Défis écologiques et système coopératif : défis relevés

DEFI-Écologique s’impose comme une marque provocante. Mais derrière un réel concept, il y a un questionnement perpétuel. Ces interrogations se font encore plus pressantes lorsque l’on sent, l’on voit, l’on vit des franchissements de seuils environnementaux parfois irréversibles et que le système coopératif est votre terreau.

Ce que vous allez apprendre

  • En quoi la notion de seuils à toute son importance
  • Quelles sont les limites du système dans lequel nous évoluons
  • Quels sont les objectifs d’une Coopérative d’Activité et d’Emploi
  • Et bien plus encore…

Des défis écologiques et des constats

Certes le changement est une composante de l’évolution, mais DEFI-Écologique pointe ces « paliers », et invite à prendre le temps de construire une réponse en se demandant s’ils valent la peine d’être franchis. Car toutes les réponses ne vont pas à la même profondeur, ni à la même vitesse !

Nous vivons dans une société de la Performance : l’esprit du Libéralisme tend à supprimer toute limite à son expansion. La croissance est devenue l’indicateur maître de nos économies justifiant l’accroissement d’un capital stimulé par nos industries culturelles et une marchandisation à outrance qui fait de la santé une valeur normée.

C’est dans un monde affranchi du réel que naissent les générations de demain. Où l’économie virtuelle représente plus de dix fois l’économie réelle, où les banques pèsent plus que les états, où l’homme passe plus de temps face aux écrans et dans les transports que face à d’autres hommes, où l’énergie n’a jamais été distribuée de manière aussi inéquitable et exploitée avec autant de dégâts environnementaux. C’est donc clairement avec la volonté d’incarner une résistance, voire une révolte que « DEFI-Écologique » impose sa patte ! Si la résistance ou la révolte ne se traduit plus par des effusions de sang et des conflits ouverts, elle prend donc de nouvelles formes que nous souhaitons plus douces.

Mais résister à quoi dans un monde où le consensus est une valeur galvaudée ? À l’ultralibéralisme débridé ? À la démesure énergétique ? À la pollution multiforme ? À la tendance oligarchique de l’économie et de la politique ? À la sur-virtualisation des échanges et du monde ? À la perte de la valeur esprit ? À la sur-technisation de notre monde ? Rien de pire que de ne pas caractériser son « ennemi »…

Nous pourrions partir de l’hypothèse suivante : l’ennemi est un processus ayant franchi un seuil. C’est un processus « fractal » puisqu’il existe en chacun de nous, dans nos relations, dans nos organisations jusqu’au plus haut sommet de nos institutions. Ce processus prend la forme de la conquête incessante, dérégulée, industrialisée et même institutionnalisée de l’infini par le fini. Et c’est à cet endroit précis que nous pourrions positionner le réel défi écologique comme un enjeu sociétal capital.

Passé un certain seuil, ce processus « fractal » devient nuisible, toxique, tant pour les hommes que pour leurs esprits : il empoisonne nos équilibres nécessaires à une vie harmonieuse. Et cela se traduit clairement dans notre culture par des clivages malsains, des oppositions trop rapides et simplistes, notamment entre l’art et la technique, l’action et la contemplation, le travail et les loisirs…

Ce processus ennemi est particulièrement vivace dans le domaine économique : nous avons paradoxalement troqué nos religions contre une croyance en la main invisible. La figure symbolique en est l’homme auto-entrepreneur de son destin, s’auto-exploitant, tel le produit ultime du capitalisme ultra-libéralisé.

L’homme cherche à survivre et à échapper à la mort depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, il part à la conquête de son immortalité. Pour alimenter cette soif, l’homme se condamne à se doper à de multiples formes d’énergies, au prêt à la consommation, à l’information incapable de retrouver du sens dans des flux incessants. En résulte un individu dépressif, hyper-stimulé, épuisé par l’exigence permanente qu’impose cette société de la performance. Devenu incapable d’agir sur le monde réel, il se retrouve presque en concurrence avec lui-même et mû par une illusion de liberté. Le mode multitâche est devenu son quotidien, produire en contrôlant son tableau de bord et en surveillant la rapacité de ses congénères dans une guerre économique sournoise et fuyant l’ennui comme la peste : bref, une sorte de retour à l’état de prédation animale…

Résister à cela comme nous y invite DEFI-Écologique, ce n’est pas vouloir stopper ce processus, mais c’est le mettre sous régulation au nom de trois évidences :

  1. La vie est paradoxe et ce mystère lui donne toute sa saveur, tout son sens.
  2. La vie est changement, rien ne dure, ce n’est qu’une question de vitesse, et donc de seuils.
  3. Dans ce changement toujours paradoxal, l’homme dispose de l’arme la moins nocive : l’humour ! A utiliser surtout contre soi…

Cette régulation est elle-même un processus : il est forcément créatif, intuitif et fondé sur l’attention.

Nombreuses montres symobilisant le temps qui passe

D’un constat au système coopératif ?

Le défi écologique pourrait d’ailleurs se résumer à cette question de l’attention puisque l’homme est toujours dans un rapport singulier au temps, oscillant entre action et contemplation. L’attention que nous donnons aux autres, à soi, à l’instant. Non pas que les individus manquent d’attention, mais surtout qu’elle est perpétuellement stimulée et captée par les images-objets que nous avons créés dans cette société de la performance dopée au « trans-média ». Cette attention portée à son comble est le retour pour chacun de sa souveraineté, de sa capacité à dire « non » aux stimulations et sollicitations extérieures, mais aussi et surtout de sa créativité.

Cette attention dans le processus de régulation, consiste à faire coopérer des idées, des concepts, et bien entendu des hommes que tout semble opposer en apparence. Encore faut-il proposer un contexte, un cadre favorisant ce processus : la coopérative d’activités et d’emploi (CAE) est le terreau idoine.

Des coopératives de toutes tailles

Le principe coopératif se décline sous bien des formes juridiques, mais aussi morales. Pour DEFI-Écologique, il s’agit de savoir se remettre en question. Il s’agit de se prendre des baffes dans nos conviction juste parce qu’on a fait fausse route. Il s’agit de défendre nos idées face à l’immobilisme et à la résignation. Il s’agit d’en rire. Il s’agit d’assumer.

Ce n’est pas le cas de tout le monde et ce classement mondial nous rappelle, d’une certaine façon, que le système coopératif est lui aussi déjà détourné de fait. Mais là où les coopérateurs de convictions de tous poils sont vraiment forts, c’est qu’ils sont capables de se remettre perpétuellement en question. Peut-être qu’un jour verra naître un cahier des charges éthique…

Un système coopératif : la CAE

La CAE propose un cadre pour tout porteur de projet qui désire le tester en grandeur nature avec un statut singulier, celui d’entrepreneur-salarié-associé. Cette entreprise en association est encadrée par le droit coopératif qui garantit l’existence d’un processus de régulation : chaque membre choisit de porter la double casquette de salarié et d’associé. De fait, dans la coopérative d’activités et d’emploi, beaucoup de projets individuels voient le jour et se tissent les uns aux autres. Ce qui est proposé de manière singulière dans la CAE, c’est ce mode d’appréhension de la gestion et de la participation à la société depuis le point de vue de son activité.

La CAE ne fait pas l’apologie de la création d’entreprise mais propose une alternative à ceux qui choisissent de vivre de leur activité. En fait, elle se concentre sur la nature des tâches et des projets, le métier d’entrepreneur, et l’organisation de la transmission des savoirs.

Dans la coopérative d’activités et d’emploi, le paradoxe a toute sa place. L’entrepreneuriat et le salariat ont même fusionné. Quelle terreur pour les juristes et autre aficionados de l’art du langage ! L’entrepreneur libre se met volontairement sous la responsabilité d’une personne morale garante du processus de régulation et qui lui permet non seulement son existence juridique mais qui vise aussi un idéal, fruit d’une orchestration collective incarnant discipline et capacité d’improvisation : une forme d’harmonie en somme. La nature reprenant alors dans une certaine mesure ses droits.

Palette de personne représentant la coopération

L’objectif des coopératives est de repenser la manière dont le travail permet l’intégration sociale. Recentrer l’essentiel vers une société écologique. Ici, cet idéal est de faire la promotion d’une dynamique entrepreneuriale néguentropique. Certes si ce n’est pas facile à déployer au quotidien, nous y travaillons. Ainsi, les coopératives constituent des structures qui permettent de réguler les énergies et les tensions entre les projets individuels et l’objectif collectif. Entreprendre en Coopérative d’Activité et d’Emploi, c’est non seulement aborder l’incontournable projet économique (ici, le sien), mais c’est aussi devenir acteur de la démocratie d’une entreprise, par et pour sa propre activité. Au cœur du projet coopératif, il y a cette ambition de nourrir réciproquement l’individu et le collectif. Ainsi, DEFI-Écologique permet de choisir un mode d’organisation socio-économique coopératif à taille humaine.

Ce qui est souvent reproché aux entreprises coopératives en opposition aux entreprises de capitaux, c’est leur vitesse de décision. Les premières se comporteraient davantage comme les tortues, s’imposant l’expression des singularités individuelles dans un processus démocratique, alors que les secondes sont condamnées à l’accélération perpétuelle intrinsèque à la démocratie-marché.

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En résumé

Finalement, ce que nous insuffle DEFI-Écologique, c’est donc de résister à cette forme de rapport au temps imposé. DEFI-Écologique véhicule une prise de conscience analogue à celle qui a joué pour l’abolition de l’esclavage, que l’homme se conduit envers tout son environnement, qu’il soit naturel au niveau des ressources, social au niveau de ses relations avec les citoyens, professionnel au niveau de ses relations de travail et surtout envers son environnement technique, comme un conquérant transformateur. Ce monde des machines que nous construisons exprime une part de notre humanité : en écho à nos corps et nos esprits, DEFI-Écologique nous demande si ce monde ne deviendrait pas obèse et bien fatigué, bridé par un processus créatif institutionnalisé ?

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Jean-François Cerf

Jean-François Cerf

Intéressé par les outils et l’organisation du travail, Jean-François démarre une carrière professionnelle dans les techniques et le conseil. Il exerce actuellement en tant que conseillé et associé dans une coopérative d’activité et d’emploi.
N'hésitez pas à le contacter par e-mail : direction@antigone.coop.
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