations, des recherches et des productions.
Que cela soit dans un cadre institutionnalisé tel que la COP21 ou dans une tendance des pratiques artistiques, des appels à projet ou des commissariats d’exposition, l’art en ce moment fait la part belle à la biodiversité.
Pour preuve, en région Grand Est (ma région de résidence), avec l’exposition Sublime, les grands tremblements au Centre Pompidou-Metz, avec les commissaires invités de COAL au CEAAC à Strasbourg ou encore les appels à projet artistiques récurrents des Parc Régionaux.
Centre Pompidou-Metz
Il y a quelque temps le Centre Pompidou-Metz a monté une exposition intitulée la Forme Simple — une très belle exposition qui abordait différents champs artistiques et scientifiques et où l’esprit asiatique de la forme simple – élan vital y était abordé.
Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je n’en ai pas la moindre idée.
Je rebondirai plutôt sur les propos de Monsieur Jacques Bonniel, entendus lors d’une conférence sur la place de l’artiste, où pour lui la question du développement durable n’était malheureusement pas (encore) un « mythe mobilisateur » de notre société comme ont pu l’être les mouvements féministes.
Le débat est ouvert.
Garantissez la qualité de vos actions de gestion de la biodiversité
Faune et Flore

Mise en place stricte de protocoles d’études
Créativité et inventivité de nos différents processus de réflexion
Déontologie appliquée à l’intégralité de nos démarches
Partage des risques à travers l’application de nouvelles techniques
Les spécialistes du sujet sont sur vos réseaux sociaux préférés
Sophie-Dorothée Kleiner

Centre Pompidou-Metz

COAL

Art Orienté Objet

Eurométropole de Strasbourg

Musée national des arts asiatiques
Sophie-Dorothée Kleiner
Artiste auteure — DEFI-Écologique
En parallèle de ses missions en médiation culturelle, elle investit des lieux singuliers pour exposer des œuvres intimistes et sensibles.
Sa pratique, liée au dessin et au geste pictural, se diversifie grâce à des collaborations et des projets pluridisciplinaires pour mieux décliner son questionnement sur l’espace de création, de pensée et de vie.
Depuis 2014, elle collabore avec DEFI-Ecologique et développe également LANTERNE, un espace de rencontres artistiques.
Sophie-Dorothée est membre de DEFI-Écologique.
L’art et le vivant. Ce qu’il se fait de mieux. Merci pour ce partage qui donne envie de se replonger dans l’art 🙂
Les Trichopteres d’Hubert Duprat.
Très belle sélection, merci. Inspirante ! En partage sur ce sujet, un commentaire sous forme de dessins : « La robe de Médée »,sur la perte de la biodiversité : https://1011-art.blogspot.com/p/la-robe-de-medee.html