Beaux, d’ailleurs ? Les espèces exotiques ne le sont qu’un temps

Cet article est issu d’un livre qui présente la vie et l’histoire de 30 espèces sauvages dites exotiques, dont certaines cataloguées « invasives ». Il propose aussi des questionnements autour de leurs soi-disant impacts, ainsi que des réflexions autour de nos visions subjectives à propos du vivant, avec ses aimés et mal-aimés, et de nos envies de ce que devrait être la « Nature ».

Ces envies (ce récit ?) nous font piloter (gérer) ou imaginer le vivant et les espèces, au détriment des individus.

Ce que vous allez apprendre

  • Se questionner de façon plus objective autour du concept d'espèces exotiques
  • Accentuer notre éthique et nos approches philosophiques vis-à-vis du vivant
  • Nous méfier de nos biais cognitifs dits de raisonnement

Le saviez-vous ? Une histoire d’immigration

D’ici ou d’ailleurs, les espèces qui nous entourent bougent et vivent, exotiques ou non. Voici un pan de la belle et véritable histoire de la biodiversité.

Savez-vous par exemple que nous avons fait venir les chats du Moyen-Orient, que les châtaigniers sont plutôt grecs et cultivés en France par l’Empire romain, que les coquelicots ont suivi nos champs depuis l’est de la Méditerranée ou que les faisans de nos campagnes sont tous originaires d’Asie ?

Existerait-il des espèces moins valables que d’autres ? Selon qui ? Selon quoi ?

Butez-les jusque dans les chiottes, disait finement Vladimir Poutine. Oui, c'est douteux.
Butez-les jusque dans les chiottes, disait finement Vladimir Poutine. Oui, c'est douteux. Cyril Ruoso

La liste des espèces exotiques envahissantes (EEE) marque au fer rouge de nos inquiétudes de nombreux individus pour la place qu’ils occupent, leur adaptabilité ou encore la rapidité de leur installation. Si la définition du concept des EEE est difficile, voire impossible, voici quelques-uns des critères retenus pour les qualifier ainsi. L’espèce doit avoir été introduite par l’homme, volontairement ou accidentellement, hors de son aire de distribution naturelle, depuis moins de 10 000 ans (début de l’Holocène) pour les animaux et après l’an 1 500 pour les plantes ; son installation et sa propagation menacent les écosystèmes, habitats et espèces indigènes, et ont des conséquences écologiques, sanitaires ou économiques.

L’archéologie nous a montré que les Homo sapiens maîtrisent le vivant depuis longtemps, par la chasse comme par la maîtrise des végétaux, y compris des forêts du monde entier. Nous savons également que nos ancêtres sont arrivés d’Afrique, il y a 55 000 ans environ, puis se sont installés un peu partout dans le monde, entraînant des conséquences écologiques, sanitaires ou économiques sur les écosystèmes planétaires et leurs habitants. À ce titre, en étendant quelque peu les critères, nous sommes donc nous aussi une EEE. Cependant, cette définition est issue de notre subjectivité, de notre vision de la nature et nous permet de nous exclure de cette stigmatisation.

Autrefois, être exotique pouvait être bien vu. Depuis le Néolithique au moins, nous avions plaisir à déplacer et introduire des espèces pour le troc, l’alimentation ou l’ornement. Plus récemment, dans un monde aux déplacements nombreux et aux environnements abîmés, certaines espèces venues d’ailleurs ont pu s’installer dans de grands espaces attirant davantage notre attention. Si des milliers d’espèces arrivent chaque année, peu d’entre elles réussissent une installation pérenne.

Cyril Ruoso, photographe animalier

Portrait de Cyril Ruoso
Portrait de Cyril Ruoso Cyril Ruoso

Cet article a été co-écrit avec Cyril Ruoso, plusieurs fois distingué par le concours du Wildlife Photographer of the Year. Il collabore à de nombreux magazines, en France comme à l’étranger.

Le premier ouvrage de référence sur le sujet parait en 1958 (Charles Sutherland Elton, The Ecology of Invasions by Animals and Plants), il faut pourtant attendre la fin des années quatre-vingt-dix pour que la notion d’espèce envahissante devienne une réelle préoccupation en France. Jusqu’alors, nous nous satisfaisions d’avoir introduit des mélèzes japonais dans le Cantal, des châtaigniers dans les Cévennes ou des lapins et des faisans un peu partout. Alors que les recherches, études et ouvrages se multiplient, il est dit que les espèces envahissantes seraient la troisième cause de la « perte de biodiversité » sur Terre.

Cette analyse est parfois vraie sur quelques îles, mais elle ne correspond pas à la situation sur les continents où aucune espèce n’a disparu à cause d’une autre. La disparition d’espèces n’est pas inhérente à l’arrivée d’autres et la plupart des écosystèmes ont de grandes capacités d’accueil et de résilience. Mais notre culture, notre vision du monde et notre cosmogonie sont mises à rude épreuve lorsque des individus étrangers s’installent, modifient parfois nos paysages, nos habitudes, notre économie et bousculent ainsi notre culture. Pour y faire face, Homo sapiens est mal armé intellectuellement : les changements sont synonymes d’inquiétudes et nous tendons alors à appliquer un « principe de précaution » qui s’avère généralement très meurtrier vis-à-vis des êtres vivants. Ce rejet systématique des espèces venues d’ailleurs est cependant de plus en plus controversé et bousculé. En plus de certains gestionnaires de la nature, des philosophes, sociologues, psychologues, artistes et bien d’autres tentent d’apporter un autre regard sur ce sujet transversal. En revanche, pour le public souhaitant s’informer, les visions tranchées ne facilitent pas la tâche.

Temps de prendre de la hauteur sur le frelon à pattes jaunes ?
Temps de prendre de la hauteur sur le frelon à pattes jaunes ? Cyril Ruoso

S’il existe quelques rares cas ennuyeux pour nous (espèces très envahissantes à court terme et allergènes) ou pour notre vision conservatrice de la nature (espèce occupant l’espace ou s’hybridant avec une locale), les informations et les médias mettent souvent l’accent sur nos inquiétudes. Le traitement médiatique des frelons asiatiques en est un bon exemple. Ainsi peut-on trouver au même rayon d’une librairie, des livres diamétralement opposés, comme « Les invasions biologiques : un danger pour la biodiversité » ou « La Grande Invasion ». Qui a peur des espèces invasives ? Ce sujet est très instructif tant il met en lumière nos différentes visions, projections ou fantasmes, des concepts de « nature » ou de « biodiversité ». Il agit ainsi comme une loupe sur des valeurs héritées de notre culture et de notre histoire évolutive.

En effet, jusqu’à preuve du contraire, le monde n’a pas d’autre sens que celui que nous lui apportons. Puisque l’évolution nous a sélectionnés avec l’égo et le centrisme utiles à notre survie, l’idée que nous nous en faisons est subjective et centrée autour de nos intérêts. S’y ajoute notre forte propension à simplifier la complexité du monde, par paresse intellectuelle, en le réduisant à des situations manichéennes de bien ou de mal.

François Lasserre
La disparition d’espèces n’est pas inhérente à l’arrivée d’autres et la plupart des écosystèmes ont de grandes capacités d’accueil et de résilience. Mais notre culture, notre vision du monde et notre cosmogonie sont mises à rude épreuve lorsque des individus étrangers s’installent, modifient parfois nos paysages, nos habitudes, notre économie et bousculent ainsi notre culture.

Beaux d’ailleurs

Couverture du livre Beaux D'ailleurs
Couverture du livre Beaux D'ailleurs Belin

Une majeure partie des plantes et des animaux qui nous entourent sont de grands voyageurs, arrivés naturellement ou transportés par nos soins, parfois de très loin et depuis longtemps. Certains nous sont si familiers qu’ils font désormais partie de notre patrimoine, alors que nous rejetons ceux qui sont arrivés plus récemment.

En révélant l’histoire et les secrets de trente espèces exotiques, parfois déclarées « envahissantes », le livre Beaux d’ailleurs nous invite à nous interroger sur nos rapports avec le vivant et à entrevoir la beauté naturelle de ces espèces, ou plus précisément de ces individus.

Une inquiétante quantité

Il se dit parfois « il y a trop de sangliers ou de pies cette année ! ». Même des « protecteurs de la nature » se laissent avoir par cette inquiétude face aux changements. Autrefois qualifiées de « nuisibles », des populations entières sont alors tuées sans distinction parce qu’elles sont « susceptibles d’occasionner des dégâts ». Pourquoi ne pas davantage réfléchir à leur accueil ? Paresse intellectuelle, héritage culturel, acquis social ou encore biais de raisonnement, tous s’entremêlent et nous incitent souvent à tuer d’abord et réfléchir ensuite.

Pourquoi ce faisan serait plus de chez nous que n'importe quelle autre espèce venue d'Asie ?
Pourquoi ce faisan serait plus de chez nous que n'importe quelle autre espèce venue d'Asie ? Cyril Ruoso

Depuis quelques décennies, cette propension s’accentue lorsqu’une espèce est dite exotique et qu’elle s’insère dans ce qui nous paraît être un jardin d’Éden immuable. Certaines sont qualifiées d’envahissantes avant même que les individus la composant aient provoqué le moindre dégât. Par inquiétude ou précaution. Ainsi, nos ragondins, frelons ou autres xénopes sont considérés comme d’affreux personnages de la nature. Le seraient-ils tous ? Il y aurait ainsi de bons et de mauvais êtres vivants ? Qu’en est-il lorsqu’il s’agit de nos huîtres, châtaignes, faisans, aubergines, blé ou maïs ? Tous sont exotiques et certains sont très envahissants, installés avec plaisir sur des dizaines de millions d’hectares. Seulement ces espèces exotiques nous intéressant directement, nous les acceptons donc sans aucune réticence et voilà deux poids et deux mesures pour jauger le vivant.

Il y aurait donc les bonnes espèces d’ici et les mauvaises d’ailleurs. Nous verrons dans notre livre que cette simplification n’est pas si facile à faire, car chaque espèce a sa propre histoire et sa façon d’occuper l’environnement. Alors, pourquoi ne pas imaginer leur offrir le « droit du sol » ? Certaines sont arrivées depuis plus d’un siècle et sont toujours considérées comme des étrangères après des dizaines, voire des centaines ou des milliers de générations nées en France.

Au milieu des voix plutôt conservatrices, certaines s’émancipent de ce dogmatisme culturel. Le terme de « populations invasives » (et non d’espèces) est ainsi de plus en plus utilisé. Les réponses ne sont pas manichéennes et notre livre tente de les nuancer, avec quelques élans de subjectivité pour la beauté de ces espèces, ou plutôt de ces individus.

Les trous dans les platanes ne sont pas utiles qu'à nos chouette ou nos chauves-souris
Les trous dans les platanes ne sont pas utiles qu'à nos chouette ou nos chauves-souris Cyril Ruoso

En effet, la notion d’individu est très largement oubliée lorsqu’il s’agit de gérer et piloter la « nature ». Pourtant, chaque être vivant qui nous entoure est avant tout un individu, puis une espèce. L’individu est la réalité biologique tandis que l’espèce est un concept. Nous raisonnons ainsi pour différentes raisons pratiques à partir d’un concept, et très peu à partir des individus. Au point que nous sommes capables de tuer des millions d’entre eux sous couvert d’un concept, parce qu’ils appartiennent à une « espèce ». Une tortue de Floride, une bernache du Canada ou un ragondin se considère-t-il comme une espèce dont on peut disposer à loisir ou comme un individu unique et sensible ? Ce ne sont pas des espèces exotiques envahissantes qui nous ennuient parfois, mais bien des individus ou des populations d’individus distinctes.

Cependant, au nom de notre imaginaire d’une nature immuable, indemne d’intrus ou de « pollution génétique », nous sommes parfois capables d’un grand aveuglement vis-à-vis du vivant. Et lorsqu’on tente de faire passer cette subjectivité pour une vérité, nous sommes plus souvent dans le domaine du récit, d’une histoire que nous nous racontons. Moralement nous pouvons détester une espèce plutôt qu’une autre, au point de tuer tous ses membres sans distinction. Éthiquement, le raisonnement est douteux et plus compliqué.

Biais de raisonnement

Tellement mignons et intégrés qu'on en oublirait qu'ils sont une arme de destruction massive de biodiversité et pourtant, nous les choyons.
Tellement mignons et intégrés qu'on en oublirait qu'ils sont une arme de destruction massive de biodiversité et pourtant, nous les choyons. Cyril Ruoso

Il semble aussi que ce récit et nos craintes soient issus de notre histoire évolutive. Celle-ci aurait « câblé » nos cerveaux de façon à se méfier des changements ou de l’inconnu, tels que ces étrangers. La psychologie évolutionniste précise que cette propension aurait permis un meilleur taux de survie de notre espèce. S’inquiéter d’un changement permettrait d’en éviter d’autres, et c’est en partie la raison pour laquelle nous avons intuitivement tendance à penser que « c’était mieux avant ». Seulement lorsque tout va bien, ces raisonnements sont considérés comme des gènes appelés biais cognitifs. Certains sont appelés des « biais de raisonnement », ils sont nombreux et toujours très présents dans nos décisions.

Par exemple, notre « biais de négativité » nous influence à voir davantage les mauvais côtés, plus que les bons. Si on l’applique aux espèces exotiques, nous leur trouvons plus facilement des arguments négatifs que positifs. On met par exemple régulièrement en avant le coût de la lutte ou de leurs dégâts, sans mettre en face ce qu’elles nous apportent. De plus, il s’avère que lutter de façon globale contre une espèce n’est pas souvent efficace et fait perdre de l’énergie, du temps et de l’argent. Cela entretient aussi l’idée que nous pourrions disposer du vivant comme bon nous semble, sans distinction. Qui se demande vraiment s’il est bien utile de lutter sans relâche et à l’aveugle contre des frelons ou des xénopes ?

Depuis que les espèces exotiques envahissantes sont mises sur le devant de la scène, l’obligation de lutte (prévue dans les textes de lois) permet d’obtenir des financements et de maintenir une activité économique. Le serpent se mord désormais un peu la queue, comment changer d’approche dans ce contexte ?

Dissonance cognitive

Aimer les hirondelles et vouloir éradiquer les canards érismatures rousses, comment est-ce intellectuellement possible ? L’écologue Jacques Tassin parle d’« écart éthique » lorsqu’on dit que l’on va aider la nature en arrachant des renouées du japon, par exemple. Les sociopsychologues parlent de « dissonance cognitive » lorsque nous agissons en désaccord avec nos opinions, créant ainsi un état de tension inconfortable, conscient ou non, appelé dissonance.

Stigmatisées

Coupable ! Heu… Celui de droite, de gauche ou celui du milieu ?
Coupable ! Heu… Celui de droite, de gauche ou celui du milieu ? Cyril Ruoso

Enfin, notre biais de raisonnement dit de « généralisation abusive » nous pousse à stigmatiser des populations entières à partir d’anecdotes ou d’individus isolés. Comment imaginer, par exemple, que tous les ragondins soient ennuyeux pour nous ? Cela n’a ni sens, ni réalité.

C’est le cas de tous ces individus photographiés avec un regard « amoureux », sans préjugés, ni stigmatisation par Cyril Ruoso. Ensemble, nous avons décidé de montrer la beauté de ces êtres aux aïeux étrangers, désormais chez eux, chez nous, sur Terre. Les accueillir pour ce qu’ils sont, tels qu’ils sont, nous apparait comme une forme d’humanisme réaliste, ouvert et apaisé.

Pour conclure

Les espèces dites exotiques, mettent en lumière nos visions subjectives de ce que devrait être la « nature » ou la « biodiversité ». La peur de l’étranger accentue celle du changement, et personne n’est épargné, que l’on soit naturaliste, chasseur, profane ou autres.

L’approche est si transverse (écologique, biologique, sociologique, philosophique, psychologique, etc.) qu’il nous est souvent très difficile d’analyser avec recul notre dissonance cognitive : penser que certains êtres vivants auraient le droit de vivre, et d’autres non. Sans que cela soit réellement justifié écologiquement et surtout éthiquement.

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Entomologiste et pédagogue — OPIE

François Lasserre est un fervent défenseur du vivant, auteur et médiateur, il est aussi vice-président de l’Opie (Office pour les insectes et leur environnement), administrateur de Traces (médiation scientifique) et membre du Graine idF, FNE-Esen ou JNE.

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10 réponses à “Beaux, d’ailleurs ? Les espèces exotiques ne le sont qu’un temps”

  1. Nous sommes complètement coupés de la nature que nous prétendons dominer. Pourtant il suffit de regarder autour de nous. Les arbres vivent bien après nous, la nature reprend ses droits très vite , des fleurs poussent dans le désert ou les cailloux. Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Sommes-nous les premiers êtres vivants arrivés dur terre? Nous sommes coupés de nos racines. pourtant nous avons besoin de tout ce qui vit…

  2. Il me semble que l’inquiétude au sujet des espèces envahissante est relativement récente. Comme les autres phénomènes liés aux activités humaines (émissions de Co2, pandémies, effondrement de certaines espèces…) Ce qui pose problème c’est la rapidité de ces phénomènes due à l’évolution des technologies et à l’explosion démographique d’homo sapiens. Mettre sur le même plan le blé de Mésopotamie et la renouée du Japon ne me semble pas honnête.

    • Bonsoir Robert, merci pour votre commentaire. Il est justement utile de très bien définir les “problèmes”. Quels sont-ils exactement ? C’est ce que ce livre tente de préciser, avec des apports de réflexions et surtout de questions, sans affirmations. Blés orientaux ou renouées y sont à leur place historique, et d’usage. Bonne lecture ! Cordialement

  3. Excellent article! Merci de ramener la réflexion dans toutes ses orientations car en effet, le mimétisme culturel règne également dans le milieu naturaliste et d’ailleurs non seulement autour du phénomène de ces espèces nouvellement arrivées…

    • Merci pour votre commentaire 🙂 Oui, vous employez le mot important de “culture”. Comme les autres animaux, nous sommes en effet des êtres culturels. Se déculturer des idées culturellement admises est souvent très difficile. Elles apparaissent alors si “logiques” pour nos cerveaux, qu’il nous est très difficile de les défier, de les remettre en cause. Certain.e.s y arrivent plus facilement que d’autres, notamment en usant davantage de « pensée critique ».

  4. J’adore cette approche que je défends au quotidien ! L’espèce exotique envahissante d’aujourd’hui est la future espèce locale de demain. Dans une nature en perpétuelle évolution ou l’homme accentue le brassage des espèces et des territoires, cela n’a plus de sens de qualifier une espèce EEE et de vouloir la réguler pour en défendre d’autres!

  5. Voici un exemple de mes relations avec une “invasive”, qui me touche personnellement car j’ai été longtemps spécialisée dans l’étude des algues benthiques : le déclin des herbiers de posidonie ne doit rien à “la caulerpe tueuse”, ils ont été étouffés, asphyxiés, arrachés par Homo sapiens lui-même.
    Voici un autre exemple de notre folie collective : le topinambour a été, un temps, considéré comme invasif et donc dangereux pour les écosystèmes, mais ses feuilles améliorent les sols que nos pratiques agricoles “modernes” ont tendance à stériliser.
    Pour moi c’est clair, l’espèce invasive la plus nocive est bien la nôtre. Heureusement, elle inclut des individus comme les auteurs du livre cité dans cet article. Je vais non seulement acheter ce livre, mais aussi l’offrir et lui faire de la publicité !
    Merci à vous !

  6. Tout dépend du point de vue auquel on se place. Les modernistes ont la même vision : “Il faut vivre avec son temps Pépé !”. Quand les Occidentaux ont envahi l’Amérique, tous les Indiens n’ont pas trouvé cela très chouette. Quand le bitume et le béton remplacent l’herbe, il y a beaucoup d’espèces qui n’y trouvent pas leur compte. Quand les chiens ont envahi l’Australie, des espèces endémiques ont disparu. Etc. Etc. Etc.

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