Le Vison d’Europe : un mammifère patrimonial au bord de l’extinction

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Lorsque vous entendez le mot « vison », vous pensez sûrement à l’industrie du luxe et des manteaux de fourrure, ou peut-être aux visons d’élevage impactés aujourd’hui par le virus de la Covid-19 qui leur a été transmis par des soigneurs.

Justement, attention à ne pas confondre le vison d’Amérique, espèce introduite et élevée pour sa fourrure, et le vison d’Europe, espèce native qui vit à l’état sauvage dans certaines de nos régions et est en constante régression depuis le milieu du XXe siècle.

Saviez-vous d’ailleurs que le Vison d’Europe est le carnivore le plus menacé d’Europe et que la France abrite l’une des dernières populations européennes cantonnée au Sud-Ouest du pays ? Partons sur les traces de cette espèce en danger critique d’extinction.

Ce que vous allez apprendre

  • Qui est le Vison d’Europe, petit mammifère souvent méconnu
  • Où et comment vit cette espèce semi-aquatique
  • Comment l’impact des activités humaines menace la survie de ce petit mustélidé
  • Que faire pour tenter de le sauver de l’extinction

Le Vison d’Europe, petit mustélidé très discret et souvent méconnu

Le Vison d’Europe (Mustela lutreola) est un petit mammifère de la famille des mustélidés. 57 espèces composent cette famille à travers le monde et 8 espèces natives sont présentes en France : la Belette (Mustela nivalis), l’Hermine (Mustela erminea), le Vison d’Europe, le Putois d’Europe (Mustela putorius), la Fouine (Martes foina), la Martre des Pins (Martes martes), la Loutre d’Europe (Lutra lutra) et le Blaireau européen (Meles meles).

Sa morphologie

Caractéristiques morphologiques du Vison d'Europe
Caractéristiques morphologiques du Vison d'Europe François Desbordes

Comme tous les membres de sa famille, le Vison d’Europe possède un corps allongé et souple avec des pattes courtes, un cou fort et de petites oreilles dépassant peu de la fourrure. Son pelage est entièrement brun-chocolat avec un poil de bourre gris-brun. Il est caractérisé par la présence d’une tache blanche bien visible sur le museau courant sur les lèvres inférieure et supérieure, cette dernière en croissant de lune atteignant la truffe. Un dimorphisme sexuel est observé en faveur des mâles, qui pèsent en moyenne 870 grammes contre seulement 500 grammes pour les femelles, et mesurent environ 50 centimètres queue comprise.

Ne pas confondre Vison d’Europe, Vison d’Amérique et Putois d’Europe !

Le Vison d’Europe est fréquemment confondu avec le Vison d’Amérique, élevé en France depuis le début du XXe siècle pour sa fourrure, et qui s’est répandu sur certains réseaux hydrographiques français. Les deux espèces ont la même allure générale et la même couleur mais le Vison d’Amérique est plus massif. Le critère de distinction à utiliser est la forme de la tache blanche du museau qui n’atteint pas la lèvre supérieure chez le Vison d’Amérique, et peut être même totalement absente. La ressemblance entre le Vison d’Amérique et le Vison d’Europe entraine parfois des confusions lors des campagnes de lutte contre l’espèce exotique et contribue à la destruction accidentelle de visons d’Europe.

Le Vison d’Europe est également régulièrement confondu avec le Putois d’Europe, qui présente également une tache blanche bien visible sur les lèvres inférieure et supérieure. Toutefois, son poil de jarre est noir, avec un poil de bourre jaunâtre qui contraste bien. Le Putois présente aussi un masque facial et un contour des oreilles plus clairs, mais qui ne sont pas toujours très visibles.

  • Vison d’Europe

    Vison d'Europe
    Vison d'Europe Christian Maurer

    Poids :

    • Mâles : 600 à 1 200 grammes
    • Femelles : 400 à 650 grammes

    Taille (C+Q) :

    • Mâles : 54 centimètres
    • Femelles : 47 centimètres
  • Putois d’Europe

    Putois d'Europe
    Putois d'Europe David Cousson

    Poids :

    • Mâles : 650 à 1 800 grammes
    • Femelles : 450 à 900 grammes

    Taille (C+Q) :

    • Mâles : 55 centimètres
    • Femelles : 49 centimètres
  • Vison d’Amérique

    Vison d'Amérique
    Vison d'Amérique Jean-Valentin Dourthe

    Poids :

    • Mâles : 750 à 2 400 grammes
    • Femelles : 550 à 1 200 grammes

    Taille (C+Q) :

    • Mâles : 67 centimètres
    • Femelles : 57 centimètres

Comportement et reproduction

Cycle de vie du Vison d'Europe
Cycle de vie du Vison d'Europe Cécile Rousse / LPO / LIFE VISON

Les visons d’Europe sont des animaux territoriaux, les sexes vivants séparés la plus grande partie de l’année, mâle et femelle se retrouvant à l’époque du rut qui a lieu entre janvier et avril. Les femelles donnent naissance à une seule portée par an de deux à cinq jeunes entre avril et juillet, après une gestation d’environ 42 jours. La femelle assure seule l’élevage des jeunes, qui sont sevrés après environ dix semaines, et atteignent leur maturité sexuelle l’année suivant leur naissance. Dans le milieu naturel, le Vison d’Europe pourrait vivre jusqu’à 4 à 5 ans, mais compte tenu de toutes les menaces qui pèsent sur lui, son espérance de vie est plus proche de 2 ans.

Son habitat : les zones humides

Exemples d'habitats fréquentés par le Vison d'Europe (cours d'eau agricoles)
Exemples d'habitats fréquentés par le Vison d'Europe (cours d'eau agricoles) Alexis Orseau / LPO

Strictement inféodé aux zones humides, le Vison d’Europe fréquente tous les types de milieux humides : cours d’eau forestiers ou agricoles, boisements inondables, marais, prairies humides, ruisseaux, fossés, jusqu’aux têtes de bassins versants…

S’agissant d’un prédateur généraliste, la présence d’une mosaïque de différents types de milieux humides, offrant une grande disponibilité de proies tout au long de l’année constitue un atout important. En effet, le Vison d’Europe consomme tout type de proies disponibles liées au milieu aquatique. Il se nourrit ainsi d’amphibiens, de petits mammifères, de poissons, d’oiseaux et de crustacés.

Activité et domaine vital

Régime alimentaire du Vison d’Europe
Régime alimentaire du Vison d’Europe La gestion des habitats du Vison d’Europe, Recommandations techniques, 2003

Principalement crépusculaire et nocturne, le Vison d’Europe est très discret et difficile à observer. Le jour, il se repose dans des abris divers, tels que des touffes de Carex, ronciers, systèmes racinaires, tas de branches… La nuit, le Vison d’Europe est actif et parcourt les berges afin de s’alimenter et défendre son territoire. La présence d’une strate végétale basse dense (Carex, joncs, roseaux, ronces, etc.), en milieux partiellement ou entièrement inondés, est essentielle pour garantir des caches et des abris suffisants, notamment pour ses gîtes.

L’espèce est particulièrement exigeante en espace au regard de sa taille, et les domaines vitaux, généralement linéaires le long des cours d’eau, peuvent s’étendre jusqu’à 25 ou 30 kilomètres, ceux des mâles recouvrant le plus souvent le territoire de plusieurs femelles. Ces derniers font par ailleurs preuve d’une grande mobilité en période de rut, les amenant à doubler le linéaire de leur domaine vital ou à changer de bassin versant et se déplacer jusqu’à 70 kilomètres à vol d’oiseau.

Le petit carnivore le plus menacé d’Europe !

Le Vison d’Europe était autrefois largement répandu en Europe, de l’Oural aux côtes atlantiques françaises. Depuis la moitié du XIXe siècle les populations n’ont cessé de régresser, disparaissant de plus de 20 pays et ne laissant plus que quelques zones occupées en Europe de l’est (Roumanie, Russie, Estonie), et en Europe occidentale, dans le sud-ouest de la France et le nord de l’Espagne. De nos jours, le Vison d’Europe a ainsi perdu 85% de son aire de répartition d’origine et plus de 90% de ses effectifs.

Carte de répartition du Vison d'Europe
Carte de répartition du Vison d'Europe IUCN, 2016

En France, au début du XXe siècle, l’espèce pouvait être vue dans une quarantaine de départements français. Au début des années 2000, l’aire de présence du Vison d’Europe ne se limitait plus qu’à sept départements de Nouvelle Aquitaine : Charente-Maritime, Charente, Gironde, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne, et Pyrénées Atlantiques. Les études en cours suggèrent toutefois une nouvelle diminution et une importante fragmentation de l’aire de répartition de l’espèce dans notre pays.

Depuis 2011 l’espèce est classée « en danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge mondiale de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). C’est le dernier stade avant la disparition de l’espèce dans le milieu naturel.

Des menaces principalement liées aux activités humaines

Pendant longtemps piégé pour sa fourrure, le Vison d’Europe est protégé au niveau national depuis 1976, et bénéficie également d’une protection au niveau international. Mais ces mesures n’ont pas suscité de mouvement de reconquête. En effet, l’espèce est soumise à de nombreuses causes de régression essentiellement d’origine anthropique.

Les zones humides, auxquelles l’espèce est strictement inféodée, ont subi au cours du XXe siècle une réduction quantitative et qualitative drastique. Elles sont de plus en plus fragmentées et font encore l’objet de mesures de gestion inadaptées ou de pressions anthropiques très fortes (Intensification agricole, régulation du débit des cours d’eau, développement de l’urbanisation, pollution des eaux), entraînant une réduction des habitats de repos, de chasse, une diminution des proies, voire de la mortalité directe d’individus.

Les ouvrages hydrauliques inadaptés au cheminement des mammifères semi-aquatiques et les routes traversant les grands marais constituent un obstacle majeur pour les déplacements du Vison d’Europe. Ils créent une discontinuité des corridors de déplacement et l’exposent à des risques de mortalité routière en obligeant les individus à monter sur la chaussée pour poursuivre leur chemin. De plus, l’accroissement constant des trafics routiers et la faible densité actuelle des populations du Vison d’Europe, entraînant une mobilité accrue des individus à la recherche d’un partenaire, viennent augmenter ces risques à l’origine d’une importante surmortalité.

Vison d’Europe victime de collision routière
Vison d’Europe victime de collision routière LPO

L’importation en France du Vison d’Amérique, originaire d’Amérique du Nord, au début du XXème siècle pour le commerce de sa fourrure a eu des conséquences désastreuses pour les populations de Vison d’Europe. Des individus de Vison d’Amérique se sont échappés des fermes d’élevage et ont colonisé progressivement le réseau hydrographique français avec succès. Trois populations férales sont actuellement observées : en Bretagne, au sud de la région Nouvelle-Aquitaine et au sud-est de l’Occitanie. Le Vison d’Amérique entre alors en compétition avec le Vison d’Europe puisqu’il occupe les mêmes habitats et consomme des proies similaires. L’expansion de cette espèce exotique envahissante constitue ainsi une menace importante pour les dernières populations de Vison d’Europe présentes dans le milieu naturel dans toute l’Europe. Il constitue également une menace par les risques de confusion entre les deux espèces, voire par la transmission d’agents pathogènes.

Les Mustélidés et le Vison d’Europe sont sensibles à plusieurs pathologies des Carnivores, parmi lesquelles la Maladie de Carré, particulièrement mortelle et qui peut jouer un rôle dans le déclin du Vison d’Europe. Ré-émergente dans de nombreuses populations de Carnivores sauvages, et souvent transmise par des chiens mal ou non vaccinés, elle représente une menace pour l’espèce.

Certains facteurs de surmortalité viennent ajouter des contraintes supplémentaires sur l’espèce : la destruction accidentelle par confusion ou les captures accidentelles de femelles en période de reproduction liées à la lutte contre les espèces déprédatrices, les intoxications secondaires aux anticoagulants utilisés pour lutter contre les rongeurs, ou encore les morsures par d’autres carnivores, généralement domestiques.

Enfin, le Raton-laveur introduit au XXe siècle et qui colonise petit à petit le territoire national, utilise les mêmes ressources alimentaires que le Vison d’Europe et pourrait potentiellement avoir un impact sur l’espèce en tant que compétiteur.

Un point sur la COVID-19

Le Vison d’Amérique d’élevage fait aujourd’hui beaucoup parler de lui, non pas à cause du commerce de sa fourrure mais bien à cause de sa sensibilité à la COVID-19. Afin d’éviter toute confusion, faisons un point sur les connaissances actuelles :

La diffusion du virus de la COVID-19 dans la population humaine est uniquement le résultat d’une transmission interhumaine par voie respiratoire essentiellement. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) précise bien qu’il n’y a pas de rôle épidémiologique des animaux sauvages et domestiques dans le maintien et la propagation du virus en France.

Les visons d’Amérique d’élevage contaminés par la COVID-19 en France ou dans d’autres pays européens, ont été exposés à des personnes infectées qui leur ont initialement transmis le virus, du fait de la forte proximité des soigneurs avec les visons, notamment au moment des mises-bas au printemps. Ensuite, compte tenu de la densité élevée de visons au sein de ces élevages (des milliers d’individus sur une petite surface), le virus a diffusé parmi les animaux, et a été retransmis à des humains à la faveur à nouveau d’une forte proximité avec les soigneurs.

Le risque actuel pour la Faune sauvage non captive, serait que des personnes infectées par la COVID 19 lui transmettent le virus, et non pas l’inverse. Le Vison d’Europe étant une espèce très discrète et difficile à contacter, la probabilité de rencontre fortuite est quasi nulle et donc le risque de transmission du virus de l’homme vers l’espèce à l’état sauvage est quasi nul également.

Toutefois, toute personne amenée à être en contact avec une espèce sauvage doit impérativement mettre en place des mesures barrières adaptées (port du masque et de gants et éviter tout contact prolongé).

Une espèce protégée et réglementée

Le vison d’Europe est strictement réglementé à plusieurs échelles :

  • Communautaire

    Le Vison d’Europe est inscrit comme espèce d’intérêt communautaire prioritaire des annexes II (espèces nécessitant la désignation de zones de protection spéciale) et IV (espèces nécessitant une protection stricte) de la directive Habitats 92/43/EEC.

  • International

    Le Vison d’Europe est inscrit parmi les espèces de faune strictement protégées de (annexe II) relative à la « Conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe ».

  • National

    Le Vison d’Europe est inscrit sur l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire français et les modalités de leur protection (article 2).

Le saviez-vous ? Le vison d’Europe est une espèce parapluie

Une espèce parapluie est une espèce dont les besoins recouvrent ceux de nombreuses autres espèces ce qui permet d’étendre la protection à toutes les espèces qui partagent le même habitat.

Les efforts de conservation apportés au Vison d’Europe bénéficieront ainsi à de nombreuses autres espèces d’intérêt européen, telles que la Loutre d’Europe et la Rosalie des Alpes, et à leurs habitats associés, tels que les forêts alluviales d’aulnes et de frênes.

Le LIFE VISON, un programme de conservation ambitieux

Carte du périmètre d'action du LIFE VISON
Carte du périmètre d'action du LIFE VISON LPO

Sans intervention d’ampleur pour enrayer le déclin de cette espèce patrimoniale, le Vison d’Europe pourrait disparaître d’ici quelques années. Un renforcement des actions est alors nécessaire afin d’éviter sa disparition. Le programme LIFE VISON, soutenu par l’Europe et coordonné par la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) en partenariat avec le CD17 (Conseil départemental de Charente-Maritime) et le GREGE (Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l’environnement) a ainsi débuté en septembre 2017 pour répondre aux menaces immédiates qui pèsent sur l’espèce.

Ce programme, engagé sur 5 ans, est mis en place sur le bassin de la Charente qui représente un secteur d’intervention stratégique et prioritaire pour la conservation du Vison d’Europe en France, car exempt de population établie de Vison d’Amérique. Le projet s’inscrit sur le périmètre de 8 sites Natura 2000, situés sur les départements de la Charente et de la Charente-Maritime.

L’objectif principal du projet est de sauver une espèce en voie d’extinction en France dans son principal noyau de population. Plus spécifiquement, le projet permettra de réduire les causes de mortalité du Vison d’Europe, accroître la disponibilité en habitats favorables, améliorer les connaissances sur cette espèce très discrète et intégrer la conservation du Vison d’Europe dans les politiques locales d’aménagement du territoire.

Des actions concrètes de conservation

Vison d’Europe capturé dans les marais de Rochefort en Charente-Maritime
Vison d’Europe capturé dans les marais de Rochefort en Charente-Maritime Antoine Meunier / LPO / LIFE VISON

Les équipes du LIFE VISON réalisent tout au long de l’année des opérations de détection directe (captures) et indirecte (tunnels à empreintes munis de capteurs de poils et pièges-photographiques) permettant de localiser et de caractériser les noyaux de présence de l’espèce dans le périmètre étudié. L’équipement avec un émetteur de certains individus et leur suivi par télémétrie visent à apporter des informations essentielles pour mieux cibler les actions de protection des habitats (caractérisation des gîtes diurnes, des gîtes de mise-bas et des sites de chasse).

Les connaissances acquises servent notamment à engager des actions de conservation efficaces et ciblées sur les populations du bassin de la Charente :

  • Définition de zones de préemption au titre des Espaces naturels sensibles et acquisition de terrain par le Conseil départemental de la Charente-Maritime visant à restaurer des habitats et les continuités favorables à l’espèce.

  • Encorbellement réalisé sur un ouvrage d’art en Charente-Maritime
    Encorbellement réalisé sur un ouvrage d’art en Charente-Maritime Antoine Meunier / LPO / LIFE VISON
  • Aménagement d’ouvrages d’art pour réduire la mortalité directe par collision routière.

  • Rédaction de plans de gestion simplifiés sur les territoires à enjeux avec des communes volontaires et création de zones refuges, sites favorables au repos, à l’alimentation et à la reproduction du Vison d’Europe.

  • Restauration d’habitats favorables à l’espèce (boisements alluviaux, prairies humides à hautes herbes, frayères et mares).

Radeau à empreintes pour la surveillance du Vison d’Amérique
Radeau à empreintes pour la surveillance du Vison d’Amérique Romain Beaubert / LPO / LIFE VISON

Parallèlement, un dispositif de veille est mis en place en Charente et Charente-Maritime afin de prévenir l’arrivée du Vison d’Amérique et de définir les zones de surveillance du Raton laveur déjà présent sur le territoire. Ainsi, des radeaux à empreintes pour le Vison d’Amérique et des tubes appâtés pour le Raton laveur sont répartis sur l’ensemble des deux départements.

Afin d’assurer une meilleure prise en compte du Vison d’Europe par les acteurs locaux et le grand public, de nombreuses actions sont mises en place telles que l’installation de panneaux d’informations sur les sites, la réalisation d’animations en milieu scolaire, la création de reportages ou encore l’intégration de la problématique Vison d’Europe dans les politiques locales d’aménagement du territoire.

Sur les traces du Vison d'Europe : épisode 1, le contexte

Présentation du programme LIFE VISON

Regarder la vidéo sur YouTube

Tube appâté pour la détection du Raton-laveur
Tube appâté pour la détection du Raton-laveur GREGE

Le Vison d’Europe bénéficie également d’autres programmes de conservation en France. Depuis 1999, la DREAL Nouvelle-Aquitaine a coordonné deux Plans nationaux d’action (PNA) en faveur de l’espèce et a lancé en 2014 un PNA intermédiaire (PNAi), actuellement en cours, qui porte sur 3 actions principales : la mise à jour des connaissances sur la répartition du Vison d’Europe, la poursuite de la lutte contre le Vison d’Amérique et la mise en œuvre d’un élevage conservatoire de Vison d’Europe basé à Zoodyssée et propriété du Conseil Départemental des Deux-Sèvres.

Ainsi le LIFE VISON s’inscrit dans les actions du PNAi avec une mise en œuvre plus complète sur le bassin de la Charente.

Pour conclure

La préservation du Vison d’Europe constitue aujourd’hui un des principaux enjeux de conservation du patrimoine naturel au niveau national. Les efforts entrepris sur le bassin de la Charente par les équipes du programme LIFE VISON pour la sauvegarde de cette espèce doivent être poursuivis sur le long terme.

La France a bien conscience de cet enjeu puisqu’un troisième plan national d’actions en faveur de l’espèce est en cours de rédaction et verra le jour en 2021.

Par ailleurs, le Vison d’Europe fait l’objet de plusieurs programmes de conservations dans d’autres pays européens tels que l’Espagne, l’Estonie, la Roumanie et l’Allemagne. De quoi apporter de l’espoir pour l’avenir de cette espèce.

Portrait de l'auteur

Et vous, pensez-vous avoir déjà aperçu une espèce de la famille des mustélidés ?

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Portrait de l'auteur

Ingrid Marchand

Coordinatrice du programme LIFE VISON — LPO France

Après plusieurs années passées dans le secteur public sur des programmes de gestion de la biodiversité (MNHN, ONEMA, DREAL), elle intègre la LPO en tant que responsable de programme de conservation.

Elle coordonne ainsi depuis 3 ans le programme LIFE VISON, programme de conservation du petit carnivore le plus menacé d'Europe, le Vison d'Europe.

Portrait de l'auteur

Christine Fournier-Chambrillon

Chef de Projet - Docteur vétérinaire — GREGE

Elle s’est engagée dès la fin de ses études dans le domaine de la Faune sauvage travaillant sur le Sanglier dans l'Hérault, puis en Guyane française pour le programme de sauvetage et de translocation de la Faune lié à la mise en eaux du barrage de Petit Saut.

Elle intègre le Groupe de Recherche et d’Etude pour la Gestion de l’Environnement (GREGE) en 1997 et se spécialise dans le suivi biologique et sanitaire des Mammifères, en particulier le Vison d’Europe et le Desman des Pyrénées. Depuis 2017, elle participe activement aux différentes actions du LIFE VISON.

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2 réponses à “Le Vison d’Europe : un mammifère patrimonial au bord de l’extinction”

  1. J’ai déjà aperçu le vison d’Europe 2 fois la même matinée par très loin de la Vallée de l’Issoire, au nord de Confolens. En 2014 je crois.
    Trop rapide pour être pris en photo.
    Gérard

  2. Bonjour. Aperçu ce matin près d’un ruisseau qui traversait la route un vison. Est-il d’Europe ou d’Amérique impossible de savoir. A Cléder 29233. Il n’y a pas d’élevage de vison dans notre secteur.

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