Agriculture et guerre en Syrie du Nord : « Make Rojava Green Again »

Symbole de la résistance contre Daesh, le Rojava (ou Kurdistan syrien) est devenu indépendant en 2013.

Dans un territoire attaqué, sous embargo, en guerre civile depuis de nombreuses années, au cœur d'une région heurtée de plein fouet par le réchauffement climatique, protéger et soutenir la nature est un défi colossal.

Pour s'organiser, pour se nourrir, pour se défendre et pour se soigner, le Rojava ne peut compter que sur ses propres ressources, qui sont pillées et polluées par de nombreuses nations et entreprises capitalistes.

Acteur important de ce projet révolutionnaire d'autogestion démocratique, La Commune Internationaliste du Rojava lance un appel à la solidarité et au partage. Le livre « Make Rojava Green Again » nous invite à faire le pont entre l'utopie et le concret.

Ce que vous allez apprendre

  • Ce qu'est le confédéralisme démocratique
  • Pourquoi cultiver au Rojava est un défi hors-normes
  • Comment la campagne « Make Rojava Green Again » compte soutenir le développement d'une société écologique
  • Comment les puissances voisines et occidentales sabotent ce projet de société

« Make Rojava Green Again » : le livre

Couverture de Make Rojava Green Again
Couverture de Make Rojava Green Again

La Commune Internationaliste du Rojava est un projet d’éco-commune, portée par des internationalistes dans le canton de Derik, en Syrie.

Ils ont eu l’amabilité de nous envoyer un exemplaire de ce livre, disponible aux éditions Atelier de création libertaire et que nous vous invitons à lire sans attendre !

Les informations contenues dans cet article se basent en grande partie sur ce livre, mais ces informations sont confirmées par de nombreuses sources externes (presse, littérature, témoignages, etc.).

Décentralisation, écologie et coopératives

Les théories de Murray Bookchin et Abdullah Öcalan

Portraits de Bookchin et Öcalan
Portraits de Bookchin et Öcalan

Dans les années 1960, un sociologue écologiste et anarchiste met sur pied une théorie sociale et politique basée sur l’écologie.

Dans ses écrits, Murray Bookchin développe son idée principale : les problèmes écologiques sont les conséquences de problèmes sociaux. Pour lutter contre ce phénomène, il recommande de s’affranchir des hiérarchies et des administrations centralisées.

Pour bâtir une société saine et libertaire, il propose de valoriser la morale, la solidarité et bienveillance à travers des structures décentralisée, démocratiques et coopératives.

Son travail a beaucoup influencé Abdullah Öcalan, fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation considérée comme terroriste par de nombreux gouvernements.

La doctrine politique d’Öcalan se nomme le confédéralisme démocratique. Il est basé sur les piliers de l’écologie, du féminisme, du socialisme et de la démocratie directe.

Pour préserver la planète et les sociétés humaines, il propose de s’affranchir des États centralisés et des frontières. Les ressources naturelles et les politiques sociales et économiques devraient être gérées par le contrôle direct des populations locales. Le mouvement est international et multiethnique, mais le Rojava est le premier territoire indépendant à le mettre officiellement en œuvre.

La libération du Rojava

Combattantes des YPJ, les Unités de protection de la femme
Combattantes des YPJ, les Unités de protection de la femme Kurdishstruggle

En 2011, dans le contexte du Printemps arabe, la guerre civile débute en Syrie. De nombreuses factions entrent en conflit armé généralisé. Même au sein de l’opposition au régime, les belligérants ne sont pas toujours en paix. Mais ce conflit n’est pas qu’une révolution, plusieurs pays étrangers ayant des intérêts géostratégiques au Moyen-Orient.

En 2012, les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection de la femme (YPJ) s’opposent au régime syrien, à l’ingérence turque et au Front al-Nosra, entre autres. Cette armée parvient à prendre le contrôle du Rojava, où le Parti de l’union démocratique syrien (PYD) compte développer le confédéralisme démocratique.

En 2014, alors que l’Etat Islamique monte en puissance, les forces kurdes parviennent à les vaincre militairement, jusqu’à les bouter hors de Syrie.

En décembre 2016 a lieu la constitution du Système fédéral démocratique de Syrie du Nord.

En janvier 2018, la Turquie envahit le Rojava et prend le contrôle militaire du canton d’Afrine.

Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne

Couverture de Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne
Couverture de Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce conflit, sur l’organisation de la vie au Rojava ou sur le rôle de la France, de la Russie et des USA dans cette guerre, nous vous conseillons la lecture d’un second livre, disponible aux Éditions du croquant.

Carte du Rojava issue du livre
Carte du Rojava issue du livre Make Rojava Green Again

La mise en pratique

Par la destruction de la région, les nombreux morts et l’exode massif, les structures écologiques, sociales, politiques et économiques du Rojava ont été ravagées.

Ce territoire est riche en pétrole, mais son extraction est très polluante. En outre, l’état des infrastructures ne permet pas de raffiner un pétrole de qualité ou de limiter l’impact écologique des raffineries et du transport : les cours d’eau locaux sont fortement pollués par cette activité. Pour l’heure, le manque de ressources rend les populations locales dépendantes aux énergies fossiles.

Comment, dès lors, le Système fédéral démocratique de Syrie du Nord peut-il mettre en place l’utopie théorisée par Bookchin et Öcalan ?

Pour la vie politique, une structure administrative coordonne les efforts des conseils populaires locaux, qui gèrent les ressources agricoles et énergétiques de manière écologique, autonome et coopérative.

En ce qui concerne l’économie, l’accent est mis sur l’agroécologie et le secteur se développe à travers des coopératives dirigées par les personnes qui y travaillent.

Une milpa (courge, maïs et haricots) dans le potager de l'Académie
Une milpa (courge, maïs et haricots) dans le potager de l'Académie Make Rojava Green Again

La paix sociale, ethnique et religieuse est développée à travers la protection des enfants et des femmes, la parité dans les fonctions de pouvoir, l’éducation, la diplomatie, l’art et la culture.

Comme l’expliquent les auteurs du livre « Make Rojava Green Again », tout ceci n’est possible qu’à condition d’opérer un changement radical dans le rapport des humains à la Nature. C’est pourquoi deux réserves naturelles ont été créées par le Comité pour la conservation de la nature dans le canton de Cizirê : Hayaka autour du lac Sefan et Mizgefta Nû. D’ambitieuses campagnes de reboisement sont menées sur l’ensemble du territoire.

Afin d’économiser l’eau et de renforcer la biodiversité, le Rojava développe l’agroforesterie, la sylviculture et l’agriculture urbaine. La récupération des eaux grises joue un rôle central dans ce nouveau système agricole.

L’ensemble du territoire est assaini par des politiques efficaces de traitement des déchets (compostage, toilettes sèches, ateliers de recyclage et réparation), de construction de bâtiments écologiques en matériaux locaux et de développement des énergies renouvelables.

Extrait du livre « Make Rojava Green Again » à propos de la politique agricole

L’agriculture biologique au Rojava n’est pas possible sans sortir des monocultures et sans réduire la consommation d’eau. C’est pourquoi le Comité de protection agricole a pris un certain nombre de mesures pour diversifier les méthodes agricoles et promouvoir l’utilisation durable de l’eau.

Afin de contrôler l’extraction des eaux souterraines, tous les puits d’eau ont été répertoriés par le comité et il a été interdit d’en forer d’autres à des fins agricoles. En outre, seulement 60% des zones agricoles peuvent être plantées avec des cultures nécessitant une irrigation. Ces mesures ont également un effet positif sur la diversification de l’agriculture, étant donné qu’un plus grand nombre de variétés de semences qui ne nécessitent pas d’irrigation supplémentaire sont maintenant plantées. […]

De plus, les agriculteur·rices sont encouragé·e·s à alterner les cultures qu’ils·elles plantent de manière à laisser les sols se reconstituer.

Le Rojava : un territoire ravagé par la guerre

Croissant fertile et berceau de la civilisation

Carte du Rojava et Carte du Croissant Fertile superposées
Carte du Rojava et Carte du Croissant Fertile superposées MASEJ

Le « Croissant fertile » est une notion bioclimatique avant tout. Les céréales y sont endémiques, ce qui explique que l’agriculture ait vu le jour dans cette région. Par la domestication du blé et de l’orge au Néolithique, puis par la domestication des vaches, chèvres, moutons et porcs, c’est l’Humanité dans son ensemble qui bénéficie de la faune et la flore de Mésopotamie depuis 11 000 ans.

Géographiquement et historiquement, le nord de la Syrie est donc un lieu fertile et propice aux cultures.

Le Croissant Fertile

Des idées reçues sur la naissance de la civilisation jusqu'aux particularités des blés endémiques, la chaine Passé Sauvage propose une vision enrichissante du Croissant Fertile.

En plus de l’agriculture, c’est également dans cette zone géographique, au sens large, que sont apparues la première civilisation humaine, dans la région de Sumer, ainsi que les religions abrahamiques.

Et si, à travers le confédéralisme démocratique, la Mésopotamie était en train de voir naître une nouvelle révolution majeure de l’Histoire ?

Des décennies de combats

L’Histoire plus récente du Moyen-Orient est une histoire d’exploitation et d’invasions.

Des croisades au régime Baas, en passant par l’Empire Ottoman et le Mandat Français, le Kurdistan syrien a été colonisé à de nombreuses reprises. Depuis 1984, le PKK mène une guérilla implacablement réprimée par la Turquie.

Dans un tel contexte, la biodiversité et les sols ont été mis à mal et exploités à des fins productivistes. Non seulement la nature subit des « dommages collatéraux », mais elle a également été volontairement détruite au cours de plusieurs années de sabotages et de politiques écocides.

En parallèle de la guerre, la région subit aussi un embargo. Ainsi, les échanges d’outils, le partage de connaissances et le commerce sont fortement impactés. L’embargo limite la capacité d’innovation et d’adaptation des populations locales.

La pollution résiduelle

Pour cultiver et reboiser le Rojava, les agronomes syriens doivent dépolluer les sols et les cours d’eau. Vaste tache !

L’explosion des obus, les douilles de balles et les armes chimiques ont non seulement eu un impact écologique démentiel lors de leur utilisation, mais elles résultent également en une pollution sur le long terme.

Extrait du livre « Make Rojava Green Again » à propos des pollutions engendrées par la guerre

L’utilisation par la coalition internationale de cartouches d’uranium appauvri sont la cause de graves problèmes de santé, car leurs résidus contaminent l’environnement pendant très longtemps. Les munitions de mortiers, les roquettes et autres armes explosives contiennent des métaux lourds et de la TNT qui sont cancérigènes.

Lorsque ces armes ont été utilisées dans les zones urbaines, par exemple à Kobanê et Hesekê, ces substances se sont mélangées à la poussière des décombres et ont ensuite été inhalées par les habitant·e·s. Elles se sont également répandues dans l’eau et sur les terres agricoles.

Puit de pétrole en feu
Puit de pétrole en feu REUTERS/Azad Lashkari

Le livre nous apprend également comment l’État islamique allumait de géants brasiers, alimentés en pétrole, en plastiques et en déchets divers. Leur objectif étant de créer un énorme écran de fumée opaque et noire, pour se dissimuler lors des raids aériens. Ces feux ont fortement pollué l’air, les sols et l’eau. Dans leur fuite, ils ont également piégé de nombreuses zones avec des mines mortelles tant pour les humains que pour la faune.

Ajoutons à cela les destructions d’installations industrielles qui ont occasionné la libération de nombreux gaz nocifs et produits chimiques dans l’atmosphère.

L’oppression du régime Baas, de l’État islamique et du gouvernement Turc

Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie, a déclaré vouloir se débarrasser des YPG
Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie, a déclaré vouloir se débarrasser des YPG www.kremlin.ru

Le parti Baas (et en particulier la dynastie el-Assad) ont toujours imposé une politique de monoculture (champs de blé et oliveraies, principalement), de déforestation et d’épandage de pesticides, herbicides et engrais chimiques. S’il n’est plus nécessaire de rappeler l’impact des pesticides sur l’environnement, les auteurs du livre nous précisent que ni les ingrédients, ni les consignes d’utilisation n’étaient connus des agriculteurs. De plus, de nombreux pesticides en provenance de Turquie et de Chine sont interdits à l’utilisation dans les pays qui les produisent, car trop toxiques.

Au Rojava, l’utilisation de pesticides est encore importante. Les principaux ravageurs agricoles sont les doryphores, les sauterelles et les infestations fongiques. Ces ravageurs n’étant pas originaires de Syrie, les auteurs du livre accusent le gouvernement turc d’en être responsable.

Make Rojava Green Again
On pense que le gouvernement turc encourage délibérément la dissémination de parasites depuis les terres agricoles de Turquie / Kurdistan du Nord jusqu'au Rojava, en utilisant des produits chimiques qui ne tuent pas les parasites mais les poussent vers le sud, dans les champs avoisinants du Rojava.

La Turquie ne s’arrête pas là lorsqu’il s’agit de détruire les écosystèmes locaux pour nuire aux habitants du Rojava. La construction de barrages en amont (en particulier sur l’Euphrate) prive la région de la majorité de ses ressources hydriques !

L’État islamique a également eu un énorme impact sur les puits du Rojava. En pratiquant une politique de terre brûlée, ses armées ont régulièrement détruit, bouché ou empoisonné les puits sur leur passage.

Présentation de la campagne « Make Rojava Green Again »

Les objectifs de la campagne

La Commune Internationaliste du Rojava poursuit trois objectifs clairement définis :

  • L’éducation

    Par un travail éducatif à tous les niveaux de la société ainsi que des expériences concrètes en milieu naturel, l’objectif est de mettre un terme à l’aliénation des humains vis-à-vis de la nature. Cette approche rejoint le constat de Bookchin quant à l’origine sociale des problèmes écologiques.

    L’alphabétisation et les échanges linguistiques et culturels sont également des piliers du projet communautaire, qui prend forme à l’Académie internationaliste.

  • Les travaux pratiques

    Sur le terrain de l'Académie internationaliste
    Sur le terrain de l'Académie internationaliste Make Rojava Green Again

    Dans ce système social, les êtres humains sont considérés comme étant des forces créatives et efficaces pour l’amélioration des écosystèmes : mettre les mains dans la terre est un aspect inévitable pour mettre fin aux pratiques destructrices de la modernité capitaliste.

    Les intervenants, y compris les internationalistes, sont tous incités à développer un lien profond avec la nature et la société qui les entourent, à travers des projets et des activités de reboisement, de dépollution ou de création de potager dans des écoles locales.

  • La solidarité internationale

    En premier lieu, la publication du livre est un moyen efficace de partager les détails du projet.

    Mais dès les premières lignes, on comprend que la démarche va plus loin que simplement constater l’état du territoire ou donner des précisions techniques. Les auteurs prennent le temps d’expliquer pourquoi ce combat nous concerne toutes et tous et comment il est possible de les aider depuis l’extérieur.

Les projets pratiques mis en œuvre sur place

  • Coopérative arboricole

    La pépinière de la coopérative arboricole
    La pépinière de la coopérative arboricole Make Rojava Green Again

    Afin de lutter contre les prix très élevés des pépinières privées du nord de la Syrie, l’Académie construit une pépinière coopérative à but non-lucratif.

    Les essences sont soigneusement sélectionnées, en prenant en compte la diversité génétique et les besoins en eau et en fonctionnant comme un lieu de recherche pratique.

    Cette coopérative poursuit plusieurs objectifs, le principal étant le reboisement du terrain de l’Académie et de la réserve naturelle d’Hayaka (qui est aussi financée par les bénéfices de la coopérative). La coopérative cherche également à fournir les structures politiques locales en arbres et plantes à bas prix mais à impact social et écologique très positif.

  • Réserve naturelle d’Hayaka

    Reboisement de la réserve naturelle d'Hayaka
    Reboisement de la réserve naturelle d'Hayaka Make Rojava Green Again

    Cette réserve naturelle de 200 hectares est un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales. Les monocultures, les produits chimiques et les guerres ont grandement restreint leurs habitats.

    Les zones forestières entourant le lac Sefan (créé dans les années 1990 par le barrage de 31 cours d’eau) sont des refuges très précieux pour les écosystèmes locaux.

    L’Académie participe à un projet de reboisement des berges, pour la plantation de plus de 100 000 arbres.

  • Gestion des déchets et de l’eau

    Au Rojava, l'eau est une ressource rare et souvent polluée
    Au Rojava, l'eau est une ressource rare et souvent polluée Make Rojava Green Again

    Le compostage des déchets organique est le levier le plus efficace lorsqu’il s’agit de réduire le nombre de déchets à trier. Indispensables à l’agriculture biologique, les différents compostes, engrais et amendements sont également constitués des excréments, des urines et du fumier.

    Les déchets non-organiques (plastiques, métaux, etc.) sont nettoyés et stockés en vue d’une réutilisation future. Le recyclage, la réparation et les projets low-tech permettent de réutiliser un nombre important de matériaux.

    En gérant les différentes eaux selon leurs spécificités, l’Académie limite fortement le gaspillage. En séparant eaux de puits, eaux de pluie, eaux grises et eaux noires et en utilisant des filtres à base de sables et de sédiments, l’Académie estime économiser environ 2 500 litres d’eau par jour !

Création d’une réserve naturelle en temps de guerre

Pour renforcer la biodiversité, planter des arbres est indispensable
Pour renforcer la biodiversité, planter des arbres est indispensable Make Rojava Green Again

Le travail de la campagne « Make Rojava Green Again » consiste à soutenir financièrement les projets écologiques de l’auto-administration et à diffuser la composante écologique de la révolution. L’Académie internationaliste ne gère pas directement la réserve naturelle mais la soutient.

Après la libération de la région, le Comité pour la conservation de la nature de Cizirê a été créé spécifiquement pour la mise en place et la gestion des réserves naturelles. Le Rojava n’ayant plus de forêts primaires, le double objectif consiste à préserver ce qu’il reste de forêts et à reboiser la zone afin de créer des réserves écologiques, habritant chacals et poissons et améliorant la qualité de l’eau.

La création des zones naturelles a été décidée par les comités écologiques travaillant aux différents niveaux de la société (commune, ville, canton et fédération). La protection (surtout de la pêche et la chasse) est discutée entre agriculteurs et villageois. Des gardes de sécurité patrouillent dans la réserve.

Make Rojava Green Again
Les peuples aliénés de la nature sont aliénés d’eux-mêmes et s’auto-détruisent. Aucun système n’a illustré la primauté de cette relation de façon plus claire que la modernité capitaliste, la destruction de l’environnement et la crise écologique allant de pair avec l’oppression et l’exploitation des peuples.

Comment soutenir les écologistes du Rojava ?

Des pompiers tentent d'éteindre les feux que des cellules dormantes de l'État islamique démarrent dans les champs de blé.
Des pompiers tentent d'éteindre les feux que des cellules dormantes de l'État islamique démarrent dans les champs de blé. Commune internationaliste du Rojava

Malgré la victoire contre l’État islamique et l’enlisement de l’offensive turque, le Rojava continue de subir de nombreuses attaques et sabotages. Depuis le début du mois de Juin, plusieurs incendies volontaires ont été démarrés par des soldats turcs et des cellules dormantes de l’EI, détruisant des dizaines de milliers d’hectares de cultures. L’embargo est toujours en vigueur sur l’ensemble du territoire, partiellement envahit par l’armée turque.

Alors que les forces des YPG/YPJ ont joué un rôle de premier ordre dans la guerre contre Daesh et permis la victoire contre l’organisation derrière les attentats du Bataclan, les gouvernements français et étasuniens ne protègent pas le Rojava de la Turquie.

Face à la propagande djihadiste et la montée en puissance d’une organisation patriarcale et reposant sur les énergies fossiles, les nations occidentales se sont révélées impuissantes. Pendant ce temps, les armées kurdes organisaient des couloirs humanitaires pour sauver les Yézidis du Mont Sinjar, résistaient héroïquement à Kobanê et libéraient des esclaves sexuelles et des enfants soldats.

Dans ce combat de David contre Goliath, la brutalité n’a pas eu raison de l’utopie ! Mais au Rojava ou ailleurs, la lutte pour la justice sociale et écologique est loin d’être gagnée.

Même après les combats, la différence est nette entre un système qui priorise le compostage et le reboisement face à un système qui utilise les incendies et les empoisonnements d’eau potable.

À bien des égards, la lutte que mènent les écologistes du Rojava est porteuse d’espoir : résilient, bienveillant et créatif, le confédéralisme démocratique prouve que des alternatives au capitalisme existent et résistent. Mieux que ça : dans une région parmi les plus militarisées et meurtries du monde, il a permis un invraisemblable retour à la paix civile et religieuse.

Ce projet est international et tout le monde est invité à apporter son soutien au Rojava. Vous pouvez commencer par lire le livre « Make Rojava Green Again », qui vous proposera plusieurs moyens d’aider.

Pour conclure

Les défis auxquels font face les populations vivant au Rojava semblent insurmontables. Pourtant, la libération des femmes, l'éducation des enfants et le développement de l'agroécologie s'accompagnent d'un retour à la paix civile et religieuse et d'un reboisement des réserves naturelles.

Au Moyen-Orient, de nombreux pays sont encore dans des situations catastrophiques, que les media et personnalités politiques n'hésitent pas à considérer comme « insolubles ». L'exemple du Rojava pourrait inspirer et apporter un retour à la paix dans cette région. Malheureusement, l'économie de marché ne tolère toujours pas d'alternatives.

Au-delà de ces frontières, c'est l'ensemble du globe qui devrait avoir les yeux rivés sur le Rojava. Pollution des sols, manque d'arbres, pénuries d'eaux, sécheresses et violences militaires : leurs défis actuels sont les défis globaux de demain !

Car partout ailleurs aussi, il est urgent de reboiser des espaces naturels, économiser l'eau et améliorer la gestion des déchets. Il est tout aussi urgent de trouver de nouvelles manières de gérer et d'apaiser les rapports sociaux, politiques et économiques.

Portrait de l'auteur

Le confédéralisme démocratique vous inspire ? Avez-vous déjà cultivé dans des conditions particulières et difficiles ?

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Grégoire Llorca

Chef de projet web — DEFI-Écologique

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Chaque jour, je travaille avec DEFI-Écologique en tentant de répondre à ces questions.

Aider les écologistes à transmettre leur connaissances et savoir-faire, c'est ça mon métier !

Je suis aussi militant pour Alternatiba et ANV-Cop21.

 Grégoire est membre de DEFI-Écologique.

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