10 oiseaux auxiliaires de cultures

On appelle auxiliaires de culture les animaux qui, dans leur mode de vie mais surtout dans leur comportement alimentaire, vont permettre à une plante de pousser et fructifier dans de meilleures conditions.

Si la chimie a répondu pour un temps à bon nombre de problèmes agricoles comme la lutte contre les insectes ravageurs de culture, force est de constater que les effets secondaires sont souvent catastrophiques.

En cela se développe toute une stratégie de favorisation des oiseaux auxiliaires de culture afin d'arriver aux mêmes résultats de productivité qu'avec les produits pétroliers, sans les monceaux de désavantages qui les accompagnent.

Ce que vous allez apprendre

  • Ce dont se nourrit chaque oiseau et ce qui fait de lui un « auxiliaire »
  • Quelles sont leurs habitudes de nidification
  • Quels milieux favorisent la présence des différentes espèces

Tarier des prés — Saxicola rubetra

Tarier des prés sur une branche prêt à s'envoler
Tarier des prés sur une branche prêt à s'envoler Artur Mikolajewski

Nidifiant au sol, cette espèce se rencontre bien plus dans les milieux où l’agriculture extensive fait loi.

Le changement de techniques agriculturales ont eu un impact certain sur ses effectifs. En cela, une fauche tardive des cultures (à partir de mi-juin) lui est favorable.

Le Tarier des prés est un oiseau caractéristique des prairies à foin qui se nourrit quasi exclusivement d’insectes : orthoptères, hyménoptères, diptères, mais également des chenilles, des papillons ou des araignées.

Si sa répartition géographique ne couvre pas tout le territoire, son efficacité en tant que « auxiliaire de culture » mérite cet encart.

Faucon crécerelle — Falco tinnunculus

Faucon crécerelle sur son perchoir prêt à la chasse
Faucon crécerelle sur son perchoir prêt à la chasse Andreas Trepte

Se plaçant en vol stationnaire à 10 ou 40 mètres de hauteur, le faucon crécerelle est un excellent chasseur de rongeurs qui constituent 95% de son régime alimentaire.

Il chasse principalement le campagnol, évitant ainsi leur pullulation ou limitant fortement l’impact qu’ils peuvent avoir sur les cultures, lieu de chasse privilégié de l’espèce.

Un faucon crécerelle, c’est jusqu’à 1 500 proies consommées par an et par individu… Non négligeable !

Le saviez-vous ?

Fauvette grisette — Sylvia communis

Fauvette grisette prête à l'envol
Fauvette grisette prête à l'envol Markkilner

Espèce migratrice présente en France de début avril à août/septembre, la fauvette grisette niche à des hauteurs très faibles, entre 5 centimètres et 60 centimètres.

Appréciant talus, buissons et autres haies basses, elle se nourrit avant tout d’insectes allants de la larve à l’imago (forme définitive de l’insecte adulte) sans distinction d’espèces.

L’automne arrivé, son régime bascule vers la consommation de baies, notamment de fruits rouges.

Mésange bleue — Cyanistes caeruleus

Mésange bleue sur une branche observant les alentours
Mésange bleue sur une branche observant les alentours Ben Fredericson

Un couple de mésanges bleues et ses petits consomment quotidiennement environ 500 proies, ce qui représente, à la fin de l’année, 10 000 insectes dévorés.

Ce sont les coléoptères, les chenilles en tous genres, les pucerons, les punaises, les mouches, les larves et autres œufs d’insectes qui constituent son régime alimentaire.

Nicheuse peu exigeante, la mésange bleue s’installera aisément dans un nichoir, un trou d’arbre ou une cavité quelle qu’elle soit avant de garnir son nid de mousse, laine ou encore de duvet.

Arrêtez de nourrir les oiseaux dès la sortie de l’hiver.

En effet votre mangeoire aura toujours plus de succès à leurs yeux que les ravageurs dont vous essayez de vous débarrasser…

Mieux vaut des animaux intégrés dans la chaîne alimentaire que des spécimens grassouillets dépendants de vous !

Bergeronnette printanière — Motacilla flava

Bergeronnette printanière en pleine observaiton des alentours.
Bergeronnette printanière en pleine observaiton des alentours. Lukasz Lukasik

Les coléoptères et leurs larves sont le plat de prédilection de cette espèce qui apprécie également les araignées et les mollusques.

Vivant dans des milieux très variés, la Bergeronnette printanière apprécie le plein champ et autres bandes herbeuses autant que les terrains abandonnés ou les friches industrielles.

C’est au sol que l’espèce fera un nid constitué de matières végétales en tous genres tels que les branchages, tiges ou feuilles qui seront accompagnés de laine ou de crin.

Rouge-queue à front blanc — Phoenicurus phoenicurus

Femelle rouge queue à front blanc chassant pour sa couvée.
Femelle rouge queue à front blanc chassant pour sa couvée. Jerzy Strzelecki

Petit oiseau caractériel, le rouge-queue à front blanc adopte facilement un nichoir comme lieu de nidification à défaut d’un trou dans un arbre ou sous une grosse écorce.

Insectivore à spectre large, cette espèce est particulièrement appréciée en tant qu’auxiliaire de culture dans la mesure où elle se nourrit autant sur la frondaison qu’au sol, sur l’écorce des arbres et même en plein vol ce qui veut dire que sa présence réduit/évite toutes pullulations.

Pensez à leur mettre à disposition un peu de matière première pour leur nid (du branchage à la mousse selon le cas), quelle que soit l’espèce, cela fera autant d’économie d’énergie à réaffecter à la ponte et au nourrissage des jeunes !

Chouette effraie des clochers — Tyto alba

Chouette effraie en plein vol et en retour de chasse.
Chouette effraie en plein vol et en retour de chasse. Edd Deane

Les campagnols peuvent représenter de 50 à 80% du régime alimentaire de ce rapace nocturne, faisant de la chouette effraie un excellent auxiliaire en prenant le relais des rapaces diurnes.

Nichant dans des granges, greniers ou clochers, cette espèce souffre d’une diminution du nombre de sites de nidification potentiels notamment avec la disparition des haies et arbres champêtres.

Son nid, constitué principalement de paille et de terre et tapissé de pelotes de réjection, est placé dans un endroit calme et discret ; caractéristique à prendre en compte si vous souhaitez lui en installer un.

La chouette effraie

Gravure de Thomas Bewick publiée en 1847 dans History of British Birds — Les joies d'une systématique qui évolue.
Gravure de Thomas Bewick publiée en 1847 dans History of British Birds — Les joies d'une systématique qui évolue.

La chouette effraie est l’un des oiseaux terrestres dont l’aire de répartition est la plus étendue.

C’est par ailleurs la chouette la plus répandue sur terre. On la trouve sur tous les continents, l’Antarctique mis à part.

Autre de ses particularités, sa « charge alaire ». Le terme de charge alaire désigne le rapport entre la masse corporelle de l’oiseau et la surface de ses ailes. Plus la charge alaire est faible et plus l’oiseau peut voler lentement.

Parmi les chasseurs de milieu ouvert, la chouette effraie est celui dont la charge alaire est la plus faible (0,25 g/cm2 contre 0,28 g/cm2 pour le hibou moyen-duc par exemple) : ses ailes sont longues et assez larges.

Elle peut donc patrouiller lentement et à faible altitude (1 à 5 mètres) au-dessus de son territoire de chasse, ce que ne pourrait pas faire un faucon crécerelle.

Chardonneret élégant — Carduelis carduelis

Chardonneret élégant se nourrissant sur un chardon
Chardonneret élégant se nourrissant sur un chardon Andreas Trepte

Présent sur tout le territoire français de manière plus ou moins abondante, le chardonneret élégant est à favoriser avec précaution.

En effet son régime alimentaire peut être composé d’une partie des productions maraîchères.

Il consomme cependant un grand nombre de ce que beaucoup appellent « mauvaises herbes » telle que l’armoise, la chicorée, la centaurée, le chardon ou la bardane.

Duvet, laine, crin et cocon d’araignées garnissent un nid composé de branchages et de racines que le chardonneret élégant place dans les arbres ou dans les haies jusqu’en bordure de ville.

Verdier d’Europe — Chloris chloris

Verdier d'Europe sur une branche
Verdier d'Europe sur une branche Andreas Trepte

Si cette espèce nourrit ses petits d’insectes, les adultes sont friands de graines de renouée, graminées, séneçon, crucifères ou mercuriale ce qui fait d’elle une espèce intéressante pour limiter la prolifération de plantes trop invasive en culture.

Affectionnant les lisières de forêt comme les grandes haies ou parcs, le verdier d’Europe utilise des tiges fines et de l’herbe sèche pour fabriquer son nid qu’il place au creux d’un arbre ou dans du lierre.

Linotte mélodieuse — Carduelis cannabina

Linotte mélodieuse en recherche de nourriture
Linotte mélodieuse en recherche de nourriture Pierre Dalous

Appréciant buissons et arbrisseaux, la linotte mélodieuse a besoin d’espaces de type bocagers pour pouvoir à la fois se nourrir et nidifier.

Cette espèce se nourrit habituellement de Polygonacées, de Brassicacées (anciennement « crucifères »), de Caryophyllacées et d’Astéracées qu’elle récolte au sol et très rarement sur les épis ou les plantes séchées.

En cela la linotte mélodieuse limite la prolifération des « herbes folles » et autres invasives de culture, même si, en été, elle consomme également quelques menus insectes.

Très insouciante, comme le laisse entendre son nom, la linotte mélodieuse cache très mal son nid constitué de radicelles, de tiges fines et agrémenté de duvet ou de laine.

Pour conclure

« Et bien plus d'espèces qui ne sont pas citées là » pourrait-on dire en guise de conclusion.

Quoi qu'il en soit n'hésitez pas à favoriser leur présence en leur installant un ou des nichoirs, plantant des haies, laissant des tas de bois au sol, créant des points d'eau, plantant des arbres, etc.

Tant d'espèces sont en régression qu'un petit coup de pouce sera toujours le bienvenu.

Tous ces oiseaux vous le rendront bien si ce n'est en vous épaulant pour limiter les dégâts générés par les insectes ou les rongeurs, alors par leur chant, la beauté de leur vol et de leur plumage ou encore leur comportement.

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Portrait de l'auteur

Julien Hoffmann

Rédacteur en chef — DEFI-Écologique

Fasciné depuis 20 ans par la faune sauvage d'ici ou d'ailleurs et ayant fait son métier de la sauvegarde de celle-ci jusqu'à créer DEFI-Écologique, il a également travaillé à des programmes de réintroduction et à la valorisation de la biodiversité en milieu agricole.

Il a fondé DEFI-Écologique avec la conviction qu'il faut faire de la protection de l'environnement un secteur économique pour pouvoir réellement peser sur les politiques publiques.

 Julien est membre de DEFI-Écologique.

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heddebaut eloi

Bonjours, je travail sur la mésange en tant qu’auxiliaire de vie. Je voudrais, si vous avez bien-sur, les sources que vous avez utiliser pour la recherche sur la mésange.

Hervet Josette

Quand votre jardin est le seul parmi une dizaine à offrir nichoirs et repas, les mésanges ne boudent pas, cacahuètes et tournesol pour faire une pause, réservant chenilles à leur nichée.
En 1917 paraissait ” les oiseaux nécessaires à l’agriculture” par André Godard. En 2017, le problème est multiplié par 100 !!!!