Observer un frelon à pattes jaunes ou « asiatique »

Introduit accidentellement d’Asie en France vers 2004, ce frelon noir et orange (Vespa velutina) est un proche cousin du Frelon d’Europe (Vespa crabro), noir et jaune. Ce dernier est également originaire d’Asie, seulement, il est arrivé jusqu’en Europe avec ses ailes, petit à petit au cours des temps.

Le frelon à pattes jaunes, lui, est arrivé par avion (ou bateau), à priori dans des poteries livrées dans le Lot-et-Garonne. Il n’avait pas demandé à venir, mais nos échanges commerciaux, ou nos trocs, ne datent pas d’hier. Depuis le Néolithique, voire depuis que les humains se déplacent sur Terre, nous emportons avec nous des graines et des animaux, sciemment ou non.

A tel point qu’il est difficile de savoir si toutes les bêtes que l’on considère aujourd’hui comme indigènes, ou autochtones, le sont bien. Qui dit que telle espèce de mouche n’a pas été introduite par nos ancêtres ? Et nous, depuis quand sommes-nous autochtones ? L’a-t-on seulement été un jour ?

Ce que vous allez apprendre

  • Quel est le comportement du frelon à pattes jaunes
  • Ce qui fait tellement peur chez ce frelon « asiatique »
  • Quelle est sa place dans la biodiversité locale
  • Comment observer le frelon à pattes jaunes

Cette espèce qui vient d’ailleurs

Carte de répartition du frelon à pattes jaunes de 2004 à 2016
Carte de répartition du frelon à pattes jaunes de 2004 à 2016 Clame Reporter

Encore aujourd’hui, chaque année, nous faisons voyager des milliers d’espèces qui se retrouvent dans divers pays. La plupart meurent faute de trouver les conditions idéales à leur survie. Certaines s’installent, souvent dans la discrétion la plus totale et l’indifférence générale. En revanche, celles qui s’attaquent à nos biens (plantes ou animaux), se font rapidement remarquer.

C’est le cas du frelon à pattes jaunes qui non seulement survit bien sous nos latitudes, mais s’attaque à l’un de nos biens les plus précieux : le miel ! Cela de façon indirecte, en s’attaquant à celle qui le fabrique : l’abeille domestique.

Il s’attaque aussi à plein d’autres insectes. Seulement, ils sont parfois rares dans les paysages urbanisés qu’il affectionne, alors il va profiter d’une ruche pleine d’individus. Notons ici que ces proies sont destinées aux larves cachées dans leur nid. Comme toutes les guêpes, les frelons nourrissent les jeunes avec des proies. Les adultes, eux, butinent les fleurs et grignotent parfois des fruits mûrs. Oui, il faut en déduire que le frelon « asiatique » est un prédateur et participe à la pollinisation.

Des craintes et des idées reçues

Si l’on nous parle autant du frelon « asiatique » c’est donc parce qu’il s’attaque à un insecte que les humains apprécient et qui est défendu par des apiculteurs, eux-mêmes défendus pas des syndicats. Certaines de ses attaques sont particulièrement spectaculaires et largement relayées sur Internet, notamment lorsque des escadrons se placent à l’entrée d’une ruche et attrapent au vol les ouvrières.

Les abeilles européennes, surtout lorsqu’elles sont affaiblies par d’autres facteurs, ont parfois du mal à faire face. Du moins à court terme, car en sélectionnant des variétés plus agressives ou « rustiques » comme l’abeille noire, peut-être qu’elles se défendront mieux ?

Le frelon d’Europe s’attaque également à l’abeille domestique, parfois, mais avec moins de virulence et se fait en théorie écarter ou tuer. Pour parfaire sa mauvaise réputation, signalons que le frelon à pattes jaunes est parfois actif dès le mois de février et que ses nids sont généralement plus gros, hébergeant plus d’individus.

Frelon européen en train de dévorer les reste d'une abeille domestique
Frelon européen en train de dévorer les reste d'une abeille domestique European hornet

À cette crainte, on peut ajouter que notre ressentiment est accentué pour d’autres raisons, encore plus subjectives et irrationnelles : cet insecte est « made in Asia » et ce n’est pas à la mode. Il a passé la frontière sans papiers et le nom de frelon est empreint de peurs et de croyances irrationnelles…

Parmi les idées reçues, signalons celle qui consiste à croire que les frelons sont dangereux, comme s’ils allaient attaquer promptement et nous terrasser d’une seule piqûre. Pourtant, ils ne piquent qu’infiniment rarement tant il sont craintifs et timides. Si cela arrivait, hormis une désagréable sensation, retenons que leurs piqûres sont moins nocives que celle d’une abeille domestique.

Pour qu’une personne en bonne santé soit empoisonnée, il faudrait des centaines de piqûres et non pas une, trois ou sept comme on l’entend souvent. Idem pour le frelon à pattes jaunes, qui est plus petit. Ce dernier est un peu moins craintif, il supporte davantage le contact avec les humains, sans qu’il soit agressif pour autant. Ce sont des observations personnelles qui ne font pas office d’étude scientifique.

Bientôt endémique ?

Nid de frelon à pattes jaunes dans le Gard
Nid de frelon à pattes jaunes dans le Gard Fredciel

Pour toutes ces raisons, le frelon « asiatique » est rapidement devenu ennemi public numéro un des insectes. On peut remarquer que c’est un peu le même processus qu’avec le loup gris : italien d’origine, sans papiers, une réputation exécrable et s’attaquant à nos biens, des animaux ayant également un syndicat d’éleveurs : les brebis ou les chèvres. Les entomologistes aussi ont leur loup !

Mais peut-on encore l’appeler « asiatique » étant donné que les générations actuelles sont nées en France, elles-mêmes issues d’au moins douze générations à ce jour (de 2004 à début 2017) ? Une par an, les frelons ne vivant guère plus de quelques semaines, à une année pour les femelles fécondées, les reines. Pourquoi est-ce que le droit du sol ne s’appliquerait pas aux autres animaux ? Remarquons ici comme nos éléments de langage vis-à-vis de la nature sont empreints de préjugés que nous condamnons en général chez les humains.

Pourquoi ne pas commencer à raisonner plus globalement, d’autant que nous ne sommes pas prêts d’arrêter les échanges entre pays. Il y aura peut-être d’autres frelons qui arriveront d’Asie où les espèces sont diversifiées. On sait aussi que les insectes sociaux sont difficiles à éradiquer, voire impossible, comme nous le montre le cas des guêpes européennes introduites en Nouvelle-Zélande et ailleurs.

Désormais, nous pouvons le considérer comme un nouvel habitant et s’adapter à sa présence, plutôt que de lutter aveuglément et intellectuellement. Les pièges physiques et non sélectifs ne sont pas très efficaces, voire contre-productifs en tuant de nombreux autres insectes. S’il est parfois gênant sur certaines ruches, est-ce vraiment utile de condamner toute l’espèce ? « Agir localement et penser globalement », n’est-ce pas un slogan qui peut aussi s’adapter à nos visions de la nature ?

Observons le frelon à pattes jaunes !

Pour toutes ces raisons, lorsque l’un d’entre eux est suffisamment proche de nous, pourquoi ne pas tenter de l’observer pour ce qu’il est : un bel et grand insecte ? Mais ce ne sera pas facile, tant il est craintif et particulièrement rapide au vol. Avec un filet, il est difficile à attraper car il s’enfuit rapidement. Et une fois enfermé, il ne pense qu’à s’échapper et non à piquer.

Retenons d’ailleurs que seuls les insectes sociaux proches de leurs nids sont prompts à piquer. En dehors d’un périmètre d’environ trois à cinq mètres autour de leur nid, ils se moquent de nous, même si l’on s’agite en leur présence.

Ma méthode d’observation

Enfant observant un frelon à pattes jaunes
Enfant observant un frelon à pattes jaunes François Lasserre

Je ne résiste pas au plaisir de la partager ici. Lorsque j’attrape un frelon, je l’enferme dans une petite boîte, puis je la place dans mon « piège de cristal » maison. Cette démarche nécessite une certaine dextérité ou habitude, car la bête ne pense qu’à s’enfuir et profite de la moindre faille pour le faire.

Une fois immobilisée, la bête s’observe de tout près, en toute sureté. Idéalement, on utilisera une bonne loupe (pour un bon piqué et une bonne longévité, choisir une loupe aplanétique, dite « de botaniste », d’un grossissement de x10(1)) et le spectacle peut commencer.

Ses yeux en forme de haricot, ses ailes pliées sur la longueur (caractéristique de sa famille), ses poils, le contraste de ses couleurs, ses grandes mâchoires qui tentent de percer le plastique… tout passe sous la loupe. Les réactions sont unanimes : « waouh » !

Il s’agit ici d’une vraie rencontre avec un être vivant, sensorielle et sensationnelle. Petit à petit, l’animal devient plus familier, voire plus sympathique. De nombreuses barrières tombent et c’est d’ailleurs une étape importante pour une meilleure sensibilisation. Les professionnels de l’éducation à l’environnement se servent beaucoup de ce contact direct avec le vivant et le public pour jouer sur les sensations et faire tomber les appréhensions.

Enfin, inutile de le garder trop longtemps dans la boîte ou le piège de cristal, surtout s’il y a du soleil, car ça chauffe vite à l’intérieur. Une fois que l’on est prêt à le lâcher, il est important de bien montrer autour de soi comment le frelon se comporte. Comme tous les insectes, guêpes incluses, ils s’enfuient à l’opposé de nous et à toute vitesse ! Cette observation permet de rassurer encore un peu plus ceux qui craignent les insectes.

Pour conclure

Avec les frelons, n’hésitons jamais à observer et rencontrer ces insectes mal-aimés, souvent jugés pour de mauvaises raisons. Comme le loup gris, cet animal amplifie l’une de nos obsessions vis-à-vis du vivant : la concurrence et le risque zéro.

Cette approche dominatrice va-t-elle perdurer ou bien notre empathie et notre bienveillance vont-elles l’emporter ? En attendant, observons et balançons nos ressentiments et nos idées préconçues, loin !

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Alors, le frelon asiatique, un ennemi à vie ?

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François Lasserre

Entomologiste et pédagogue — OPIE

Formateur et auteur de livres grand public, dont « Au secours une bestiole, manuel anti-stress face aux bêtes qui nous embêtent » et « J’observe les insectes ! ».

Il est vice-président de l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) et co-président du Graine Île-de-France (réseau d’éducation à l’environnement).

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23 réponses à “Observer un frelon à pattes jaunes ou « asiatique »”

  1. Article intéressant, qui précise les contours du sujet, merci! Je partage un certain nombre de vos réflexions et j’avoue ne jamais m’être posé la question « Pourquoi est-ce que le droit du sol ne s’appliquerait pas aux autres animaux ? ». C’est une vraie question que celle de l’empathie et la bienveillance à l’égard de l’ensemble du vivant. Ce serait une spécificité de l’espèce humaine car toute espèce a des prédateurs, des proies, etc. Il va falloir trouver les bons arguments pour convaincre les proches de personnes décédées du fait de virus, bactéries, etc. Quelques remarques: – « nos échanges commerciaux, ou nos trocs, ne datent pas d’hier »: certes mais c’est l’amplitude du phénomène qui est en cause; – la comparaison avec le loup est un peu osée car le « loup italien » est une espèce du continent européen, présente pendant des siècles en France et qui est venue spontanément du fait de sa dynamique de populations; – on ne peut pas non plus reprocher aux apiculteurs victimes du frelon asiatique (quel est l’impact économique? A-t-on des chiffres?) de vouloir se protéger? Si des termites attaquent votre toiture, vous ne faites rien sauf les observer? Thierry Mougey

    • Bonsoir Thierry, merci pour vos remarques. Sommes-nous la seule espèce à être empathique “gratuitement”, disons sur de l’émotionnel et de la compassion ? Et cela depuis quand ? Bonne question ! Evidemment, certains organismes ne le sont pas, et nous tuent parfois, mais quelle place accorde-t-on au vivant, c’est ce qui m’intéresse. On peut respecter le vivant dans son ensemble, et agir localement lorsque c’est nécessaire. Mais peut-on encore condamner sans réflexion un frelon ou un ragondin ? Et qu’en est-il de leurs bénéfices, qui ne sont jamais comptabilisés. Ce sont des « nuisibles », point final. Nous sommes restés sur de vieux concepts et peu de personnes les remettent réellement en cause. De nombreux naturalistes ne sont pas gênés par le fait de tuer des ibis ou des tortues “de Floride” (qui sont d’ici depuis longtemps !). Est-ce que tuer ceci et pas cela, sur des critères très subjectifs, est encore acceptable aujourd’hui ? Après tout ce que les sciences nous ont apporté ? Le naturalisme est finalement une vision froide, d’un autre âge, pourtant motivées par des émotions et un amour de la « nature ». Mais l’aimer et la tuer n’est-il pas contre-intuitif ? Sous couvert de « gestionnaire en mission » comme des chasseurs ou certains apiculteurs par exemple, la subjectivité est telle qu’elle n’est porteuse d’aucune valeur universelle, ni collective. Je ne reproche rien aux apiculteurs, ce n’est pas mon propos ici. J’invite à réfléchir sur le fait que nous sommes des amis de la « nature » qui mettons dans le même panier telle ou telle espèce, sous des prétextes douteux et subjectifs. Je sais bien que nous sommes des êtres irrationnels et subjectifs, mais c’est une invitation à faire preuve de davantage de pensée critique vis-à-vis du vivant, et de rationaliser nos actes. Quant à la comparaison avec le loup, je trouve simplement que les réactions des personnes concernées sont assez proches, car on assiste au même phénomène, peu importe d’où vient la bête. Mais elle est là. Que décide-t-on pour elle ? Du respect et des actions locales, ou une condamnation en bloc ? Bientôt il n’y aura plus de bestioles, on sera presque content de pouvoir observer un frelon à pattes jaunes, vivant ! 🙂 Au plaisir d’en discuter un jour avec vous de vive voix.

      • Cher François,
        Dans votre réponse à Thierry Mougey, vous employez le mot naturaliste dans un sens qui m’a fait bondir. De mon temps, il s’appliquait aux scientifiques qui observaient la nature en s’efforçant de la modifier le moins possible ! c’est dire si un “naturaliste” ne peut pas tuer une tortue dite “de Floride”, même si elle fait grand tort à la cistude.
        Mais il s’est peut-être produit un glissement sémantique comme pour “écologie” ? Alors combattons-le, et surtout réhabilitons l’observation naturaliste comme antidote aux biotech !
        A part ça, j’ai énormément aimé votre article. Il campe un portrait nuancé de notre bel envahisseur … lequel est déjà “menacé” à son tour par nos mésanges et nos guêpiers, et mis en échec par l’intelligence des abeilles.
        Face à la hargne de notre petite espèce égocentrique, la nature est puissante. Heureusement

        • Merci Cécile pour ce commentaire. La notion de “naturaliste” n’a, il me semble, jamais été vraiment synonyme d’amour de la nature ou du vivant de façon inconditionnelle, mais plutôt d’une notion de connaissance de la nature vécue sur le terrain. Buffon détestait la nature sauvage et libre par exemple, et les exemples sont ainsi nombreux de naturalistes capables de tuer ou stigmatiser des animaux exotiques, ou arracher des plantes exotiques.
          De plus en plus, cependant, les naturalistes se questionnent sur leur rapport assez subjective avec le vivant parfois. Les temps changent, doucement.
          Vous trouverez un article plus récent sur mon site dans le carré “Frelons”.
          Merci encore ! Cordialement

  2. Bonjour, il fraudait arrêter de faire croire aux habitants que le frelon asiatique n’est pas dangereux, vous n’avez pas de ruche, moi non plus, mais j’ai un copain qui avais 180 ruches au début de l’année 2016. A ce jour, il ne lui en reste que 10 ruches. Quand il n’y aura plus d’abeilles, la vie et la pollinisation ne se feront plus. Sans pollinisation, plus de fruits et de légumes, que va t’ont faire alors ? Réfléchissez avant de croire a toutes les ânerie que vous voyez a la TV ou sur les revus. Bonne soirée l’A.F.A.V

    • Bonsoir, votre association annonce la couleur : “l’Association Frelon Asiatique Vespavelutina (A.F.A.V) a été créée pour lutter contre la venue en France du frelon asiatique vespa velutina, ce prédateur est dangereux, il détruit toutes nos abeilles.” et vous ajoutez “L’association … recherche des bénévoles… pour détruire les nids de frelons…”. Mais mon article n’est pas fait pour résoudre un problème ponctuel autour d’une ruche, il est là pour nous faire réfléchir sur notre façon de traiter le vivant, notamment avec cette notion désuète de « nuisibles ». Mais détruire le vivant sous des prétextes « écologiques » n’est-il pas dissonant ? En France, tuer des animaux est généralement notre façon de gérer les problèmes. Ne peut-on pas imaginer d’autres façons de faire ? Certes elles sont plus contraignantes et demandent plus de réflexions, mais n’oublions pas que nous sommes dans un pays particulièrement prompte à tuer et à cataloguer certaines espèces. C’est un peu blanc ou noir. Soit on est protégé, soit on est nuisible, ou gibier. D’autres statuts ne sont-ils pas envisageables ? Enfin, le frelon asiatique n’est statistiquement pas dangereux pour les humains. Il peut l’être pour certaines ruches, dans certaines circonstances. L’animal le plus « dangereux » pour les humains reste l’abeille domestique qui tue environ 15 à 20 personnes par an en France (bien plus que les requins dans le monde entier, dont nos immenses territoires d’Outre-mer !). Certes, cela reste en deçà de la foudre, qui tue 20 à 30 personnes par an en France. Ces chiffres montrent bien que nous ne protégeons que ce que nous décidons d’apprécier, ou qui nous rapporte de l’argent ou autres bénéfices. Mais l’objectivité est loin d’être au rendez-vous dans nos rapports avec la « nature ». Cordialement.

    • Bonsoir Thomas, j’ai lu votre article, et c’est justement parce-que j’entends régulièrement des propos similaires que j’essaie d’aller plus loin, comme ici. Il n’est pas facile d’accorder une “légitimé” justement à tous ces êtres vivants. Et avec quels critères objectifs ? Votre blog annonce la couleur “nature de chez nous”, et l’article reste difficile à interpréter, notamment avec des arguments comme “on quitte notre impact normal d’animal”. Quelle normalité ? Et pourquoi l’avion d’un animal serait-il exclu de ce critère ? On voit bien que l’on est sur des ressentis, des émotions. Certes ces émotions nous construisent, mais si l’on tente de rester un peu neutre, tous nos “critères” s’effondrent les uns après les autres. En fait, il suffirait de dire (ce que vous faîtes un peu) : “moi j’aime les bêtes qui sont venues toutes seules ou éventuellement avec des humains mais avant les transports, lorsqu’ils marchaient uniquement”. Et lorsqu’ils étaient à cheval ? Ou lorsqu’ils ont traversé pour aller en Australie ou ailleurs ? Vous voyez que les questions commencent. Difficile d’aller plus loin ici, mais c’est justement pour y aller que je lance des pistes de discussions.

  3. Bonjour, article sympa, d’un point de vue original et donc intéressant à plus d’un titre. Je pense aussi que la destruction est vouée à l’échec, comme pour toutes les espèces invasives en fait… Par contre, la partie qui fait le parallèle avec les sans papiers, je ne pense pas que ce soit pertinent, la nature du problème est différent, les espèces invasives étant potentiellement dangereuses pour les espèces locales. Idem pour le loup, qu’il vienne d’Italie ou de Moscou ne change rien au fait que la haine du loup est profondément ancrée… Et pour la critique de fond, vous dites : “Pourtant, ils ne piquent qu’infiniment rarement tant il sont craintifs et timides. Si cela arrivait, hormis une désagréable sensation, retenons que leurs piqûres sont moins nocives que celle d’une abeille domestique.” En règle général, c’est le cas, mais c’est une toute autre affaire si l’on s’approche du nid. Certes, la plupart sont dans des arbres en hauteur, mais certains sont dans nos habitats et donc potentiellement dangereux. En ce qui concerne leurs réactions suite à ce qu’elles pensent être une agression, par contre, je ne saurais dire si ils sont agressifs.

    • Bonjour Olivier, les frelons ne sont pas agressifs, sauf parfois à proximité du nid, et encore. Rien de plus normal, et qui s’approche d’un nid ? Le risque zéro n’existe pas, mais on veut s’en rapprocher et dans cet élan nous risquons de supprimer tout le vivant. Un blaireau tuberculeux, une chauve-souris enragée, un frelon aiguillé, etc. C’est ici un appel à mieux respecter le vivant, quel qu’il soit, avant toute prise de décision. Lorsque vous dîtes « les espèces invasives étant potentiellement dangereuses pour les espèces locales » je trouve que cela se calque très bien avec des propos un peu xénophobes. Tuer des frelons n’est-il pas dangereux pour eux ? Si, à 100 % ! Alors quand ça nous arrange d’un point de vue émotionnel (car d’un point de vue rationnel les écosystèmes s’adaptent aux arrivées, à court ou long terme, toujours) on est ok pour garder telle espèce vivante, mais quand ça nous arrange moins on la tue. C’est sur cet aspect que je nous invite à réfléchir, sachant que je n’ai pas de réponses toute faîte, je tente une analyse un peu rationnelle, tout en sachant que nous sommes des êtres émotionnels et irrationnels. Cordialement

  4. Bonjour et bravo d’amener les gens à penser autrement! Ma remarque concerne la photo du frelon mangeant une abeille: j’ai l’impression qu’il s’agit d’un Frelon europeen et non d’un Frelon à pattes jaunes, non?

    • Bonjour, merci ! Et vous avez parfaitement raison, il me semble que la photo a été changée depuis que j’ai écrit cet article..? Ou alors changer simplement la légende pour rappeler que le frelon d’Europe mange aussi des abeilles domestiques.

    • Merci Julien, ça fait plaisir ! J’essaie en effet d’évoluer et de sortir de ma zone de confort “naturaliste”, subjective et biaisée 🙂 Cordialement

    • Merci, et je prépare un livre sur les espèces qui viennent d’ailleurs (“invasives”). Il y a tant de choses à raconter autour de ces sujets, surtout sur nos visions très orientées et si subjectives vis-à-vis du vivant. Passionnant !

  5. Belle réflexion, qui redonne espoir face la destruction systématique du vivant qui dérange nos habitudes, nos rendements, nos revenus !!!
    Nous faisons partie intégrante du vivant et il faut, comme le dit le philosophe Baptiste Morizot, en “raviver les braises” plutôt que contribuer à les éteindre. Merci !

  6. Article intéressant et qui se démarque de tant d’autres. Pour l’observation la photo est aussi très intéressante 🙂
    Mais malgré vos réflexions, je doute qu’un changement se fasse… Il n’y a qu’à voir la façon dont on traite nos guêpes sociales et le frelon européen : le traitement est strictement le même : un nid ? Je détruit ! Sans se poser de question sur l’espèce ou sur la possibilité de cohabiter avec. Et les vidéos “buzz” des destructeurs de nids ne fait qu’accentuer ce problème.

    • Ahhhh les vidéos de destructeurs de nids, un vrai sujet ! Je les trouve tellement dans leur subjectivité et évidemment dans la commercialisation de leurs prestations.
      Cela dit, les choses changent, doucement et surement. Je commence à devenir crédible lorsque je parle des guêpes et frelons en conférences 🙂
      Vous trouverez sur mon site de quoi vous aider si besoin, textes et vidéo, dans le carré “frelons”.
      Cordialement !

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