Le paillage : beaucoup d’avantages… et quelques inconvénients !

Un sol nu, la nature ne connait presque pas. Le paillage permet de rétablir un équilibre entre contraintes de productions et milieu de production : obtenir le résultat souhaité (légumes, fleurs, aromatiques, etc.) sans mettre le sol à mal.

Mais le paillage ne se limite pas à respecter le sol, il permet de limiter son temps de travail, d'utiliser moins d'eau, de multiplier la présence de microfaune, dont les vers de terre, et donc d'augmenter la croissance des plantes… entre autres choses à découvrir dans cet article !

Dans certains cas cependant, le paillage est une technique à utiliser en connaissance de cause car elle possède également ses inconvénients.

Ce que vous allez apprendre

  • Quels sont les avantages du paillage
  • Comment réaliser un paillage digne de ce nom
  • Quels sont les différents types de paillage
  • Comment les plantes couvre-sol peuvent vous aider
  • Quels sont les limites de l'utilisation d'un paillage

Les avantages du paillage

  • Esthétique

    Un paillage peut être esthétique… car oui, selon le type de paillage choisi on peut très bien travailler le visuel de son potager.

    De beaux poivrons « Golden Treasure » ou de belles tomates « Copia » sur fond de paillis minéral, ça peut faire un effet bœuf !

  • Battance

    Sur un sol nu va facilement se créer une « croute » sous l’effet de la pluie. Ce phénomène, plus ou moins marqué, est désigné par le terme de « battance du sol » et est signe d’un sol dégradé.

    Le paillage évite ce phénomène pour la simple et bonne raison que la pluie ne tombe pas directement sur le sol, elle est amortie par le paillage.

  • Diminuer l’éclaboussure des plantes

    A cela se rajoute la limitation des éclaboussures dues à l’eau tombant directement sur le sol, ce qui réduit le risque de maladie cryptogamiques (maladies causées par un champignon), mais laisse aussi vos légumes plus propres pour la consommation !

  • Evite l’évaporation, limite l’utilisation de l’eau et réduit le temps de travail

    Un paillage retient cette même eau en limitant son évaporation. En effet, grâce au paillage, l’eau reste dans le sol sur une plus longue durée. Plus longtemps disponible pour les plantes, elle leur permet d’avoir un milieu plus propice à leur croissance grâce à l’eau disponible.

    Dans cet objectif, on peut également ajouter de la terre de diatomée à la démarche et maximiser ainsi la rétention d’eau. On réduit donc dans le même temps l’utilisation d’eau d’arrosage ET son temps de travail.

  • Adventice et donc concurrence lumière

    Un paillage réalisé dans les règles de l’art va très fortement limiter la croissance des adventices et autres concurrentes des plantes potagères. Le sol étant recouvert, les indésirables n’ont pas accès à la lumière et n’ont donc pas la possibilité de croître.

    Moins de produits chimiques désherbants → moins de travail → moins d’adventices → moins de concurrence → plus de production !

  • Croissance moyenne en diamètre de ligneux (haie) en fonction du couvert du sol
    Croissance moyenne en diamètre de ligneux (haie) en fonction du couvert du sol Arbres et paysans d'Autan
  • Repousser les ravageurs

    Selon le type de paillage et les problèmes rencontrés dans le potager, il est possible de limiter la présence de certains ravageurs. Par exemple, un paillis de restes de coquilles de noix sera une véritable barrière à la progression des limaces et autres escargots.

  • Microfaune et décomposition

    Dans la catégorie microfaune « auxiliaire » : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n’évoluent jamais sur sol nu. Un paillage permettra leur présence et, du même coup, l’activation en bonne et due forme de votre sol.

    En effet, tous ces décomposeurs de matière organique vont nourrir votre sol et le rendre pour ainsi dire plus fertile.

  • Tampon thermique

    À la tombée du jour, le paillage va jouer un rôle de rétenteur de chaleur.

    Cette dernière sera gardée dans le sol par le paillage qui sert alors de tampon thermique entre la terre et l’air. On augmentera ainsi la vigueur des plantes autant que leur longévité.

  • Lessivage et lixiviation

    L’eau pénétrant dans le sol trop rapidement emmène avec elle nombre d’éléments importants pour lui.

    Le phénomène de lessivage (entrainement de particules solides — ex : argile) et de lixiviation (entrainement de particules solubles — ex : azote) est diminué par la présence d’un paillage qui limite donc l’appauvrissement des sols.

  • Eviter l’utilisation de désherbants chimiques et diminuer le temps de travail

    Un paillage réalisé comme il se doit (sur une terre bien aérée où toutes les adventices ont été retirées avec soin) ne verra quasiment pas de plantes concurrentes à la culture en place.

    En effet, les adventices n’ayant pas accès à la lumière du fait du paillage, elles ne pourront pas pousser. Et voilà que l’on se débarrasse des désherbants !

    Quant à l’eau, le sol étant protégé du soleil et du vent, il s’assèche bien moins vite et permet des économies considérables.

La notion de paillage dans la nature

Désert de roches et de sable
Désert de roches et de sable Jerome Bon

Dans la nature, le sol nu n’existe quasiment pas (hormis les roches ou les déserts).

Il suffit de prendre l’exemple de la forêt et de sa « litière forestière », couche de végétaux (feuilles, mousses, branchages de toutes tailles, humus) recouvrant l’intégralité des sols, pour le comprendre.

Inutile d’essayer envers et contre tout de réinventer la nature : laissez vos sols recouverts !

10 plantes pour recouvrir un sol nu

  1. Sedum couvre sol rouge — Sedum spurium

    Sedum couvre sol rouge -  Sedum spurium
    Sedum couvre sol rouge - Sedum spurium Stan Shebs

    Très résistant aux conditions extrêmes, le sedum couvre sol rouge tapisse littéralement le sol de ses fleurs d’un superbe rouge.

  2. Saxifrage blanc — Saxifraga ardensii

    Saxifrage blanc - Saxifraga ardensii
    Saxifrage blanc - Saxifraga ardensii Meneerke Bloem

    Plante que l’on peut aussi bien mettre en pot, elle se plaira surtout dans les milieux rocailleux.

  3. Oreille d’ours — Stachys lanata ou byzantina

    Oreille d'ours - Stachys lanata ou byzantina
    Oreille d'ours - Stachys lanata ou byzantina Jean-Pol Grandmont

    Plante douce autant à l’œil qu’au toucher, elle est résistante à toutes les conditions de sols et toutes les conditions de sècheresse.

  4. Campanules des murs — Campanula muralis

    Campanules des murs - Campanula muralis
    Campanules des murs - Campanula muralis Wouter Hagens

    Pratique pour recouvrir les bords de murets comme son nom l’indique, elle est aussi rustique que résistante.

  5. Grande pervenche — Vinca major

    Grande pervenche - Vinca major
    Grande pervenche - Vinca major Isidre Blanc

    Les sols ombragés ne lui posent pas de problème et ne lui empècheront pas d’attirer les insectes en recherche de pollen.

  6. Acaena magellanica — Acaena magellanica

    Acaena magellanica - Acaena magellanica
    Acaena magellanica - Acaena magellanica Stan Shebs

    Particulièrement recouvrante, elle apprécie les sols un peu sableux.

  7. Azorella trifurcata — Azorella trifurcata

    Azorella trifurcata - Azorella trifurcata
    Azorella trifurcata - Azorella trifurcata Sten

    A feuilles persitantes, cette plante restera très basse et couvrira le sol tout au long de l’année.

  8. Erigeron de Karvinski — Erigeron karvinskianus

    Erigeron de Karvinski - Erigeron karvinskianus
    Erigeron de Karvinski - Erigeron karvinskianus Kenpei

    Plante peu exigente, elle poussera bien en milieu rocailleux et fleurira tout l’été.

  9. Céanothe rampant — Ceanothus thyrsiflorus repens

    Céanothe rampant - Ceanothus thyrsiflorus repens
    Céanothe rampant - Ceanothus thyrsiflorus repens A. Barra

    Dans les massifs ou près des murets, cette plante se couvrira de bleu à la fin du printemps et, du fait de ses feuilles persistantes, couvrira le sol toute l’année.

  10. Lysimaque — Lysimachia punctata

    Lysimaque - Lysimachia punctata
    Lysimaque - Lysimachia punctata Bjoertvedt

    Si cette plante est fragile face aux escargots et limaces, elle n’aura besoin que de beaucoup d’eau pour s’épanouir.

Les différents types de paillage

  • Feuilles mortes

    Les feuilles mortes sont tout à fait d’à propos pour constituer un paillage dit « végétal ».

    Une fois un minimum humidifié elles tiendront au sol sans problème. On peut viser de 8 à 10 centimètres d’épaisseur (l’équivalent de ce qui tomberait d’un arbre).

  • Tonte de gazon

    Toujours dans la catégorie végétale, la tonte de gazon, souvent disponible en masse, est tout aussi indiquée même si elle se décompose assez rapidement et demande à être remplacée régulièrement.

    Le gazon fermente et peut augmenter la température du sol, mieux vaut donc viser une épaisseur de 1 centimètre qui se décomposera rapidement et que l’on renouvellera.

  • Paille de céréales

    La paille de céréales est très efficace si tant est qu’on en place une couche assez épaisse (5 à 8 centimètres assez tassés).

    Elle a également l’avantage de se trouver relativement facilement.

  • Écorce de pin

    Les écorces de pin se trouvent dans le commerce sans difficulté, il faut néanmoins faire attention aux plantes qui en bénéficieront du fait de l’acidification du sol par les écorces.

  • Bois Raméal Fragmenté

    Gros plan de BRF - Bois raméal fragmenté prêt à l'emploi
    Gros plan de BRF - Bois raméal fragmenté prêt à l'emploi

    Le Bois déchiqueté, aussi appelé Bois Raméal Fragmenté ou BRF ou encore copeaux de bois, est certainement la meilleure des options.

    Il s’agit de récupérer les déchets de taille des haies et de les broyer. C’est une des plus belle valorisation de la haie que l’on puisse faire, mais il convient de le réaliser en fin de saison (à la période de taille… logique !) et, une fois le bois déchiqueté, le placer dans les jours qui suivent.

  • Paillettes de lin

    La paille de lin, également appelée « paillette » parce que bien plus fine, est très appréciée pour son côté esthétique. Prenez garde à bien l’arroser à l’installation pour éviter qu’elle ne s’envole.

  • Toile de coco, toile de jute et feutre de paillage

    La toile de coco, la toile de jute ou le feutre de paillage ont un très bon comportement et permettent par ailleurs des plantations de grande taille.

    Ils existent en rouleau ou en dalle selon les contraintes de terrain.

  • Paillis minéraux

    Le paillage minéral permet de réchauffer le sol et de ne pas avoir à le changer ou à le renouveler chaque année.

    Mais cela veut également dire qu’il faut pouvoir, dans sa tenue de jardin ou d’exploitation, pouvoir se le permettre. Ainsi, hormis le fait qu’il faille sélectionner des plantes à pailler qui aiment particulièrement la chaleur, on pourra aussi en choisir le rendu esthétique.

Un paillis confectionné à base de branches malades ne doit pas être mis au pied des plantes pour éviter tout risque de maladies cryptogamiques (maladie causée par un champignon).

Fougère, prêle, aiguilles de pins et thuya sont réputés antifongiques et peuvent donc palier à ce problème, mais non sans gros risques d’impacter la vie du sol.

Il faudra donc éviter de mettre les restes de paillis de ce type dans le compost ou de les laisser au sol, voire de les enfouir, sans quoi vous allez stopper l’activité de votre sol en réduisant la présence de tous les champignons !

En cela, par exemple, le thuya pose même un véritable problème de retraitement dans les centres de tri. Ensemble, tuons les thuyas !

Le paillage oui, mais…

  • Limitation du réchauffement des sols

    Si le paillage permet de garder la chaleur, posé trop tôt, il empêchera le sol de se réchauffer au printemps.

  • Acidification des sols

    Certains paillis ne sont adaptés à toutes les cultures.

    Le thuya ou les écorces de pins, que l’on pourrait penser comme étant utilisable sans problème, vont acidifier les sols ou risquer de le déstabiliser en tuant les champignons.

  • Périodes de paillage pour éviter la rétention de l’eau, selon le type de sol

    Garder l’eau dans le sol est une bonne chose… mais pas trop. Le paillage peut également étouffer le sol en retenant trop d’eau (surtout en période de fortes précipitations) ou quand le sol en retient déjà lui-même.

    Un sol gorgé d’eau ne verra pas de microfaune se développer.

  • Sans culture, favoriser le couvert vivant

    Si le sol doit rester nu pour une raison ou pour une autre ou si, comme lors du point précédent, on a un sol présentant beaucoup d’eau, il faudra favoriser un couvert vivant pour faciliter l’évacuation de l’eau en surplus.

  • Certaines plantes n’aiment pas le paillis

    Certaines cultures demandant peu d’eau (ail, oignon, échalotes) et n’apprécient donc pas le paillage.

    Dans la même veine, les jeunes plants seront pour la plupart ravi de voir le paillage arriver… 7 ou 10 jours après plantation.

  • Pas de replantation

    Les plantes paillées ne peuvent pas se ressemer elles-mêmes.

Comment pailler

Transport de paille - Engin de chantier déplaçant une grande quantité de paille
Transport de paille - Engin de chantier déplaçant une grande quantité de paille Gila National Forest

Avant de réaliser votre paillage, préparer la terre est essentiel notamment en la grattant un peu, mais surtout en faisant en sorte d’avoir tout désherbé au préalable.

C’est au moment de ce désherbage que vous sentirez, à la main donc, si la terre s’est déjà réchauffée ou non (pas de paillage sur sol gelé).

S’il faut faire attention à ne pas étouffer vos jeunes plants avec votre paillis, vous pouvez aussi en rajouter au fur et à mesure. Le paillage se dégrade de toute façon en cours de saison (hormis le minéral), nécessitant des rajouts.

Essayez de maintenir un paillage végétal de 6 à 10 centimètres d’épaisseur, n’hésitez pas !

Arrosez bien votre paillage lors de son installation pour éviter qu’il ne s’envole et pour faire en sorte qu’il commence à participer de la vie du sol. Faites bien attention à ce que le paillage reste un minimum aéré pour éviter d’étouffer le sol en dessous.

Pour conclure

Les paillages sont réellement pleins d'avantages, c'est un fait. Nombres de solutions existent autant pour le particulier souhaitant être cohérent avec son potager, que pour le professionnel qui a ses contraintes de terrain.

Il faut cependant éviter quelques erreurs et bien entendre que c'est une connaissance de notre sol qui fera la différence… comme souvent.

Reste à creuser la façon dont il faut mettre tous ces paillis en place, mais j'imagine que vous avez des retours d'expériences à nous faire ?

N'hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires ci-dessous !

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Julien Hoffmann

Rédacteur en chef — DEFI-Écologique

Fasciné depuis 20 ans par la faune sauvage d'ici ou d'ailleurs et ayant fait son métier de la sauvegarde de celle-ci jusqu'à créer DEFI-Écologique, il a également travaillé à des programmes de réintroduction et à la valorisation de la biodiversité en milieu agricole.

Il a fondé DEFI-Écologique avec la conviction qu'il faut faire de la protection de l'environnement un secteur économique pour pouvoir réellement peser sur les politiques publiques.

 Julien est membre de DEFI-Écologique.

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33 réponses à “Le paillage : beaucoup d’avantages… et quelques inconvénients !”

  1. Je suis content d’avoir lu cet article. Déjà sensibilisé à la permaculture et autres astuces pour épargner son sol, la nature, son temps de travail, etc. je lis souvent ce genre d’article mais je ne vois que rarement les inconvénients à prendre en compte pour optimiser l’usage du paillage…

    • Merci pour ce commentaire ! Nous essayons d’être objectif au possible. Connaître les inconvénients d’une technique c’est, pour nous, se donner les moyens de l’utiliser au maximum…

  2. Bonjour, l’article est plutôt complet. Néanmoins j’aurais rajouté le foin comme mode de paillage car idéalement il doit protéger et nourrir la microfaune du sol et pour cela le foin et l’un des plus complet . Cela dit merci pour cet article qui m’aura tout de même permis d’apprendre certaine choses.

    • Effectivement, le foin est également une solution de paillage. Nous avons cependant décidé de ne pas l’aborder ici pour sa complexité à l’utilisation… Au mauvais moment et selon les quantités, les problématiques de faim d’azote et autres sont en effet plus délicates à gérer et mériteraient presque un article entier sur le foin dans son intégralité 🙂 Merci de votre commentaire en tout cas, il est tout à fait pertinent et apporte un plus au contenu !

  3. bonjour merci pour votre article je cherche depuis un moments un article sur la décomposition du bois en forets . je suis toujours a la recherche de matériaux naturels pour embellir et nourrir mon jardin en me promenents dans les bois je me suis aperçus qu avec la décomposition du bois j avais différentes couleurs vivent allant du blanc au rouge vif pour faire mon paillage je m éclate et prend beaucoup de plaisir a trouver dans la nature se qu il me faut pourquoi dépenser des fortunes quand il nous suffit de regarder autour de nous tout en respectant notre environnement merci a bientôt isa

  4. Très intéressant, je pratique le paillis permanent depuis bientôt 4 ans et franchement c’est top et pour certaines cultures c’est franchement génial, en particulier pour la pomme de terre 🙂 Quelques remarques par rapport à ma pratique: * en anticipant un peu, c’est une bonne manière de démarrer une nouvelle zone de culture * je paille même l’ail, oignon et échalote sans constater d’effet néfaste (ma terre étant argileuse, elle retient pas mal l’humidité mais ça a pas l’air de poser problème) * au fil des années, j’ai constaté un changement de la terre, elle est bien plus grumeleuse, la couleur a un peu changé aussi et ça grouille de vers de terre 🙂 J’ai pas donné un coup de fourche bêche au potager depuis presque 3 ans! * un paillis bien épais empêche la germination mais pas les plantes de se resemer. Il suffit que l’épaisseur du paillis diminue un peu pour voir plein de trucs germer et certaines plantes passent à travers un paillis un peu épais * sur l’acidification: j’ai lu je sais plus où que ça prenait beaucoup du temps et qu’il fallait beaucoup insister pour que ça se produise. Mais par précaution, je mets un paillis acide (broyat de thuyas) au pied des plantes de terres de bruyère (hortensias) et un peu au pied des rosiers. Au pied des hortensias, même avec ce type de paillis la terre “s’améliore” et je vois beaucoup de mycorhize dans la paillis et plein de vers de terre. * enfin pour le réchauffement de la terre au printemps je procède de la manière suivante: à l’automne, en règle générale je paille qu’avec une bonne couche de feuilles mortes que je broie à la tondeuse. ça accélère la décomposition, et en principe au printemps, le peu qui reste n’empêche pas la réchauffement et fonction de “mon plan” de culture, je repaille certaines zones et d’autres pas.

    • Merci pour vos retours d’autant qu’effectivement l’idée de tabler sur la décomposition du paillage durant l’hiver est vraiment intéressant quoi qu’à calculer pour le maîtriser. Quoi qu’il en soit lors de la prochaine refonte de l’article afin de le mettre à jour nous tiendrons compte de vos remarques et fouilleront cela plus avant.

  5. Bonjour, merci pour cet article très intéressant mais j’ai quelques petites questions. Je fais des études d’agronomie et j’ai pu aborder la science du sol et diverses techniques d’agriculture. J’ai pu lire un peu plus haut que le paillage végétal avec du foin était complexe dû au fait notamment de devoir gérer la faim d’azote mais est-ce uniquement pour le foin ou d’autres végétaux possède un coefficient carbone/azote supérieur en carbone ce qui entraîne un risque de faim d’azote ? Je souhaiterais réaliser un test de paillage pour de la viticulture biologique cependant mon père me répète que c’est trop risqué à cause de la faim d’azote et cela risquerait d’entrainer une baisse de production voir pas de production. Cependant le fait du paillage limite la lixiviation, est-ce que ce phénomène peut équilibrer la balance avec la faim d’azote sachant qu’on réalise des apports en engrais biologique. Qu’en pensez-vous ? De plus je possède un potager que je viens de labourer tout en y incorporant de la fiente de poule (ce que nous faisons chaque 2-3 ans). J’ai réaliser par la suite un paillage en plastique pour réaliser les cultures dessus mais je souhaiterais rajouter du paillage végétal entre les rangés et au pied des plantes afin de limiter les adventices et permettre un apport en matière organique. Le broyat végétaux est essentiellement du palmier, de l’olivier, du figuier et des roseaux, est-ce que je risque une faim d’azote? Merci d’avance pour vos réponses et vos futurs éclaircissements et si vous avez des articles permettant de mieux comprendre le phénomène de faim d’azote et comment y pallier, je suis preneur. Cordialement Loïc KOCH

    • Bonjour et merci pour vos questions ! Pour ce qui serait d’autres végétaux au coef carbone/azote supérieur en carbone, oui, il en existe, mais de ceux que vous aller utiliser au potager ou même dans vos vignes (sauf à importer), peu. De toute façon ce n’est pas autant le matériaux lui-même qui compte que la période de mise en place et le fait qu’il soit sec ou non. C’est pour cela que je parlais de complexité 🙂 Concernant vos vignes, il faut prendre garde car, contrairement à ce que dit votre père, un bon paillage risque plus de les faire pisser que de leur diminuer leur production. Encore une fois le paillage est à utiliser avec délicatesse entre période de mise en place, type de paillage, durabilité, etc. L’idéal à mon sens en viti et en matière de paillage, est de faire un semis direct de légumineuse (ou autre selon que vous ayez une semelle de laboure à traiter ou non, etc.) couplé à une céréale et de coucher tout cela à l’aide d’un rolofaca: https://blog.defi-ecologique.com/rolofaca-conservation-sols/ J’ai eu l’occasion de faire plusieurs essais comparatifs en la matière et, clairement, le paillage notamment au rolofaca, active la vie des sols dans la culture pérenne (votre premier problème pour moi) qu’est la viticulture.

      • Bonjour Monsieur Hoffmann, Merci pour votre réponse. Cependant quel période préconisez vous pour la mise en place d’un paillis et mieux vaut-il qu’il soit vert ou sec ? Que ce soit pour le potager ou la viticulture. Par contre je n’ai pas très bien compris votre phrase “un bon paillage risque plus de les faire pisser que de leur diminuer leur production” concernant la viticulture, qu’entendez-vous par “les faire pisser” ? Après concernant votre technique de semis direct et de les coucher au rolofaca est très intéressante mais dans le cadre d’une vigne en AOC, la réglementation exige qu’il faut que se soit de la monoculture, certes comme vous les coucher et que vous les récolter pas ça en est. Mais il faut aussi que le sol soit “à nu” pour permettre la réverbération de la chaleur et lumière sur les grappes de raisin. De plus du à cette AOC nous ne pouvons arroser et si nous faisons se semis direct pour qu’il pousse il lui faut un minimum d’eau. Il y a aussi le fait que les sols sont assez pauvres en matière organique, par endroit beaucoup de pierre, d’autre le sol est sablonneux, d’autre un peu argileux,… C’est pour cela que je pense que le meilleur compromis entre le labour et votre technique de semis direct, c’est le couvert végétal mort. qu’en pensez-vous ? Pour ce qui concerne le problème de faim d’azote, possédez-vous des articles sur les facteurs le déclenchant et/ou sur les coefficients d’azote/carbone des végétaux ? En vous remerciant déjà des précédentes précisions que vous m’avez apporté. PS : Si ce n’est pas indiscret, pourrais-je connaitre votre formation/diplôme ? Cordialement Loïc KOCH

        • Que de questions, c’est une étude que vous me demandez de réaliser !! Je vais répondre de manière un peu courte, je m’en excuse par avance. Pour l’expression “faire pisser la vigne” je pensais vraiment que l’expression était courante en viticulture quand on parle de faire de forts rendements jusqu’à dépasser les quotas. Oui le couvert mort est un compromis, mais est-il cohérent ? L’importation de matière à un coût (prod, transport, déploiement, écologique, etc.) et peut comporter des risques (fonge, ravageurs, invasives, etc.). De livre spécifique non, cela se saurait 🙂 Mais commencez peut être par “SYSTEMES INTEGRES UNE 3E VOIE EN GRANDE CULTURE” > https://www.amazon.fr/SYSTEMES-INTEGRES-VOIE-GRANDE-CULTURE/dp/2855572398/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1525937921&sr=8-1&keywords=une+troisi%C3%A8me+voie+en+grande+culture Enfin, pour ce qui est de votre “PS”, j’ai une formation initiale en comptabilité et suis, pour tout le reste, autodidacte. Au plaisir de vous lire,

  6. Bonjour Julien, avez-vous expérimenter le paillage de miscanthus ? Pour moi c’est le meilleur paillage que j’ai trouvé et que j’utilise. Tout le problème réside dans l’approvisionnement. Pour ma part j’ai la chance d’avoir un producteur à 30 km et je peux donc m’approvisionner en bag de 1000 lt (couverture de 500 m2 avec). Je note que les végétaux apprécient et sont “à l’aise” avec. Pas de fin d’azote, peu voir très peu de limaces dessus, bonne rétention d’eau et maintien de cette eau, pas de problème de trop d’eau, décomposition très lente (3-5 ans) et donc juste à combler là où il y a manque, économique par rapport à d’autres paillages (lin, chanvre).

    • Bonjour, Non je n’avais pas encore eu de retours d’expériences en la matière… Quelle partie de la plante vous utilisez car les tiges qu’il produit sont longues si je ne m’abuse et cela peut être contraignant si on parle d’un potager privatif non ?

  7. Article intéressant, mais j’ai des champignons ds mon paillage de foin de brebis, et je ne sais si les champignons près des légumes sont une bonne chose. Merci de votre réponse.

    • Bonjour, Les champignons ne posent pas de problèmes, ils participent au cycle de décomposition des excréments de vos brebis. Il faut cependant faire attention à ce que le milieu (la paille donc) ne soit pas non plus humide au point de transmettre oïdium et autres à vos plants !

    • Bonjour et merci ! On pourrait presque croire que nous avons atteint notre objectif… Mais non, nous continuons à augmenter, améliorer et travailler nos contenus ! En tout cas encore une fois merci pour vos retours et les encouragements sous-jacents !

  8. L’article pointe bien les nombreux avantages du paillage mais un inconvénient majeurs de la paille c’est que les limaces adorent ça ! Par ailleurs, il me semble important de différencier un potager de particulier (de loisir) et le cas d’un maraicher professionnel. Ce n’est pas pour rien que la très grande majorité des maraichers bio utilisent des systèmes de “paillage” plastique (étanche, micro-perforé, tissé ou autre). Un paillage végétal est toujours beaucoup plus cher, et sa mise en place beaucoup plus longue. Sachant qu’il faut aussi retirer le paillis pour les amendements (fumier et/ou engrais verts) ce qui prend énormément de temps quand cela se fait manuellement. D’après plusieurs amis maraichers bio, le paillage végétal c’est 4 à 5 fois plus cher et la même chose en temps de travail. Je suis une fervente partisane des paillis végétaux mais l’appliquer sur des surfaces importantes dans un cadre pro est une autre affaire ! Si les consommateurs acceptaient de payer à leur juste prix les produits issues de pratiques très respectueuse de la nature mais qui demande beaucoup de travail, je pense que bcp de maraichers bio seraient ravi d’abandonner les “paillages” plastiques…

    • Bonjour,

      Que ce soit dans un cadre particulier ou pro l’utilisation du paillage est la même et je ne comprends pas ce que vous entendez par retirer le paillis des amendements. Si vous faites référence à l’utilisation de fumier en tous genres issues de litières animale usant de paille, ça n’a tout bonnement rien à voir.
      Quant au prix du paillage végétal c’est là encore une approximation puisque de toute façon le prix de la paille change autant selon les régions que selon les années et que, quand cela constitue un réel problème en réalité le point de bascule peut vite être franchit en semant ses propres céréales !!
      Pour notre part nous appliquons la technique du paillage végétal sur une exploitation pilote dans laquelle nous menons également formations et expérimentations avec des rendements élevés d’une part et une rentabilité au rendez-vous sachant que nous ne trouvons ni plus ni moins de limaces sous les bâches des voisins que sous notre paillage… à ceci près que chez nous on trouve des orvets, des musaraignes dans nos buttes de culture et des lézards le long de nos aménagements en pierres sèches prévues à cette effet ce qui nous voit bien moins impacté (- 20% environ sur les données relevées les 4 dernières années).

      Encore une fois article après article vous ne cessez de commenter de manière critique en ne citant que “des amis” ou des “connaissances” mais sachez que ce blog n’a pas vocation à faire tribune aux “à-peu-près” dogmatiques.

  9. Bonjour,
    J’ai découvert votre blog en suivant le lien vers l’article « Le lierre, une arme … »
    Je m’y suis ensuite agréablement promenée et découvert des articles très intéressant, approfondis, bien documentés.
    Je suis une jardinière amateur passionnée, avec un petit terrain, très difficile dans les Corbières maritimes (remblai, sécheresse, vent violent, sol plutôt mort,…) mais très motivée, j’arrive cependant à lui redonner vie peu à peu.
    J’ai deux questions suite à cet article :
    – Je découvre l’intérêt de la terre de diatomée pour augmenter la capacité de rétention en eau qui me semble un gros atout pour ma région. Mais en faisant des recherches pour en trouver, j’ai lu qu’elle avait également des propriétés insecticides et pouvaient causer la mort de toutes sortes d’insectes. Du coup, j’hésite à l’utiliser. Pourriez-vous me donner votre avis SVP ?
    – Le paillis d’écorces ou d’aiguilles de pin est certes acidifiant, mais ne pourrait-il permettre ainsi de rééquilibrer des terrains très calcaires ? J’ai commencé à l’utiliser avec parcimonie, notamment pour pailler les allées (dans l’idée de favoriser la continuité hydrique avec un paillage qui parvient plus ou moins à résister au vent …)
    Merci par avance si vous pouvez répondre à mes questions
    Cdlt
    Christine

    • Bonjour et merci pour votre retour !

      Concernant la terre de diatomée oui, c’est une réalité… Vous pourrez en apprendre plus ici > https://blog.defi-ecologique.com/terre-de-diatomees-maraichage-aviculture/

      Pour ce qu est du paillage “acidifiant” il peut effectivement servir à contre-balancer un sol trop calcaire, c’est un fait. Nous ne le conseillons pas comme tel dans cet article parce que la chose n’est pas aisée… Il faut en effet être capable de comprendre quel volume de ce type de paillage est utilisable sans pour autant bouleverser tout votre sol !

      • Bonjour Julien et merci pour votre réponse.
        J’avais survolé votre article sur la terre de diatomée, et viens de le relire plus attentivement. Je comprends qu’il est « insecticide » contre les insectes rampants, et pas les pollinisateurs. Très intéressant ! Avez-vous un conseil pour s’en procurer (producteur éthique 😉 )
        Quant à l’utilisation des broyats, écorces de pin, je comprends bien que son utilisation est délicate. Je continue à expérimenter, petit bout par petit bout, et à observer les résultats.

        Merci encore
        Bonne journée
        Christine

        • Bonjour Christine, merci pour le suivi et ces retours d’articles! La terre de diatomée amorphe dispose d’une action de contact, létale potentiellement pour tout insecte. Pour vous donner une idée elle est même efficace contre les frelons! Son impact sera fonction de l’endroit où elle sera disposée, de la période de mise en place et du fonctionnement de l’insecte. Bref, la terre de diatomée est efficace est intéressante, il faut juste la mettre en place en prenant en compte l’environnement 🙂 En extérieur elle sera rincée naturellement dans le temps. Belle journée. Yannick de DEFI-Ecologique

  10. N’ayant pas un grand jardin, mais quand même un potager, j ai récupéré à l automne les feuilles des arbres tombées dans les rues et parc avoisinants. J’avais au moins 10-15cm de feuilles pressées sur tout le potager.
    Au printemps j ai été surprise, il n’en restait que 3 ou 4 cm, les feuilles du dessous étaient de petites paillettes faisant le festin des vers de terre. Par contre au printemps j’aurais dû pousser ces feuilles dans les premières semaines de plantation : les limaces on dévoré les jeunes plans qui avaient poussé en intérieur. A ce moment, j ai acheté de la paille à un centre équestre (ils en achètent toujours en trop au cas où l hiver serait trop long), et au printemps il n’y a pas de feuilles mortes !
    Une belle récolte et pas trop d arrosage en été malgré les 2 mois de sécheresse.

  11. Bonjour, moi je fais de la sciure de bois en va dire lamelles c’est à dire que je prends un morceau de rondin de bois , chêne, hêtre etc… et je tronçonne en longueur me donnant ainsi de la très belle sciure que je mets en paillage…Salut Andy

  12. Bonjour je fais mon 1er potager et j’hésite à mettre un paillage sur les plants de tomates
    Qu’en pensez vous ?
    Merci beaucoup pour votre aide

  13. Bonjour,

    Peut on se servir des plants d’herbacés séchés des années précédentes ?
    De tous types, plantes ornementales comme potagères ?

    Cordialement

    • À priori oui, mais il faut s’assurer à la fois qu’aucune de ces plantes ne puissent être envahissante si elle reprend (graines, etc.) ou qu’elle n’est pas du genre inhibitrice (comme avec l’exemple du thuya)

  14. Je hais le thuyas, véritable béton vert et m’afflige de le voir planter même à la campagne ! Mais c’est un organisme vivant et je ne lui souhaite pas la mort.(cf ” ensemble tuons les thuyas” de votre article.
    Pour ma part, j’ai ébranché la haie de mon jardin et ai gagné plus d’un mètre de mon coté et le lierre s’est épanoui sur les troncs et entre eux pour me faire un beau mur de lierre fleuri où nichent passereaux et où batifolent butineurs en automne lorsque les fleurs se font plus rares,! Mon voisin a son mur de béton vert de son côté et tout le monde est content :).
    D’un défaut j’ai fait un avantage … Comme au judo, il faut savoir utiliser la force de l’adversaire …
    Bonne journée à tous.

  15. Excellentes et utiles indications sur le paillage !
    Toutefois, en ce qui concerne le « proverbe français » que vous citez, permettez-moi de rectifier : l’auteur de ce proverbe n’est autre que Jésus-Christ, stigmatisant ainsi ceux qui critiquent les autres, sans voir qu’ils ont eux-mêmes plus de choses à se reprocher. Relire l’Évangile : ce n’est pas très long, et très profond.
    Bien cordialement

    • Contextualisée ainsi il est vrai que la citation n’a pas lieu d’être dans cet article.
      Pour ce qui est de lire (le “re” n’ayant pas lieu d’être), nous avons foule d’auteurs de science fiction plus intriguants et bien plus recommandés à dévorer avant.
      Merci de votre commentaire,

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