Soigneur animalier en parc zoologique : un métier par passion

Inséparables lors d'un spectacle d'oiseaux en vol libre Héloïse Gueroult

Le métier de soigneur-animalier en parc zoologique est un métier peu commun qui peut faire rêver. Loin de certains clichés véhiculés par les médias, ce métier est avant tout un métier passion qui peut être aussi enrichissant que contraignant.

Le soigneur animalier se trouve à la base du fonctionnement d’un parc zoologique et de ses missions. En effet, son devoir est d’assurer le bien-être des animaux : veiller à leur alimentation, leur bonne santé physique et mentale…

Et sans animaux, les parcs zoologiques n’existeraient pas !

Ce que vous allez apprendre

  • Soigneur animalier, c’est prendre soin d’animaux sauvages
  • Soigneur animalier, c’est un travail qui se fait par tout temps et sans compter ses heures
  • Soigneur animalier, c’est une profession de passion et de partage : pour la faune
  • Soigneur animalier, c’est un métier difficile à atteindre

Le soigneur animalier au service des animaux

La plus grande partie du travail du soigneur animalier est de prendre soin des animaux dont ils a la charge. D’où le nom du métier « soigneur » animalier ! En d’autres termes, il doit assurer le nettoyage des enclos et des bâtiments de nuit, apporter la nourriture aux animaux et surveiller les différents comportements de ceux-ci afin de détecter de potentielles anomalies (maladies et blessures, par exemple).

Même si la base du métier reste le même pour tous, suivant le parc zoologique où travaille le soigneur-animalier, il y a des différences. Chaque parc a son propre fonctionnement : les soigneurs peuvent donc avoir des responsabilités différentes.

En effet, certains parcs zoologiques se divisent en « secteurs ». Ainsi, les soigneurs embauchés ont des spécialités : ils s’occupent uniquement d’un groupe d’animaux, comme les carnivores, les primates, les herbivores, les oiseaux, les reptiles ou encore les mammifères marins. D’autres parcs, en général plus petits, engagent des soigneurs polyvalents devant s’occuper de plusieurs groupes d’animaux différents.

Soigneur animalier : un métier contraignant

S’occuper des animaux, c’est prendre soin d’êtres vivants.

Cela amène alors certaines contraintes. Un animal mange tous les jours, il ne connait pas les week-ends et les jours fériés. Il vit au rythme du soleil. Ainsi, les horaires du soigneur-animalier sont très souvent calqués sur celui-ci : peu d’heures de travail en hiver et beaucoup plus en été.

Hyène du zoo de Peaugres Héloïse Gueroult

Travaillant avec le vivant, le soigneur animalier doit essayer d’anticiper les risques pour ses animaux (météo pour les espèces fragiles, alimentation adéquate) et aussi les risques pour les visiteurs : la sécurité des enclos et des bâtiments est une priorité. Ainsi, les clôtures, les cadenas et les serrures sont contrôlées plusieurs fois par jour.

Dans ce métier, la concentration doit être une rigueur de tous les jours. Il faut remarquer les détails qui changent dans le comportement des animaux. Il faut aussi énormément d’attention lorsque l’on travaille avec des animaux dits « dangereux ». Le moindre faux-pas avec ce type d’animaux peut entraîner de graves blessures, voire la mort. Des décès ont hélas lieu tous les ans.

Être soigneur animalier, c’est aussi souvent travailler à l’extérieur. Il faut donc composer avec la météo du moment. L’entretien des enclos se fait tous les jours que ce soit sous le soleil ou sous la pluie. Il se fait l’hiver (avec des températures négatives) comme l’été (sous des températures parfois trop chaudes).

Un parc zoologique est une entreprise très souvent privée, quelques fois publique, et les entrées des visiteurs servent à nourrir les animaux, rénover les enclos et payer le personnel. Le salaire, peu élevé, est souvent proche du SMIC.

Pour toutes ces raisons le métier peut être contraignant, mais le fait d’être passionné par son travail permet de passer outre ces nombreux inconvénients.

L’AFSA

Un soigneur-animalier apprend toujours des animaux. En effet, chaque individu est différent aussi bien physiquement que dans le comportement. Il n’y a pas de science exacte avec les animaux. Les connaissances s’acquièrent au fil du temps : le sujet est tellement vaste.

C’est pourquoi ce métier est en perpétuelle évolution. L’AFSA (Association Francophone des Soigneurs Animaliers) permet le regroupement et surtout l’échange d’informations et la communication entre les soigneurs animaliers.

Ainsi cette association propose une réunion annuelle et des formations sur des thèmes précis : reptiles, oiseaux, herbivores ou encore primates. Tous ces colloques entre professionnels permettent de faire progresser le métier de soigneur animalier et ainsi de le moderniser.

Les échanges entre les soigneurs-animaliers dépassent aussi les frontières, l’AFSA fait partie de l’ICZ. Cette organisation regroupe huit associations de soigneurs-animaliers réparties autour du globe et permet la communication au niveau international. Un colloque est ainsi organisé tous les trois ans permettant là encore les échanges entre les soigneurs (le prochain aura lieu en Argentine en 2018).

La passion du soigneur animalier

Enclos herbivore Hanovre Héloïse Gueroult

Le soigneur-animalier cherche à améliorer ses techniques de travail pour enrichir un maximum ses connaissances de l’animal. Ses connaissances lui permettent d’apporter aux animaux tout ce dont ils ont besoin en passant par la nourriture (alimentation déterminée très souvent par un vétérinaire), les compléments alimentaires (vitamines éventuelles), le confort (litière, nettoyage, perchoirs, plateformes, etc.), sans oublier les enrichissements. Penser, fabriquer et installer des enrichissements comble le soigneur-animalier.

En effet, voir les animaux jouer, chercher leur nourriture, sentir de nouvelles odeurs, découvrir de nouveaux arbres, de nouvelles branches ou cordes sont autant de preuves que les animaux ne s’ennuient pas et qu’ils gardent quelques instincts naturels. Par exemple : un sac en toile de jute rempli de laine de mouton dans un parc à grand félin ; de la purée de fruit ou du miel étalé sur des branches dans les loges d’un groupe de singes ou de perroquets…

Le bien-être animal est la motivation principale du soigneur-animalier. Si un animal se sent mal, est blessé ou simplement inquiet, le soigneur restera le soir s’il faut et reviendra même sur ses jours de repos.

Un lien existe entre le soigneur et les animaux dont il a la charge. Il est forcément plus étroit quand il s’agit d’un oiseau élevé à la main que d’un lion. Mais avec le temps, la patience et surtout une grande confiance, le soigneur peut apporter des premiers soins, si besoin (en contact protégé avec les espèces dangereuses bien entendu). Une technique appelée l’entraînement médical ou le conditionnement.

Une partie du métier consiste à partager cette passion des animaux auprès du grand public. Les soigneurs animaliers sont très souvent aussi des animateurs. Par le biais des animations pédagogiques, des visites guidées ou même des spectacles animaliers, le soigneur animalier peut transmettre sa fascination du monde animal et ainsi essayer de sensibiliser le grand public sur le problème de la conservation des espèces dans leur milieu naturel.

La conservation des espèces : une mission du soigneur animalier

La conservation ex-situ (qui se fait dans les parcs zoologiques et non dans le milieu naturel), est l’une des missions fondamentales des zoos modernes et le soigneur animalier y participe pleinement. Chaque animal a une génétique plus ou moins importante : ceux qui ont une génétique semblable aux individus sauvages sont introduits dans des groupes reproducteurs et permettront une diversité génétique viable ; les moins intéressants pour la conservation sont introduits dans des groupes de mâles ou de femelles.

Logo des programmes d'élevage de l'EAZA EEP

On parle d’ESB et d’EEP (stud-books européen et programme d’élevage européen). Les stud-books sont créés pour les espèces menacées. Ils consistent à rassembler toutes les données sur les animaux captifs européens d’une espèce donnée (génétique, reproduction, nombre, etc.) et permettent d’avoir un suivi précis de la reproduction de ces animaux. Si un animal est trop menacé et sa reproduction plus ou moins difficile, le coordinateur en charge de l’ESB (stud-books) peut proposer de passer ce programme en EEP. L’EEP est donc un programme d’élevage créé pour optimiser la reproduction en captivité et a pour but la réintroduction in-situ.

Le soigneur-animalier est alors un rouage essentiel en termes de conservation des espèces animales. En effet, il est en première ligne pour suivre les animaux et c’est par son travail quotidien que l’on peut espérer que les animaux se reproduisent et, sur le long terme, qu’ils pourront être réintroduits dans leur milieu naturel.

Beaucoup de demandes, mais peu d’élus

Soigneur animalier est un métier qui attire. Mais il faut se rendre compte que, comme de nombreuses « professions passion », c’est un métier difficile d’accès.

Ces écoles mixent une approche théorique du métier ainsi que des stages donnant un accès de la profession sur le terrain. Tous les ans, ce n’est pas moins de 90 élèves qui passent par ces structures : toutes ces personnes n’obtiennent pas de contrat à l’issu de ces formations. Il faut donc beaucoup de patience pour parvenir à faire de ce rêve là un métier.

Défi-Ecologique vous recommandeZoo : La métamorphose29
Défi-Ecologique vous recommandeZoo'M. Gros Plan et Petites Histoires Sur les Animaux du Zoo19€89
Défi-Ecologique vous recommandeZookeeping - An Introduction to the Science and Technology89€54

En résumé

Dans l’imaginaire du grand public le métier de soigneur animalier est fascinant. Très souvent, les personnes non-initiées perdent de vue que les animaux sauvages des parcs zoologiques ne sont pas des animaux domestiques. Il leur arrive même de penser que le métier du soigneur se limite aux caresses et à la distribution de nourriture.

Ce métier n’est pas tout à fait ce que le public peut s’imaginer. On occulte souvent le nettoyage qui est une partie primordiale du métier de soigneur. Il y a peu de contact direct avec les animaux. Certaines espèces peuvent même être très dangereuses, par exemple les grands félins. La sécurité est indispensable dans notre profession.

Les soigneurs animaliers sont des passionnés, ils aiment les animaux. Ils aiment surtout partager cette admiration de la faune. Avec comme but ultime la protection des animaux mais aussi des milieux naturels.

Heloïse Gueroult et Corentin Prigent

Peut-être avez-vous croisé des soigneurs animaliers en parc zoologique qui vous auront transmis tout ça ?

Commenter

Les spécialistes du sujet sont sur vos réseaux sociaux préférés

Heloïse Gueroult et Corentin Prigent

Heloïse Gueroult et Corentin Prigent

Héloïse Gueroult, 26 ans, soigneuse-animalière depuis 2011 au parc du Pal, au secteur des oiseaux (spectacles et nurserie). Passionnée d'animaux depuis l'enfance.
Corentin Prigent, 31 ans, travaille au Domaine de La Bourbansais depuis 2006 en tant que soigneur-animalier polyvalent. Il s’occupe d’oiseaux, de primates, de carnivores ainsi que des spectacles de rapaces et de meutes de chiens.
Heloïse Gueroult et Corentin Prigent

Les derniers articles par Heloïse Gueroult et Corentin Prigent (tout voir)

Vous aimerez aussi...

Poster un Commentaire

2 Commentaires sur "Soigneur animalier en parc zoologique : un métier par passion"

Notify of
avatar
Sort by:   newest | oldest | most voted
tony Pedretti
Invité

Je trouve dommage de ne pas parler aussi des soigneurs animalier dresseurs qui lient et apprennent encore plus de choses sur les animaux (liens plus fort ainsi que complicité accrue, contact non protégé même avec des animaux « dit dangereux » de plus on evite le conditionnement qui sur du long terme peu entrainé d’autre pb psychologique)

Julien Hoffmann
Editor

Bonjour !
Effectivement cela aurait pu être abordé, mais je pense surtout que c’est du au fait que les 2 auteurs ne sont pas dresseur. Cela fera peut être l’objet d’un autre article qui sait.
Par contre, sur le fond, je ne pense pas que l’on puisse dire qu’un dresseur en apprenne plus. Il apprend d’autres choses, c’est évident. Mais à l’inverse un soigneur qui a une relation plus distanciée et qui vise la réintroduction pour exemple, apprend tout autre chose 😉 (je parle d’expérience !)

wpDiscuz