Ovins prédatés et tirs de loups : la gestion calamiteuse de Canis lupus en France

En France, un loup tue une trentaine de moutons par an, alors que la moyenne est de seulement 3 à 5 dans la plupart des pays de l’UE, soit 6 à 10 fois moins.

Ceci malgré des tirs de loups éliminant 10 à 12 % de la population par an.

Le résultat de la gestion des tirs de loups en territoire français est donc un échec : malgré un nombre élevé de prédateurs tués, les animaux d'élevages ne sont pas efficacement protégés.

Ce que vous allez apprendre

  • En quoi consiste la gestion de l’espèce par tirs de loups
  • Quel est le rapport entre le monde agricole et les tirs de loups
  • Quelles sont les réelles conséquences des tirs de loups sur le comportement de l’espèce
  • Quelle est la situation chez nos voisins européens

Des troupeaux mal, ou non, protégés en explication ?

Tout pointe vers des lacunes de protection des troupeaux.

La protection standard réside dans le triptyque berger, chien de garde et parc électrifié de regroupement nocturne, à laquelle peuvent s’ajouter des dispositifs temporaires : fladries (chiffons ou drapeaux suspendus aux fils de clôtures), fox lights (lumières à déclenchement aléatoire), etc.

Nombre d'ovins et caprins indemnisés pour prédation, par loup
Nombre d'ovins et caprins indemnisés pour prédation, par loup FERUS

En Europe

Bon nombre des pays ayant des résultats de prédation mauvais ou moyens dans le graphique ci-dessus ont le même type de problème :

En France

Retenons qu’en France, le gardiennage des troupeaux, l’acquisition et l’entretien (= vétérinaire + nourriture) des chiens de protection, et les clôtures électriques sont subventionnés à 80%. Bientôt à 100% selon les nouvelles mesures européennes.

À noter aussi que 30% des pertes sont concentrées dans 3% des troupeaux prédatés, soit quelques dizaines, certains éleveurs pouvant toucher des indemnités conséquentes.

Que se passe-t-il sur ces « foyers d’attaque » ainsi nommés par l’administration ? Un manque de protection est évoqué.

Tirs de loups : inefficaces et contre-productifs ?

Pensant remédier à cette situation, ainsi que calmer et satisfaire les organisations agricoles, les autorités françaises pratiquent des tirs de loups massifs depuis 2013.

Les différentes études menées sur les méthodes létales de protection des troupeaux donnent pourtant des résultats contradictoires (efficacité, inefficacité, contre-productivité, selon les cas), faute d’un protocole rigoureux qui soit définit avant les événements de prédation et leur traitement, dans la méthodologie et le recueil des données.

En effet, les travaux menés sur les méthodes non-létales présentent une meilleure fiabilité.

Quelques-uns, concernant l’efficacité des chiens de garde, des clôtures électriques et des fladries, sont même au standard « étalon-or ».

Une étude récente, évaluée « étalon-argent », montre que les élevages prédatés traités par des méthodes létales voient une diminution des prédations, mais que ces dernières se reportent sur les élevages alentour.

Comme pour faire écho à ces études internationales, les tirs massifs de loups en France depuis 2013 ne font pas baisser, ni même ralentir, les pertes par prédation en France. Le taux de pertes par loup reste très élevé.

On ne constate pas non plus, pour l’instant, un ralentissement ou une accélération de la croissance des effectifs de l’espèce.

Mise en rapport de la présence de loups et de la prédation
Mise en rapport de la présence de loups et de la prédation FERUS

Une nette accélération de la création de nouvelles meutes est en revanche perceptible depuis cette date.

Explication plausible : les tirs déstructurent les grandes meutes, les individus se dispersent et créent de nouvelles meutes, forcément plus petites.

Une étude américaine montre justement que les petites meutes sont plus impliquées que les grandes dans la prédation des troupeaux domestiques.

Accélération du nombre de meutes
Accélération du nombre de meutes FERUS

Loup, espèce protégée en France ? Où l’exception devient la règle…

Pourtant, direz-vous, le loup est une espèce protégée en France !

Il est certes classé « vulnérable » en France par l’UICN et protégé suivant l’annexe IV de la Directive Habitat. C’est-à-dire une protection stricte.

Toutefois des dérogations sont possibles si « des dommages importants » sont commis, « à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante » et si elles ne menacent pas la bonne conservation de l’espèce.

Par autre solution, on peut entendre une protection effective, et si celle-ci n’est pas suffisante, des tirs non létaux à balles plastiques, petits plombs ou gros sel.

En pratique, c’est différent

Loup sauvage dans le massif des Monges
Loup sauvage dans le massif des Monges Daniel Madeleine - FERUS

Si des troupeaux sont protégés sur le papier, sur le terrain les moyens ne sont pas forcément déployés ou peuvent s’avérer peu opérationnels pour diverses raisons.

En cas d’épisodes de prédation, la vérification de la présence effective des protections ou de leur fonctionnement est loin d’être systématique, et les préfets ont tendance à passer directement aux tirs létaux pour faire baisser la pression (humaine, non celle des loups !), sans passer par les étapes « protections » ou « tirs non létaux » fréquemment oubliées.

Il en résulte que les associations doivent ferrailler juridiquement pour faire annuler ces arrêtés bien souvent illégaux.

Quota ou mesures dérogatoires ?

Le plafond de loups tués légalement est ainsi systématiquement atteint, devenant un quota de régulation dans les faits, bien loin de l’esprit de mesures dérogatoires.

Ajouté à cela que, contrairement aux espèces chassables, les tirs de loups sont praticables toute l’année, Canis lupus doit se dire que le statut d’espèce protégée est somme toute bien peu enviable dans notre pays…

Où l’on se dirige vers le zonage

Face au risque de voir le grand prédateur s’implanter dans la plus grande concentration d’ovins en France (sise sur les Grands Causses en Région Occitanie), une étude a été menée en 2017 sous l’égide de l’INRA.

Ses conclusions décrètent implicitement que ces troupeaux sont « non protégeables » pour des raisons économiques, à cause du type d’élevage dispersé en différents lots.

Dès lors, les institutions, dont les préfectures, s’appuient sur ce document pour produire des arrêtés de tirs au plus pressé, décrétant de fait le loup persona non grata dans un secteur géographique entier.

Les tirs de loups en Norvège

Loups sauvages dans le massif des Abruzzes (Italie)
Loups sauvages dans le massif des Abruzzes (Italie) Eugène Reinberger - FERUS

Regardons le cas d’école de la Norvège, le pays européen qui a les taux de pertes les plus élevés tout en pratiquant un haut niveau de tirs.

C’est le seul pays qui réalise officiellement un zonage : dans le périmètre où le loup est protégé, les éleveurs sont incités à mettre en place les moyens de cette protection. En dehors de ce périmètre, les troupeaux sont en liberté et non protégés, et les loups sont abattus.

De 2005 à 2013, au fil de l’installation des moyens de protection en zone loup, la proportion de pertes de ce secteur est passé de 30% du total des pertes à seulement 1%.

La zone dans laquelle le loup est exclu concentre donc 99% des pertes, malgré les tirs. Le zonage s’avère donc inopérant pour des espèces aussi mobiles et furtives que nos grands prédateurs.

Revenons en France

Le rapport de l’INRA n’est pas exempt de critiques.

Prenant exemple sur la Norvège, il aurait dû en toute logique inclure dans ses évaluations économiques un scénario « absence de protection + présence de loups », même si ceux-ci font l’objet d’arrêtés de tirs, pour permettre in fine des choix politiques raisonnés. Ce n’est pas le cas.

À l’heure où les institutions européennes imposent la conditionnalité de l’existence des protections pour obtenir les indemnisations à la suite de prédations, sauf exception, la question de la « non-protégeabilité » pour des raisons diverses commence à faire des émules dans le monde agricole.

Cela augure mal du futur si l’exception devient la règle.

Des proies jetées en patûre

Vidéo de Pierre Rigaux, disponible sur Facebook
Vidéo de Pierre Rigaux, disponible sur Facebook

Pierre Rigaux, naturaliste et auteur sur ce blog, est très au fait sur la question du pastoralisme, des tirs de loups et de la problématique de la chasse.

Sur sa page Facebook, il partage des vidéos qui dénoncent l’absence de protection des troupeaux, en montagne notamment.

Les organisations agricoles font feu de tout bois

Le loup est revenu en France depuis 25 ans, la sauvegarde de la population d’ours est en cours depuis 22 ans et pourtant les problèmes de protection subsistent.

Les taux de pertes dans les autres pays de l’UE montrent cependant que les pistes de progrès sont possibles et étendues.

Que se passe-t-il en France ?

Lac de Vens dans le Mercantour, terre de loups
Lac de Vens dans le Mercantour, terre de loups

On entend encore trop souvent dans le monde de l’élevage une réticence à accepter les moyens de protection « parce que cela reviendrait à accepter le loup » (ou l’ours). Les chambres d’agriculture elles-mêmes peuvent tenir ce discours radical.

D’où une professionnalisation de la protection qui n’avance pas (formation des bergers, filières de chiens de garde avec sélection rigoureuse, etc.) ou, pire, des pressions exercées sur les éleveurs favorables à la cohabitation.

Sans omettre ni les tentatives de fraude sur les constats de prédation encouragées par certain syndicat, ni la propagation de canulars qui ont la vie dure, comme le retour du loup par réintroductions illégales ou, plus récemment, la pléthore d’individus hybrides loups baltes-chiens.

L’élimination des loups issus d’un croisement récent avec des chiens étant inscrite dans les décisions de l’UE, des groupuscules d’éleveurs font régulièrement effectuer des analyses génétiques par un laboratoire allemand non reconnu par la communauté scientifique, qui fait aisément son chiffre d’affaires en trouvant des hybrides partout.

La France se singularise en Europe par l’important pouvoir de ses organisations agricoles, qui peut empêcher toute avancée.

Dans un autre registre, cette problématique resurgit dans les échecs successifs des plans visant à réduire la consommation de pesticides. Ce lobbying s’exerce sur les élus locaux, en première ligne, et le clientélisme remonte jusqu’aux plus hautes sphères de l’État, reprenant parfois mot pour mot les poncifs édictés par les syndicats agricoles.

Des lueurs d’espoir

Dans ce tableau bien sombre, subsistent cependant des lueurs d’espoir qu’il faut encourager.

Il s’agit bien souvent d’initiatives individuelles ou isolées :

  • De la part d’éleveurs et de bergers, dont il faut louer le courage et les succès

    Le berger Matthias dans « la vallée des loups », par exemple, qui n’a quasiment aucune perte due à la meute à proximité car il élève ses chiens de garde également comme une meute.

  • De la part d’associations du milieu agricole

    Comme la Pastorale Pyrénéenne composée d’éleveurs et de bergers rompus aux techniques de protection, qui placent des chiens de garde rigoureusement sélectionnés chez les éleveurs volontaires (démarche initiée il y a 22 ans par Artus, l’ancêtre de Ferus).

    Ils proposent des bergers d’appui en cas de besoin.

  • De la part d’associations de protection de la nature

    Comme Ferus avec son programme Pastoraloup, depuis 19 ans : l’envoi de bénévoles chez les éleveurs qui le souhaitent pour promouvoir la cohabitation avec le loup, en aidant à la garde des troupeaux et à l’installation de clôtures électriques et de dispositifs d’effarouchement.

  • De la part de bonnes volontés de tous les milieux

    Chambre d’agriculture, syndicats agricoles et préfecture de l’Aude qui collaborent ouvertement avec la Pastorale Pyrénéenne.

    Dans la plaine lorraine (départements 54, 55 et 88), préfectures, associations de protection de la nature, dont Ferus, et éleveurs, qui se mettent autour d’une table pour la mise en place de protections pilotes en plaine, en admettant la présence durable du loup.

Pour conclure

Le plan loup 2018-2023 reste mitigé, mais contient de très bonnes dispositions concernant les protections.

Malheureusement, la volonté de l’État pour les mettre en œuvre de façon concrète se fait attendre.

Cet état des lieux n’est globalement pas encourageant, malgré de nombreuses pistes montrant la direction à prendre.

Que les taux de prédation en France puissent rejoindre ceux de la moyenne de l’Union Européenne est un chemin qui paraît encore bien long et semé d’embûches…

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Pensez-vous que nous nous dirigeons vers une meilleure gestion du loup, en France ?

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Patrick Leyrissoux

Spécialiste grands carnivores — FERUS

Professionnellement dans le calcul de structure, il a toujours été passionné par les sciences.

En particulier, l’histoire de la Terre et de sa biosphère, l’astronomie et tout ce qui concerne la compréhension du monde dans lequel nous nous débattons. Egalement fana de longue date d’ascensions en montagne, et plein d’autres choses.

Depuis deux ans, il est membre du conseil d’administration de Ferus.

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3 réponses à “Ovins prédatés et tirs de loups : la gestion calamiteuse de Canis lupus en France”

  1. Cela ne colle même pas aux données. Si je fais la moyenne du nombre de victime par loup sur la période 2004-2012, j’ai 28 victimes / loup. Sur 2013-2018, 27. Pour ce qui est de la moyenne élevée, il y a aussi d’autres facteurs: population de loups sous-estimée, méthodes d’estimations différentes entre pays, données régionales en Italie ou Espagne contre nationale en France, exposition des moutons à la prédation etc. Si on multiplie le nombre de ZPP par 7 comme en Italie ou 9 comme en Espagne, il y a près de 1.000 loups en France au lieu de 530, et la moyenne diminue. Un nombre d’attaques par meute plutôt que de victimes par loup serait déjà un meilleure indicateur. C’est rare que 5 vaches soient tuées dans la même attaque. Par rapport à la courbe exponentielle dans l’évolution de la population de loups, on a la même courbe en Allemagne alors qu’il n’y a pas de tirs. Sinon l’évolution du nombre de victimes est aussi parfaitement corrélée aux moyens mis dans les moyens de protection. Plus on dépense pour protéger les troupeaux, plus il y a de dégâts. Pourtant je n’en conclus pas que les moyens de protection sont responsables des dégâts…

    • les chiffres on peut leur faire dire ce que l’on veut surtout en l’absence d’accessibilite: statistiques : ou est le vrai, ou est le faux ? probleme qui dessert canis…

    • Bonjour,

      1/ Dommage que la courbe des pertes par loup ne soit pas insérable dans ce message. Ses valeurs sont à peu près entre 25 et 30 de 1998 à 2007 inclus, puis baissent entre 20 et 25 de 2008 à 2013 inclus (probablement suite à la progression de la mise place de moyens de protection), avant de remonter brusquement au-dessus de 30 en 2014, coïncidant avec le début des tirs généralisés. En baisse régulière depuis, mais toujours au-dessus de 25.
      Donc c’est bel et bien l’évolution de la courbe qu’il faut considérer, et non pas faire une moyenne arbitraire, en prenant l’intervalle qui vous arrange, à partir de 2004, pour arriver aux conclusions que vous avez pré-définies. C’est de la manipulation particulièrement malhonnête.

      2/ Population de loup sous-estimées : à partir de quelles données ? Celles des syndicats agricoles mesurées « au doigt mouillé » ? Les méthodes de l’ONCFS, OFB maintenant, ont été expertisées parmi les meilleures au monde suite à audit par un collectif international en 2012.

      3/ Méthodes d’estimation différentes entre pays : et alors ? Cela peut-il expliquer un facteur aussi élevé, de 6 à 10, entre la France et les autres pays de l’UE ? Mauvais résultats de la France que l’on retrouve d’ailleurs aussi pour l’ours et le lynx.

      4/ Données régionales pour certains pays : et alors ? Cela n’a pas empêché Linnell, un des
      meilleurs spécialistes mondiaux, d’en sortir des bilans nationaux. Il suffit d’avoir les données et de les compiler.

      5/ Exposition des moutons à la prédation : justement ce point est traité et cartographié dans le doc de Linnell. Plus importante en Italie, Espagne et Grèce, notamment.

      6/ Italie/Espagne/Allemagne : c’est le nombre de meutes et non pas de ZPP qui est multiplié pour obtenir la population. Utiliser des chiffres n’importe comment c’est une chose, connaître le sujet en est une autre. Justement la France va peut-être adopter cette méthode en prenant 8 comme coefficient multiplicateur (la population de loups augmentant, la méthode CMR devient de plus en plus coûteuse). Voir le rapport des inspecteurs de l’Etat (11/2019). 70 meutes x 8 = 560 individus, proche des 530 obtenus par CMR.

      7/ Courbe exponentielle Allemagne : certes. Mais il y a quand même une cassure en 2013 en France dans l’évolution du nombre de meutes. Point le plus discutable je le concède, en l’absence d’évaluation scientifique.

      8/ Evolution du nombre de victimes corrélée aux moyens de protection : faux. Corrélé plutôt au nombre de loups. D’ailleurs le nombre de victimes par attaque fléchit, signe d’action des moyens de protection (bien que ces derniers ne soient pas suffisamment contrôlés sur le terrain). C’est pour cela que le taux de pertes par loup est à la baisse de nouveau depuis quelques années.

      9/ On peut ajouter que ce taux de pertes par loup, anormal en France, que j’ai soulevé fin 2014, est souligné par Linnell dans son doc de 2018, étendu aussi à l’ours et au lynx, et dans lequel il trouve à peu près la même classification par pays, et en déduit les mêmes conclusions concernant le problème des carence de protection en France (Travaillant en Norvège, il est bien placé pour connaître le problème). Idem pour le rapport tout récent (11/2019) des inspecteurs de l’Etat qui sont allés visiter quelques pays et qui souligne les pertes exorbitantes en France (aussi bien en absolu que par loup) et l’absence de contrôle des moyens de protection. Ces gens ne sont quand même pas les derniers des couillons sur ce sujet. Heureusement les services de l’Etat commencent enfin à se poser des questions sur les “foyers de prédation”, cumulant 50% des pertes pour 10% des élevages : le Parc du Mercantour va mener une étude sur son territoire.

      Pour finir, j’ai déjà ferraillé il y a plus d’un an pour vous répondre sur le facebook de Ferus, c’est très chronophage, toutes les références sont dispos, il suffit de bosser la question. Déjà fort à faire avec le sujet ours par les temps qui courent, je ne peux pas passer mon temps à poursuivre la mauvaise foi.

      Ce sera donc ma seule et unique réponse.

      Bonnes réflexions.

      PL

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